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Unorthodox (Mini-series, 4 épisodes) : vivre sa vie avant qu'elle ne soit vécue

Publié le 26 mars 2020 par Delromainzika @cabreakingnews

Unorthodox est une mini-série étonnante à la richesse inépuisable. C’est donc avant tout l’histoire d’une femme, issue de la communauté juive ultra-orthodoxe de Brooklyn, qui veut vivre sa vie en toute liberté et ne pas se voir imposer un mari, ou une vie dont elle n’a pas envie. Cette plongée est bouleversante dès le départ et j’ai comme eu l’impression de voir un film israélien qui cherche à bousculer un peu la religion. Cette mini-série est courte mais en quatre épisodes elle nous offre une ode à la vie, à la liberté mais aussi à la force de ces femmes qui ont envie de bousculer l’ordre établi. On suit les aventures d'Esty, une jeune femme de 19 ans qui a décidé de venir à Berlin afin de vivre une vie, une vie de femme libre. Elle fuit la communauté religieuse dans laquelle elle est confinée depuis son plus jeune âge car alors qu’elle est sensée encore découvrir la vie, la voilà déjà mariée et destinée à remplir son rôle d’épouse et de mère alors qu’elle n’a que 19 ans. Rapidement, l’histoire installe ses personnages et la vie pleine de désillusion de notre héroïne. C’est dans ce contexte que Unorthodox parvient à nous offrir un récit immersif et terriblement touchant.

Une jeune femme de confession juive ultra-orthodoxe quitte New York pour vivre sa vie de femme libre à Berlin. Bientôt, son passé la rattrape.

Certaines scènes sont assez chocs. Comme dans l’épisode 2 quand est expliqué à Etsy qu’elle a « deux trous », un pour l’urine (qui va servir à son mari) et un autre pour « vous savez ». Si la scène peut être cocasse vu comme ça, elle est plus profonde que ça. En effet, elle nous démontre un vrai problème dans la vie de l’héroïne : elle est tellement jeune qu’elle n’a pas encore eu le temps de découvrir son propre corps. L’élément le plus terrible pour Etsy c’est le fait qu’elle doive rester une bonne épouse et cela s’arrête là. Elle n’a pas le droit de faire de la musique alors qu’il s’agit de sa seule passion dans la vie, ni même d’exercer un métier ou de faire des études. Je ne connaissais rien de la communauté juive orthodoxe hassidique mais je dois avouer que la série n’en fait pas vraiment un portrait sain pour la vie de ces gens, notamment des femmes. Leur refus de l’accès à la modernité va motiver sur un coup de tête Etsy à quitter Brooklyn pour s’envoler à Berlin. Elle veut retrouver sa mère qui elle aussi à connu tout ça quand elle était plus jeune et a fuit ce destin.

Ce qui rend Unorthodox encore plus forte c’est le fait qu’elle ait été inspirée de la vraie vie de Deborah Feldman. En 2020, ce genre d’histoires ne devraient pas exister et pourtant, la religion peut briser des vies quand elle est poussée à l’extrême. L’autre point fort de Unorthodox c’est Shira Haas. Cette dernière incarne avec brio Esty. On est plongé dans son désespoir et dans son innocence qui transpire du début à la fin de la mini-série. Une fois sur le sol allemand, elle va rencontrer un groupe de musiciens étudiant au conservatoire, ce qui permet de la raccrocher à ce qu’elle a toujours voulu faire sans sa vie : de la musique. La musique a souvent sauvé la vie de certaines personnes et Unorthodox parvient alors à transformer tout cela intelligemment. A l’issue de ces quatre épisodes, je dois avouer que j’en ressors à la fois avec une envie de vivre, comme après avoir été enfermé depuis des mois dans une vie qui n’est pas celle que j’ai envie de vivre (mais ne serait-ce pas ce que l’on vit actuellement en France ?). Unorthodox vient grossir la liste des séries produites par Netflix Allemagne et qui sont tout simplement brillantes. Des récompenses seraient clairement méritées.

Note : 9.5/10. En bref, une bombe à retardement brillante, une ode à la vie et à la liberté étonnante.


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