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et puis l'on recommence

Publié le 09 décembre 2019 par Pjjp44

et puis l'on recommence
et puis l'on recommence    GIF source: Toile
"Tout ce qui manque pour réussir une vie, comme dans une recette légèrement foirée.
trop de sucre ou trop salée

un peu grasse trop sèche
-allez!
manque de sauce!
quelques grumeaux, pas assez fouettée?
au galop la cuisson -
Ou-là! trop fort -
on en mijoterait quelques rancoeurs à feu doux.


Changement de décors et costume d'hiver

 badigeon à tribord et cuisine équipée!
J'ai pris la tasse mais dans l'évier elle n'a pas demandé son reste
d'un fond de thé
d'un fond de thym
infusion du soir, nouvelle en chemin?
Tout ce qui m'interroge et mon verbe irrégulier
à sortir du frigo trop tard!
à la place on se fera des pâtes comme d'habitude
là au moins, on sait où l'on va
tout droit à la colle
soluble dans l'alcool?
la parole déliée avec un peu de crème de cassis pour remplir les blancs
gros-plant-muscadet ...

c'est compris dans le menu faudrait pas se priver,
Tout ce qui peut faire passer
un bac sur la Loire un puits dans la purée
du sable en chaussettes et la pièce épurée
au théâtre des deux ânes qui se feraient bien la tête et le bonnet avec pour compenser.
Tout ce qui reste à comprendre
Tout ce qu'on ne dira jamais
Tout le mal qu'on se donne et le bien que l'on se fait
Tout l'art de l'esquive et du spectacle à rejouer
trop tard!
le réalisateur a pourtant dit : "Moteur"
Zut!
la pellicule s'est grippée.
Mais tôt ou tard! l'inconnu chassera les nuages comme on souffle sur les mauvaises idées
les bougies allumées de terribles anniversaires qui vous comptent à rebours.
C'est la rentrée pour l'écriture et je protège mes cahiers
des vers et de la froidure
du vent dans l'étier
du sel sur les pieds
des mots croisés
des rimes fléchées.
Tout ce que l'océan prendra dans ses marées
l'amour et ses filets en tranches citronnées
des salades à s'en faire tout un plat
du rôti au soleil et les vapeurs de l'âge.
Tout ce qui tiendra pour mettre les voiles
à hisser les vergues
fixer le risque au taquet
et prendre une volée de pois vert.
et tout ce qu'il faut dans la marge pour rassurer le correcteur et son stylo rouge
comme la révolte qui se bedonne à force d'être inspirée
expirez!
on retient!
on souffle!
et puis, l'on recommence..."

et puis l'on recommence
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  "On ne sait jamais"
Sur le seuil, provisoire
"Nous irons à Mossoul
Nous irons à New York
Nous irons au Bataclan
Nous irons dans ce petit village de la Dordogne où l'on plume les oies vivantes pour en faire des doudounes de luxe, où la police des champignons patrouille et vous confisque votre panier si vous n'êtes pas dans ses petits papiers.
Nous irons à Alep, chercher du savon de Marseille, nous n'irons pas à Calais,
Circulez !
Nous irons en Suisse, bien sûr, pays de la liberté neutre et propre, où les bottes bien cirées ne demandent qu'à marcher
Nous serons là, sur le pas de la porte, à humer le vent, à déduire son orientation, à admirer la lumière de Novembre sur le bouleau doré et plein d'oiseaux qui regardent le monde de plus haut.
Nous mettrons un pied sur la première marche de l'escalier qui se dérobe, travaillé dans ses minces fondations par les racines des arbres qui se sont plantés là, tous seuls, comme des arbres émigrés.
En fait nous resterons là sur le seuil, la valise au bout du bras qui s'allonge sous son propre poids de valise, jusqu'à la laisser reposer sur le palier. Les mains pendantes
Au seuil de quitter cette maison, nous aurons une pensée pour ceux qui sont venus de loin, l'ont habitée avant nous, l'ont construite, même. Nous aurons une pensée pour ces gens, venus du Sud ou de l'Est de l'Europe, ces crève-la-faim chercheurs d'eldorado preto, transformés en taupes le temps d'attraper la silicose, ressortis à l'air libre quand leurs poumons ne pouvaient plus l'aspirer. Nous aurons une pensée pour ces esclaves importés par la Compagnie de la Méditerranée qui pensaient retrouver la mer et se sont retrouvés sous terre.
Nous resterons sur le seuil à écouter les doubles discours apportés par le vent dans le criaillement des étourneaux
Nous penserons qu'un jour la Terre n'était/ne sera/ n'est - qu'un seul pays. "On tourne en rond, y a rien à faire, c'est la malédiction du système solaire" chantais-je, il y a longtemps.
Nous consulterons le Dictionnaire des migrations, fascinées par les flèches rouges, vertes, bleues, aux mouvements puissants et incurvés.
Des flèches pour les peuples errants, des flèches du Sud vers le Nord, de l’Est vers l'Ouest, mais toujours à la lisière du méridien de ceinture, au-delà duquel il fait froid, il fait nuit, il fait océan.
Nous étions prêtes à partir, à quitter, à décamper, à fuir,
Parce que le chef ne nous convenait pas, parce que les petits cons sous nos fenêtres nous pourrissaient la vie, parce qu'il y avait décidément trop de vent à présent, pas assez de neige, passablement de moustiques et énormément de pyrale du buis. Nous étions prêtes à déménager parce que les loyers étaient devenus exorbitants, le voisinage trop 4/4 ou pas assez.
Dans la valise nous avions mis quelques doudous, des bonnets de rechange et des paires de lunettes aussi. Des crayons et des cahiers, de l'aspirine et du pain dur.
La valise est légère, elle est vieille et rafistolée, elle a beaucoup servi. Voyages d'agréments, « escapades », tourisme professionnel. Une valise dorée qui a connu les soutes, les compartiments non fumeurs, les plate formes d'où l'on peut passer ses appels téléphoniques, et le garage du dessus de l'armoire.
Nous irons à Mossoul voir les djihadistes entraîner dans leur « martyr » des martyrs non volontaires, et les libérateurs de rue faire des omelettes avec des œufs humains.
Nous irons à New York défiler avec les Américains -qui n'ont pas voté…
Nous irons à Lampedusa, à Lisboa, à Lesbos
Nous irons à Saint-Petersbourg, à Libreville, à Istanbul, à Reykjavik, à Papeete. Et si nous allions « là-bas » ?
Nous resterons sur le seuil, ma petite fille et moi, à humer encore le vent et puis nous resterons là, car il n'y a nulle part où aller."
Marie Bipe Redon "OUI MES MOI journal de mes minorités"

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et puis l'on recommence




  



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et puis l'on recommence


 en occitanie:

De la convergence des luttes:
"un sapin gilet-jauné pendu à une éolienne"
"Incroyable, mais vrai : qui donc a réussi à accrocher un sapin avec un vêtement gilet jaune dans la nuit de jeudi à vendredi, à la cime d’une éolienne de 60 mètres ?!
La question turlupine les gendarmes de la compagnie de Béziers et les exploitants du parc éolien Lou Puech, sur le plateau isolé du tranquille village de Dio-et-Valquières, à l’ouest de Lodève. Et à 70 km au nord-ouest de Montpellier."
source
et puis l'on recommence
Amassada:
quel chantier...

Amassada - Chantier #1 from Ferdinand Griffon on Vimeo.


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