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Courir dans les vagues, de Harry Koumrouyan

Publié le 21 juin 2021 par Francisrichard
Courir dans les vagues, de Harry Koumrouyan

Pour Simon, son père était une silhouette évanouie, une ombre qui avait disparu. La transparence d'un fantôme. D'ailleurs avait-il jamais existé? Simon finissait par en douter, comme s'il s'agissait d'un homme dont le temps a effacé les traces.

Simon vit en duo avec sa mère Pauline depuis toujours. Ils habitent un appartement modeste et exigu, au troisième étage d'un immeuble, rue Leschot, à Genève. Lui dort dans la chambre, elle, dans le salon.

Ce qui déclenche chez Simon une réelle quête du père, ce sont les confidences d'Alicia, la nouvelle élève, qui a pris place à côté de lui en classe et qui est revenue de Montevideo, où naquit Jules Supervielle.

Alors il interroge une nouvelle fois sa mère sur son père, mais celle-ci ne sait vraiment pas ce qu'il est devenu. Elle a perdu la trace de Matt Eastland, qui, parti sans crier gare, n'a jamais su qu'il allait avoir un fils.

Tout ce que Pauline peut raconter à Simon, ce sont les circonstances dans lesquelles elle a connu Matt, et tout ce qu'elle peut lui conseiller, en désespoir de cause, c'est de s'adresser à une certaine Renée Davel.

Cette dame, qui avait embauché Pauline aux Nations Unies, est une amie de la grand-mère de Matt. Laquelle veut bien l'aider mais, après avoir cherché un moment, ne retrouve que les coordonnées d'Hannah.

Hannah est la soeur de Matt. Après l'avoir jointe aux États-Unis par téléphone, il n'est guère plus avancé. Elle n'a plus de contact avec son frère. Simon n'a toujours pas d'autre élément qu'une photo du père.

Certes il  y a eu une présence masculine dans la vie de Simon enfant. Quand il avait six ans, Lionel, qui sortait avec Pauline, avait occupé un temps la place sinon d'un père, du moins celle d'un grand frère.

Mais Lionel s'en était retourné dans son Portugal natal, parce qu'il avait la nostalgie du pays. Aussi n'avait-il jamais été un père de substitution pour Simon et était-il reparti d'où il était venu pour se retrouver.

Une fois sa quête commencée, en dépit des faibles indices qu'il a, il la continue aussi bien à Genève qu'aux États-Unis, avec persévérance, ce qui n'exclut pas pour autant qu'il n'ait des moments de découragement.

Finalement, parvenu au terme de sa quête, il se rend compte que si l'on ne choisit pas ses parents, il vaut mieux juste savoir ce qu'ils sont réellement. Comme le lui a dit un jour Raffy, rencontré à New-York:

La réalité, on est bien obligé de l'accepter. Ensuite, on s'arrange le mieux possible avec elle et si elle nous brutalise vraiment, on essaie de la calmer comme on peut.

Francis Richard

Courir dans les vagues, Harry Koumrouyan, 316 pages, Éditions de l'Aire

Livres précédents:

Un si dangereux silence (2016)

L'impératrice des Indes (2018)


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