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Fournée 2019 en retard

Publié le 01 janvier 2021 par Zegatt

Je n’avais pas pris le temps, ni eu la motivation pour faire un retour l’an dernier sur l’année 2019 il y a un an.
L’occasion donc de brièvement la mentionner pour en garder le plus percutant : celle-ci s’était terminée avec un compteur de 28 saisons et 119 films visionnés, et 96 livres.
Côté visionnage de séries : les documentaires criminels de Netflix, très bien pensés, « Conversations with a killer : the Ted Bundy tapes » (merci Alexia !) comme « Grégory » – qui s’intéresse d’ailleurs plus au traitement de l’affaire, qu’à l’affaire elle-même, perspective extrêmement intéressante. Les saisons 2 de « Mindhunter » et « Top of the lake », mieux pensées ou du moins plus accrocheuses que les premières parties déjà de qualité. La saison 3 de « True Detective », qui rattrape énormément après la déception intermédiaire de la seconde. « Chernobyl » forcément, percutant. Et enfin un petit côté nostalgique qui fonctionne avec « The Mandalorian » – ça ne renverse pas grand-chose, mais ça assure l’essentiel en revenant aux sources de Star Wars.

Côté films en 2019 :
– Du bon film d’horreur, avec « Sans un bruit », auquel on pardonne aisément quelques facilités devant l’efficacité générale de son ambiance. « The Witch », très proche d’un « Shining » dans l’âme, avec un côté extrêmement contemplatif, et un aspect peinture très marqué dans ses éclairages. « It follows », qui contient des idées intéressantes, même si on souhaiterait voir le scénario aller au-delà, plus loin de ce qui est proposé. Le film japonais « Ne coupez pas », mise en abîme géniale qui vire de la série Z au film comique.
– Côté français, le « Nous trois ou rien » de Kheiron, qui résonne beaucoup avec le « Persepolis » de Marjane Satrapi, forcément. Dans un tout autre genre, « Grâce à Dieu », superbement mis en scène, avec un casting percutant et beaucoup de sobriété qui rajoute à sa force. Et, retour en arrière avec « Buffet froid », grand moment porté par Blier, Carmet et Depardieu notamment.
– Côté animation, « Spider-Man : New generation », une histoire de super-héros qui ne renverse rien en soi, mais une patte graphique époustouflante
– A l’international, des noms classiques pour l’année concernée, avec « Roma » et son portrait mexicain en noir et blanc, très beau. « The house that Jack built », surtout pour ses deux premiers tiers, à la fois glauque et bourré d’humour noir. « Green book », très (trop ?) classique, mais plus qu’efficace. « Parasite » bien sûr, le succès de l’année entre Cannes et les César, qui vire du rire au drame avec une facilité bluffante grâce à une superbe architecture visuelle et narrative. Enfin diffusé, la captation du double concert d’Aretha Franklin par Sydney Pollack : « Amazing Grace », simplement fantastique. « Once upon a time in… Hollywood » enfin, probablement mon coup de coeur de l’année, pour le jeu, la mise en scène, le choix musical (normal pour un Tarantino), ses réflexions sur le Hollywood des années 60, et son final qui donne son double sens au titre.

Côté lecture :
– Du polar, notamment grâce au Prix des Editions Points, pour lequel je retiens surtout deux très bons livres, le « Iboga » de Christian Blanchard, sombre et à la structure en dents de scie, et « Le collectionneur d’herbe » de Francisco José Viegas, très littéraire et mélancolique. Ailleurs, l’ironique « Pottsville, 1280 habitants » de Jim Thompson (superbement adapté à l’écran, dans un autre contexte, colonial cette fois et avec Philippe Noiret : « Coup de torchon »). Ross Thomas et « Les faisans des îles », jeu de chasse et de traîtrise à qui doublera qui le premier, bourré de cynisme et se moquant de la Guerre froide. « Les exploits de Sherlock Holmes », écrits par le fils Adrian Conan Doyle et John Dickson Carr), extrêmement fidèles à l’ambiance du papa.
– Marguerite Yourcenar, dont je lis enfin les splendides « Mémoires d’Hadrien ». Les nouvelles plutôt sombres de Mary Flannery O’Connor dans « Les braves gens ne courent pas les rues ». Un détour égyptien dans le « Karnak Café » de Naguib Mahfouz (merci Yehia !). Les souvenirs parisiens d’Hemingway dans son « Paris est une fête », qui me réconcilient au passage avec l’auteur – « Le vieil homme et la mer » était insupportable à mon goût. Les lettres échangées entre Camus et Chiaromonte, « Correspondance 1945-1959 », avec des plumes toujours aussi belles.
– Le témoignage et les réflexions de Riss dans « Une minute quarante-neuf secondes », frappant. Les essais de François Sureau, « Pour la liberté » et « Sans la liberté », qui me réconcilient après un premier contact sans intérêt avec l’auteur grâce à des réflexions pertinentes sur la société, ses droits, libertés et leurs limites. Le travail de Thomas C Durand, « La vie après la mort ? – Une approche rationnelle », chouette tour d’horizon des prétendues NDE et autres expériences d’après-vie. Un document historique autour de l’archéologie : « La tombe de Toutankhamon » racontée par son découvreur Howard Carter. Essai classique enfin, avec « Le capitalisme comme religion » de Walter Benjamin.
– J’ai replongé dans l’antiquité grecque avec l’envie d’explorer Platon au-delà des 5-6 classiques que j’en connaissais (merci Mohamed, tu en es responsable !). Résultat : 12 textes lus, avec une forte préférence pour les deux « Hippias », « Lachès » et « Alcibiade » et les pointes d’ironie extrêmement frappantes (que j’ai au passage retrouvées dans « Le banquet » et « Apologie de Socrate », relus pour l’occasion dans une autre traduction, et appréciés encore plus qu’il y a une dizaine d’années). Tout ça accompagné d’un autre tour antique avec Eschine, Pindare, et surtout une relecture d’Aristote, avec une autre traduction (de Barbara Gernez) pour la « Poétique ».

Très vite, la fournée de cette année !


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