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Cameroun – Vente des PA : Paul Atanga Nji flingue les armuriers

Publié le 07 mai 2021 par Ntsama Tonton @237online

La suspension de la vente de ces armes à feu a été prononcée hier jeudi 06 mai, au cours d’une rencontre de concertation entre le ministre de l’Administration territoriale et les propriétaires d’armureries.

Rangez vos pistolets automatiques ; personne ne dégaine jusqu’à nouvel avis! C’est un Atanga Nji ferme et imperturbable qui s’est présenté hier aux armuriers qu’il a convié à une réunion de concertation. Parti du constat selon lequel malgré toutes les mesures prises par le gouvernement, la prolifération et la circulation illicite des armes à feu de tous calibres et de leurs munitions demeurent une réelle menace pour le Cameroun, le patron de la Territoriale n’entend pas prendre de risques. Lui qui a fait remarquer d’entrée de jeu, qu’en dépit des dispositions pertinentes de la loi n°2016/015 du 14 décembre 2016 portant régime général des armes et munitions au Cameroun, plusieurs personnes détiennent des armes à feu, modernes ou de fabrication artisanale, sans la moindre autorisation correspondante. Plus grave, révèle pour le déplorer le Minat, « à ce jour, le nombre d’armes à feu en circulation est largement supérieur à celui des autorisations dûment accordées par le ministre de l’Administration territoriale. Cette situation est davantage aggravée par le fait que, contrairement à ce que prescrit la loi, les responsables des différentes armureries, que vous êtes, ne tiennent pas toujours, de manière systématique, des fichiers numériques et physiques devant permettre de retracer toutes les opérations qu’ils ont effectuées ».

Laxisme

Suffisant pour mettre en garde les armuriers sur le laxisme observé dans le processus de vente de ces armes. « Ce manquement de la part de certains d’entre vous, ne permet pas à l’administration de disposer, en temps réel, d’informations utiles et fiables sur les dates d’entrée et de sortie des armes et munitions vendues ou achetées, notamment, les caractéristiques desdites armes et munitions, les quantités stockées et vendues, ainsi que l’identification, le domicile ou la résidence des différents clients », alerte Atanga Nji. Soulignant au passage qu’au cours des dernières opérations de contrôles effectuées par ses services, il a été noté que certains promoteurs procèdent à la vente des armes de poing sur la base d’autorisations délivrées par certaines autorités administratives. A cet égard, prévient-il, « je tiens à rappeler qu’aux termes des dispositions de l’article 28 alinéa 1 de la loi n°2016/015 du 14 décembre 2016 portant régime général des armes et munitions au Cameroun, l’introduction sur le territoire national, la fabrication, la transformation, la réparation, l’acquisition, l’achat, la détention, le transport, la cession, la vente, l’exportation et le commerce d’armes et munitions de 4ème et 5ème catégories sont soumis à l’autorisation préalable du ministre chargé de l’Administration du territoire.»

Et pour que nul n’en ignore, le patron du Commandement rappelle que le ministère dont il a la charge, en l’état actuel de la législation, reste la seule autorité habilitée à délivrer les autorisations d’acquisition et les permis de port d’armes de poing et de chasse ainsi que leurs munitions. Toute demande dans ce sens, précise-t-il, doit par conséquent lui être directement adressée. « Les gouverneurs et les préfets ne peuvent intervenir en cette matière qu’en vertu d’une délégation formelle du ministre de l’administration territoriale, laquelle ne saurait en aucun cas porter sur les armes de poing. Je vous demande par conséquent, dans le strict respect de la loi, de veiller à ce que chaque demande d’acquisition d’une arme de poing soit accompagnée des documents prescrits par la loi, dont une autorisation d’acquisition délivrée par le ministre de l’Administration territoriale », argue Atanga Nji.

L’urgence d’assainir le secteur

Quid des armes d’auto-défense de type « pistolet traumatique » ! Celui qui est par ailleurs Secrétaire permanent du Conseil national de la Sécurité, reconnaissant toutefois que selon les dispositions de la loi n°2016/015 du 15 décembre 2016 portant régime général des armes et munitions au Cameroun cette catégorie d’armes est en vente libre, et ne nécessite pas d’autorisation, convoque le contexte sécuritaire actuel marqué par l’usage abusif de cette catégorie d’armes par des individus de moralité douteuse. Par conséquent, « la vente des pistolets traumatiques est suspendue sur l’étendue du territoire national à compter de ce jour. Nous envisageons de mettre en place une procédure permettant une identification complète des acquéreurs des pistolets traumatiques en vue de mieux connaître leur moralité. Bien entendu, les rapports relatifs à toutes les opérations réalisées dans vos établissements devront être régulièrement transmis à l’administration ». Pour le Minat, l’assainissement de ce secteur d’activités hautement sensible, doit être une préoccupation constante de tous les acteurs, au premier chef desquels les promoteurs des armureries.

Christian TCHAPMI


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