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Le Flambeur de la Caspienne, de Jean-Christophe Rufin

Publié le 04 juillet 2020 par Francisrichard @francisrichard
Le Flambeur de la Caspienne, de Jean-Christophe Rufin

Tout était trop parfait et Aurel, habitué à la méchanceté des hommes, n'osait pas croire à son bonheur.

Aurel Timescu, Consul adjoint, se trouve bien à Bakou, la capitale de l'Azerbaïdjan. Car ce ne semble pas le pays difficile où son persécuteur du service des ressources humaines du Quai d'Orsay a voulu l'affecter.

La ville de Bakou ressemble au centre de Paris. La Consule, Amélie Laugier, vingt-cinq ans tout au plus, lui fait bon accueil et bonne impression. Fausse note, Aurel arrive dans une ambassade toute endeuillée.

Marie-Virginie, la femme de l'Ambassadeur, Gilles de Carteyron, est décédée à la suite d'un accident - c'est du moins la version officielle. Son corps a été rapatrié en France où se trouve encore l'Ambassadeur.

A son retour, ce dernier convoque Aurel et le reçoit avec brutalité. Il lui dit clairement qu'il ne s'installera pas dans son ambassade. Il sait que personne ne veut de lui et qu'il a la réputation d'être capable de tout.

Aurel est surtout capable d'enquêter à partir de fragiles intuitions. Or il a très vite l'intuition que la mort de l'ambassadrice ne peut être accidentelle et que ... l'attitude de l'Ambassadeur à son égard le corrobore.

De vagues soupçons ne suffisent évidemment pas. Aurel va donc, contrairement à son habitude, mener l'enquête avec sa cheffe, Amélie, qui lui rappelle sa petite cousine, sans trop lui en dire sur ses intentions.

Ses méthodes et ses raisonnements sont très particuliers. Il est difficile de le suivre quand le vin blanc et le manque de sommeil le [conduisent] dans des régions ténébreuses de l'esprit. Mais les résultats sont là.

Et, là, Aurel se surpasse. Ses accoutrements et comportements peuvent le faire prendre pour un fou. Peut-être l'est-il en fait. Ce qui est sûr, c'est qu'il est un grand émotif, un grand musicien et un grand timide:

C'était toujours la même chose avec les femmes. Il n'osait pas assez. Il n'osait pas se déclarer à celles dont il était amoureux. Et il n'osait pas repousser celles qui avaient décidé de le séduire.

Les grands timides sont souvent ceux qui entreprennent le plus. Aurel se surprend lui-même dans ce récit où les enjeux ne sont rien de moins que de grands contrats internationaux profitant à des mafieux.

Francis Richard

Le Flambeur de la Caspienne, Jean-Christophe Rufin, 334 pages, Flammarion

Livre précédent chez Flammarion:

Le Suspendu de Conakry (2018)

Livres précédents chez Gallimard:

Sept histoires qui reviennent de loin (2011)

Le collier rouge (2014)

Check-point (2015)


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