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Hélas le crédit coopératif…

Publié le 17 mai 2018 par Ecosapiens

Quoi de plus normal pour une coopérative que d’avoir son compte dans une banque coopérative ?

Pour ceux qui ne le savent pas, question éthique, il y a de sacrées différences parmi les banques. Le classement est fait par Les Amis de la Terre et en gros il y a les rouges (BNP, Sociégé Générale, Crédit Agricole), les orange (Banque Populaire, Banque postale, Crédit Mutuel) et les verts (Crédit Coopératif, La Nef).

Hélas le crédit coopératif…
A eco-SAPIENS, nous avons fait le choix d’être dans la banque la plus éthique qui soit et qui s’appelle La Nef. Transparent, innovant, engagé… on en parlé ici et là.

Pour être précis, La Nef n’est pas (encore) autonome et dépend en partie du Crédit Coopératif (deuxième du classement) banque qui appartient au groupe BPCE (Banque Populaire x Caisse d’Epargne). On ne va pas rentrer dans les détails mais gardons à l’esprit que eco-SAPIENS est à La Nef et que notre interlocuteur est Crédit Coopératif. On a un chéquier Nef, un Rib Nef mais concrètemet, le service en ligne (espace client en ligne, facturation etc…) c’est le Crédit Coopératif.

Cet hermaphrodisme bancaire est un serpent de mer car parfois le Crédit Coopératif ne joue pas le jeu de son protégé. C’est une relation de « Je t’aime moi non plus » assez palpable quand on va à une AG de la Nef. Et ca frise parfois la trahison quand par exemple vous venez pour ouvrir un compte Nef et que votre interlocuteur vous oriente vers une offre Crédit Coop (c’est du vécu).

Mais La Nef a (avait) besoin du Crédit Coop techniquement parlant. Et le Crédit Coop a besoin de La Nef pour… pour je ne sais pas pourquoi en fait !

Ma petite embrouille avec Crédit Coop Marseille

Passé ce préambule un peu rébarbatif pour le non-initié, venons-en à une histoire pas très plaisante à expliquer. Nous sommes nombreux dans l’entrepreneuriat social à trouver que le Crédit Coop est en-dessous de tout. Que ce soit pour du perso (prêt immobilier, ouverture de compte…) ou du pro (prêt, pénalités abusives, ouverture de compte…) combien d’histoires ai-je entendu de la part d’amis et partenaires qui nous font tous conclure : « Quel dommage ! » Des gens convaincus, motivés, prêts à payer plus, quittent le Crédit Coopératif tellement le service est défaillant.

Hélas le crédit coopératif…
J’ai bien conscience qu’en disant du mal de mon « partenaire » bancaire, je prends un risque. Mais les lecteurs assidus de ce blog savent que ce genre de libération de la parole ne me fait pas peur. J’aime à citer ce vers de Rimbaud dans Une saison en enfer :  « Moi je suis intact et ca m’est égal… »

Comprenons-nous bien. Je souhaite de tout mon coeur que les acteurs au service de l’écologie, de la coopération, de la solidarité soient unis. Mais ce n’est pas une révélation que de dire que le monde de l’ESS connaît des guegueres et des rancunes. Par exemple la loi Hamon avait un peu crispé les tenants du « statut » (économie sociale) face à l’arrivée des « agréments »  (entrepreneuriat social).

Bref, rappelons une évidence. Je n’ai aucun plaisir à taper sur une aussi respectable institution. Le monde coopératif ne serait pas ce qu’il est sanc cette banque. Mais on a le droit de promouvoir le système social français tout en pointant les dysfonctionnements de l’URSSAF non ? Si !

L’exercice est pénible mais il va bien falloir que j’explique mon problème actuel avec le Crédit Coopératif. J’espère que cela incitera d’autres témoignages à l’instar de la dizaine reçue dans l’heure où j’ai posté sur Facebook mon désagrément.

Facilité de caisse… que c’est ?

Hélas le crédit coopératif…
Le point de départ c’est que notre SCOP est donc à LaNef/CréditCoopératif depuis 10 ans. On doit être dans la catégorie « client insipide » dans la mesure où nous n’avons jamais fait de prêt. Tout a démarré avec un capital collecté par nos magnifiques sociétaires réunis en SEP (du crowdfunding avant l’heure !). En 10 ans donc rien à signaler… Je n’ai jamais eu quelqu’un de La Nef. Et un coup de fil de courtoisie par an du Crédit Coop.

En 2012, nous avons sollicité le Crédit Coopératif pour une facilité de caisse à hauteur de 5 000 euros. Comme cela se pratique souvent, il nous a été naturellement demandé des justificatifs d’encaissements à venir. En l’occurence, il s’agissait d’un retard dans le paiement d’une subvention régionale liée à un programme d’emploi tremplin. Bref, du classique de gestion de trésorerie puisque 3 mois plus tard le compte redevenait positif. Pour longtemps.

Cette facilité est renouvelée automatiquement chaque année et se manifeste par un prélèvement appelé « Frais étude dossier ». Je ne vous cache pas qu’en réalité il n’y a pas d’étude réalisée. Mais cela arrange tout le monde. Le Crédit Coopératif prend quelques sous et nous, nous savons qu’en cas de tréso tendue, nous pouvons compter sur cette facilité.

En 2016, j’avais observé que malgré ce concours bancaire, quand le compte flirtait sous le zéro, les virements décaissés étaient surtaxées. J’avais passé le temps qu’il faut (6 mois, vingt emails) mais au final, tout est rentré dans l’ordre. Mis bout à bout, cela représentait environ 400 €. Ca devenait un peu ridicule car ce concours bancaire me coûtait :

  • un fixe de 100 € pour l' »étude de dossier » annuel.
  • des agios liés au plus fort découvert (normal)
  • des frais d’intervention (8,50 € par opération). Ceux qui m’ont été remboursés donc.

Bout à bout, cette facilité me revient bien plus cher qu’un emprunt mais nous n’avons pas d’emprunt à faire, juste une trésorerie soumise aux saisonnalités.

Hélas le crédit coopératif…
Février 2018, je vois passer le prélèvement « Etude Frais dossier ». Qui est passé à 150 € alors que trois mois plus tôt, le directeur d’agence m’avait écrit « Les frais de renouvellement en 2018 seront donc à nouveau de 102,50 € comme les années précédentes. » Mais bon, les frais bancaires ca peut augmenter.

Mars 2018, je reçois un coup de fil de mon « nouveau » chargé de compte. Ca change quasiment tous les ans, le chargé de compte. Et de toute façon je l’ai ai une fois par an au téléphone. Il me demande le dernier bilan. Simple formalité, je suis habitué. Je lui envoie, lui présente en quelques phrases notre activité tout ca tout ca. La pluie le beau temps.

Le lendemain, je reçois un accusé de réception (jamais bon signe…) et je découvre avec incompréhension le message suivant : « Le Crédit Coopératif n’a pas convenance à maintenir le concours court-terme. Vous avez 60 jours pour être en mode créditeur« .

Techniquement parlant, le Crédit Coopératif est en tort mais ne le sait pas… encore. Il pense être sur un concours à durée indéterminée auquel cas leur demande aurait pu être justifiée (mais en fait non, pas le temps de rentrer dans les détails). Aussi je leur réponds immédiatement qu’il s’agit d’une facilité annuelle (et je leur mets les verbatim des prédécesseurs montrant bien le caractère à durée déterminée).

Bon surtout, je leur signale que c’est carrément moyen niveau professionalisme. Le gars t’appelle, échange des banalités, raccroche, lit le document que tu lui as envoyé, puis, au lieu de te rappeler, décide d’envoyer un courrier avec recommandé.

On a fini par s’entretenir quelques jours plus tard et le chargé de compte s’explique : « Bah votre bilan il est pas terrible ! »

Oui je sais… il est pas terrible.

Mais bon on ne fait pas des instruments financiers sur le passé, plutôt sur les perspectives. Vous voudriez pas connaître mon plan futur ? Ou alors vous n’êtes pas banquier…

Hélas le crédit coopératif…
J’ai d’autres détails très croustillants sur les échanges depuis. Mais j’ai peur de perdre le lecteur. Au final, j’ai donc tenté de rassurer l’agence. Ils m’ont baladé en prétextant que ca allait passer en commission régionale, puis que non, enfin que oui si je signe une caution personnelle solidaire (sic). Et aussi qu’au Crédit Coop, les facilités de caisse se font toujours à l’oral (pratique !).

J’avoue avoir pété un câble quand la veille de la deadline, une employée m’a envoyé penaude un mail pour me dire de remplir une fiche sur mon patrimoine. Oui… on me demande de signer un truc avec mon patrimoine pour en échange, un engagement oral de la banque pour prolonger la facilité de caisse. Jusqu’à quand ? Tout à l’oral. J’ai fait confirmer plusieurs fois ce protocole à mon chargé de compte. Je n’en reviens toujours pas.

Donc voilà, les 60 jours sont révolus. Un prélèvement de loyer vient d’être rejeté. Sympa. Le compte est à – 500 euros et sera largement positif cet été. Pas de souci… Je l’ai expliqué et démontré. Je pourrais signer le papier ou avancer l’argent pour avoir la paix.

Sauf que je suis un peu têtu… et sûr de mon droit.

Me voici donc parti sur une saisie du service réclamation. J’ai prévenu l’agence qui acte cela et fait donc partir mon cas au service contentieux. Il semble que ce soit facturé 350 € (cf brochure).

Petit résumé : Chaque année depuis 7 ans, mon seul lien avec le Crédit Coopératif est un prélèvement pour concours bancaire et un coup de fil de courtoisie. Subitement, après avoir renouvelé ce concours en 2018, ils décident dans la foulée de l’annuler. Coup double. Tu prélèves 150 euros pour un service que tu annules 15 jours plus tard. Puis tu fais payer des frais indus et au final des frais de contentieux…

Cela pose la question du rôle non pas des banques… mais des hommes qui font la banque et qu’on appelle « banquiers ».

Au final, le plus déconcertant, c’est la sensation d’avoir en face des hommes qui exécutent des clauses algorithmiques. Un peu comme la fameuse règle des 3% qui fait paniquer tous les Etats… alors que rien ne justifie un tel seuil…

Je reconnais volontiers qu’eco-SAPIENS n’est pas un client « intéressant » pour le Crédit Coop. Mais bon, on verse nos 600 € annuel sans mobiliser personne. Bref, on n’est pas intéressant mais on n’est pas encombrant.

Enfin maintenant… si.

En conclusion

Hélas le crédit coopératif…
Je n’ai rien à régler de particulier avec le Crédit Coopératif. Cette situation m’attriste comme elle en a attristé des dizaines d’autres que je connais. Et donc des centaines d’autres que je ne connais pas. J’ai vraiment envie que le monde coopératif puisse faire confiance à la banque qui porte ce joli nom de « coopératif ».

Si vous avez un témoignage, je suis preneur.

Je n’ai qu’un seul objectif. Que quelqu’un du Crédit Coop lise avec sincérité ce témoignage, appuie sur le même bouton que chaque année et que chacun puisse passer à autre chose. Par exemple en ce qui me concerne…. la promotion de l’éco-consommation, de la transition écologique pour l’énergie et la multiplication de tiers-lieux en coopérative.

MàJ du 18/06/2018 : Après avoir adressé emails, sollicitations en messagerie instantannée, appels et courriers, je suis toujours sans nouvelle.


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