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[Critique] 1917

Par Wolvy128 @Wolvy128

[Critique] 1917

[Critique] 1917
Pris dans la tourmente de la Première Guerre Mondiale, Schofield (George MacKay) et Blake (Dean-Charles Chapman), deux jeunes soldats britanniques, se voient assigner une mission à proprement parler impossible. Porteurs d’un message qui pourrait empêcher une attaque dévastatrice et la mort de centaines de soldats, dont le frère de Blake, ils se lancent dans une véritable course contre la montre, derrière les lignes ennemies.

Réalisé par Sam Mendes (American Beauty, Les Noces Rebelles, Skyfall…), 1917 est un film de guerre saisissant, qui vaut surtout pour son parti pris technique extrêmement audacieux. En choisissant de tourner et monter son long-métrage en un seul et unique plan séquence, le cinéaste britannique amplifie en effet considérablement l’immersion dans l’histoire. A l’instar de Christopher Nolan avec Dunkerque, il ne se contente pas de nous montrer la guerre, mais nous la fait également vivre de l’intérieur à travers les péripéties de ses personnages. Des personnages qui, comme dans l’œuvre de Nolan, bénéficient d’ailleurs de peu de développement dramatique, les rendant de ce fait assez quelconques. En faisant d’eux des hommes parmi tant d’autres, plongés dans l’enfer des tranchées pour différentes raisons, Mendes parvient à retranscrire la guerre dans ce qu’elle a de plus impersonnel. Un sentiment également renforcé par l’invisibilité de l’ennemi, menace bien réelle mais imperceptible. En parlant d’ennemi, il faut d’ailleurs souligner que même si les scènes d’action sont redoutables d’efficacité, brillant notamment par leur incroyable nervosité, elles s’avèrent néanmoins relativement rares, le scénario jouant constamment avec le silence et la solitude.

[Critique] 1917
Ce savant mélange de calme et d’horreur fait, en définitive, tout le sel du film puisque l’un et l’autre se répondent continuellement, et s’intensifient par conséquent mutuellement. Ainsi, c’est parce que les séquences d’accalmie sont aussi calmes que celles de violence paraissent aussi brutales. Et inversement. Cela étant, on ne peut le nier, les scènes d’affrontement restent certainement les plus mémorables. Courtes, nerveuses, chaotiques et bruyantes, elles immortalisent – avec une beauté funeste – l’horreur de la guerre. A l’image par exemple de cette séquence nocturne éblouissante (au propre comme au figuré) en pleine ville fantôme. L’occasion de saluer le travail remarquable effectué par Roger Deakins à la photographie. Non seulement il relève admirablement le défi technique imposé par le choix du plan séquence, mais il nous gratifie aussi d’images somptueuses sur le plan purement lumineux. Même éloge pour Sam Mendes qui, par sa réalisation maîtrisée, exprime notamment avec brio le chaos (perte de repère, désorientation…) rencontré par les protagonistes. Enfin, mention spéciale pour la reconstitution historique sans faille, un élément toujours capital pour favoriser l’immersion.

Avec 1917, Sam Mendes signe donc un film de guerre incroyablement immersif, saisissant l’horreur des affrontements avec une beauté funeste. Monté comme un seul et unique plan séquence, le long-métrage perd en émotion ce qu’il gagne en immersion. Un choix technique audacieux qui lassera certainement quelques spectateurs sur la durée, mais qui permet en définitive de faire véritablement vivre la guerre de l’intérieur. Une œuvre haletante, à voir impérativement sur grand écran !


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