Trouver un masque à n’importe quel prix. Voilà ce à quoi vont en être réduits les citoyens qui doivent reprendre le travail ou se déplacer à moins d’une semaine du déconfinement. Le scandale n’aura donc pas de fin.
Au manquement de l’État s’ajoutent désormais le mépris et la mise en danger d’autrui. L’absence d’anticipation du stock public, pourtant pointée par la haute autorité de santé publique dès 2011 puis dénoncée dans un rapport sénatorial en 2015, n’est désormais plus à démontrer. Mais dans ce domaine comme dans tant d’autres dans la gestion de cette pandémie, l’exécutif s’enfonce. Vous avez peur d’être contaminé ? Eh bien débrouillez-vous pour vous protéger.
Une opportunité d’appâter le chaland
Quitte à débourser 10 euros pour un masque en tissu dont l’efficacité est limitée. Si la grande distribution a tout de suite vu là une opportunité d’appâter le chaland, on se demande, de cette dernière ou du gouvernement, qui va remporter le prix du cynisme. Car comble du comble, les équipements chirurgicaux sont vendus non seulement au prix fort mais pas franchement à prix coûtant, quand s’applique sur ce type de produits une TVA à 5,5% contre 2,1% pour les médicaments.
Il y a certes les modèles mis à disposition des plus débrouillards sur internet, les opérations solidaires de couturières et couturiers qui dénoncent par ailleurs un recours trop facile au bénévolat ou encore les distributions des collectivités locales.
Mais ces coups de pouce sont bien loin d’une politique de santé publique, seule véritable arme de lutte contre le coronavirus et qui pourrait enfin mettre un terme à cet insondable scandale.
