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Une bonne lecture : « Pur et Nu » de Bernard Antoine

Publié le 05 décembre 2019 par Jacquesmercier @JacquesMercier

Une bonne lecture !

Le jury des bibliothèques de la Ville de Bruxelles a primé, cette année, le premier roman de Bernard Antoine, « Pur et Nu ». Éditions Murmure des soirs.

L’auteur est un Namurois d’origine qui vit à Bruxelles. Bernard Antoine a travaillé dans le monde des associations, des ONG et de la santé institutionnelle.

Quelques mots sur ce livre, de la plume de Michel Boumal, un éminent critique, en espérant qu’ils vous mettent l’eau à la bouche.

Un premier roman remarquable qui joue avec un égal talent sur plusieurs registres : romanesque à suspense, reconstitution historique, errances existentielles, quête initiatique, méditations philosophiques. Hanté par le mysticisme de Hadewijch d’Anvers (Brabant, 13ème siècle), un souffle narratif soutenu transporte le lecteur au fil de 432 pages denses, aussi profondes que passionnantes, émouvantes, interpellantes et même instructives. Roman déjà récompensé par le prix Saga 2018.

Thomas est le héros. Son père, Égide, meurt en plein orgasme (épectase). Dans l’appartement de ce dernier, Ana, la maîtresse (courtisane) trouve une boîte contenant trois lettres : une pour elle, une autre pour Thomas, la troisième pour une certaine Alessia. Quelques semaines après le décès de son père, Thomas reçoit la sienne. Plus tard encore, Ana lui confie l’enveloppe adressée à Alessia. Une enveloppe sans adresse. Thomas doit retrouver Alessia.

Entretemps, le récit nous renvoie à Berlin, dans les années 70, celles de la bande à Baader, puis retourne à Bruxelles, aujourd’hui, pour suivre Thomas. On pressent assez vite qu’il y a un lien entre Égide et le terrorisme de la Fraction armée rouge, voire des Brigades rouges. L’alternance se poursuit, les liens se dévoilent lentement.

La dimension historique, bien documentée, est remarquablement reconstituée. L’histoire joue sur l’hypothèse qu’Andréas Baader, sa compagne Gudrun Ensslin et quelques autres terroristes emprisonnés à Stammheim ne se sont pas donné la mort, mais ont été assassinés sur décision des autorités allemandes. Le sort d’Ensslin est toutefois traité avec beaucoup de romanesque.

Le livre, qui joue avec les genres, est une merveille d’hybridation littéraire. Ce n’est pas qu’un roman historique. Ce n’est pas tout à fait un roman policier. Le roman flirte avec le thriller, avec des airs de récit d’apprentissage (reconstruction personnelle de Thomas, l’ex alcoolique divorcé). Ce n’est pas un roman philosophique, mais il est tendu par des questions de morale : le nihilisme mystique inspiré d’Hadewijch d’Anvers, le nihilisme dionysiaque d’Andréas Baader, la légitimité de l’action politique violente.

www.murmuredessoirs.com

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