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Paris bas-ventre, suivi de, Éloge du coronavirus, de Richard Millet

Publié le 22 juillet 2021 par Francisrichard
Paris bas-ventre, suivi de, Éloge du coronavirus, de Richard Millet

Je ne fuis pas: l'altération profonde infligée au peuple français par le nombre migratoire me conduit à un retranchement spirituel et politique qui met en question les catégories d'identité et d'altérité.

Richard Millet parle dans Paris bas-ventre de retranchement, C'est sa manière à lui de se placer, de s'exclure lui-même, pour résister aux Barbares qui, à ses yeux, ne sont pas forcément les étrangers mais plutôt ceux qui se renient eux-mêmes par vertu mondialiste et à qui il en veut, pour commencer, de maltraiter la langue.

Le lieu infernal, représentatif de la barbarie (elle ne vient pas, elle est déjà là, depuis longtemps), c'est le RER ou Réseau Express Régional, à Paris, en lequel il voit comme le principe évacuateur du peuple français, le sous-titre de son essai. Ce monde souterrain, qu'il fréquente pourtant, est ainsi comparable à un égout.

Là transite un échantillon d'humanité auquel il se garde bien d'appartenir (de toute façon, ce dissident, opposé au grand consensus mondialiste, en est banni de facto comme il l'est de l'édition, où il ne s'est trouvé, naguère, que Pierre-Guillaume de Roux, et, aujourd'hui, La Nouvelle Librairie, pour sauver l'honneur perdu):

Ce que révèle la figuration cruciforme du RER, c'est la descente de l'homme en ses propres souterrains, sa condition banlieusarde, la mise au ban de lui-même, dans la négation de toute histoire spirituelle et nationale, sa chute dans la Cloaca Maxima postethnique...

En ce sous-sol, satanique pour un catholique, Richard Millet se sent surtout humilié d'avoir à partager avec des Français qui ignorent qui ils sont et des immigrés extra-européens qui ne veulent pas être français autrement que sur le plan administratif, une condition souterraine, aliénante, et une absence de destin commun:

Contrairement à ce que soutient le consensus, les peuples qui se côtoient ici entrent non pas dans une heureuse universalité postraciale mais dans cette négation réciproque de toute universalité qu'est le communautarisme pur et dur.

Ce voyage dans le RER, où il grossit le trait, s'apparente, dans son regard, à un stage de survie en "milieu extrême": le village global réduit à sa dimension latrinale. Peu de chances dans ces conditions que, s'ils le lisent, les chantres de la France multiculturelle et de l'immigration de masse extra-européenne apprécient.

Peu lui chaut, au point de bannissement où il est relégué. Et ce n'est pas son Éloge du coronavirus, virus qu'il considère comme un ironique retour de flamme, et son pouvoir "létal" comme un salutaire rappel au réel, qui va le faire rentrer dans leurs bonnes grâces, ce dont il n'a cure. Car, cet homme libre écrit ce qu'il pense:

L'homme est devenu impossible depuis qu'il n'est plus qu'un animal comme les autres, les aberrations sexuelles en plus, et l'animal une personne en attente de droits...

Aussi se réjouit-il de ce qui nuit au Nouvel ordre mondial: c'est bénéfique pour l'esprit. Quant au monde d'après, il n'est évidemment que l'antimonde où nous vivons déjà et où l'homme, en fin de compte, ne mérite que de rester en vie pour comptabiliser le chiffre de ses jours et les progrès de la destruction, en soi et autour de lui:

Si l'on peut regretter que le coronavirus ne tue pas assez de monde, c'est surtout parce qu'il laisse trop d'imbéciles sur terre. je me réjouirai toujours de voir mourir mes ennemis, qui sont légion. D'autres virus nous déferont des tièdes, parfois pires que l'ennemi.

Il conclut:

Je me demeure fidèle dans le pire: c'est là une forme de santé, tout comme la misanthropie est la seule forme d'amour lucide pour mon prochain. Pour le reste, je m'en remets non pas à la médecine, ni au hasard, mais à Dieu.

Francis Richard

Paris bas-ventre, suivi de, Éloge du coronavirus, Richard Millet, 118 pages, La Nouvelle Librairie

Précédents billets sur des livres de Richard Millet:

La souffrance littéraire de Richard Millet (21 septembre 2012) :

- Langue fantôme, suivi de, Éloge littéraire d'Anders Breivik

- Intérieur avec deux femmes

- De l'antiracisme comme terreur littéraire

Trois légendes (21 novembre 2013)

L'Être-Boeuf (3 décembre 2013)

Une artiste du sexe (30 décembre 2013)

Le corps politique de Gérard Depardieu (25 novembre 2014)

Solitude du témoin (3 mai 2015)

Province (28 juin 2017)

Étude pour un homme seul (17 mai 2019)

Français langue morte suivie de l'Anti-Millet (30 juillet 2020)


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