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Nel carcere di Ginevra — Le poème de Giovanni Pascoli consacré à Luigi Lucheni. Traduction française et analyse.

Publié le 01 octobre 2020 par Luc-Henri Roger @munichandco

dal tuo delitto erri lontano? hai morso,

per non tornarvi, al dolce fior del loto?

dormi ? Oh! lontano tu sei già trascorso.

Nel sonno oscuro il tuo pensier calpesta

suolo senz'eco e vie senza rimorso.

Non m'odi ? Io pendo sopra la tua testa;

busso al tuo cuore taciturno e vuoto.

Sai chi ti chiama? sai chi ti ridesta?

dimi: sono il padre tuo, l'Ignoto.

La traduction de Jean Dornis

DANS LA PRISON DE GENÈVE

Dors-tu (dit-il), fils de l'homme inconnu ? erres-tu loin de ton crime ? as-tu mordu, pour n'y pas revenir, à la douce fleur du lotus?
Dors-tu? Oh ! tu es déjà loin dans le sommeil obscur; ta pensée foule un sol sans écho et des chemins sans remords.

Tu ne m'entends pas ? Je me penche au-dessus de ta tête, je frappe à ton cœur taciturne, vide. Sais-tu qui t'appelle, sais-tu qui te réveille ?

Ecoute-moi : je suis ton père l' Inconnu.

C'est peut-être moi qui ai tué, moi, non vu, oui, moi, qui pleure au chevet de ton lit et qui parle dans ton cachot muet.

Pleurons ensemble. M'entends-tu? tu étais un réprouvé, un solitaire dans le dur chemin : tu allais, sans pain et sans toit, et sans nom ; tu ne t'aperçus de la loi que par les chaînes, et ta patrie t'ordonna : " Va-t'en ! " Ta mère aussi te dit : " Va ! " Eh bien ?

Autrefois tu étais (joie suprême) tu étais innocent ! tu pouvais dire en tendant tes bras : " Vous êtes mauvais, je suis bon, vous " avez tout et moi je n'ai rien ! Parce que je le souffre, je connais le " mal, non parce que je le fais, et je ne veux pas qu'il reste dans mon " cœur trace de votre mal. "

Quel trésor de pleurs non essuyés et non vus, de superbes pleurs, tu as, avec volupté gâché !

Tu as renié cette sainte douleur qui t'avait suivie par tant de chemins et qui, enfin, se serait aussi endormie à tes côtés!

Tu as déserté de tes malheurs. Tu as voulu être tyran et coupable; tu l'as arraché à quelque hache royale

En 1925, Albert Valentin (1874-1930) publiait une intéressante monographie intitulée Giovanni Pascoli, poète lyrique (1855-1912) : les thèmes de son inspiration. Je lui emprunte le passage dans lequel il étudie le poème Dans la prison de Genève, dans lequel Pascoli s'adresse à Lucheni.

Nel carcere di Ginevra — Le poème de Giovanni Pascoli consacré à Luigi Lucheni. Traduction française et analyse. Voici le texte de présentation du recueil (quatrième de couverture):

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