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Physical (Saison 1, 10 épisodes) : femme au foyer désespérée

Publié le 18 septembre 2021 par Delromainzika @cabreakingnews

Annie Weisman, qui a travaillé sur Desperate Housewives, nous présente une femme au foyer désespérée dans les années 80 qui va trouver en l’aérobic une nouvelle passion. Malgré les qualités probables de la scénariste, Physical est une série épuisante et étrange qui, au travers de dix épisodes, m’a plus ennuyé que réellement fasciné. L’héroïne de Physical c’est Sheila, incarnée par Rose Byrne (Damages). C’est une femme au foyer et mère en pleine dépression. Les monologues qu’elle délivre ont beau être délivré par une actrice de talent, la série manque cruellement d’idées pour créer un vrai engouement. Sheila a désespérément besoin d’un rayon de soleil dans sa vie et ce sont les cours d’aérobic qui vont la sauver. Pour une raison étrange, elle décide de cacher tout ça à son mari mais l’aérobic a pour but de la sortir de sa petite vie ennuyeuse. Si l’ennui de la vie de Sheila se ressent, Physical est tout aussi ennuyeuse.

Années 1980, sur la côte californienne. Une femme au foyer dépressive retrouve l'énergie physique comme mentale grâce à la pratique en vogue de l'aérobic !

La série était vendue de façon totalement différente avec sa bande annonce. Le côté rétro et nostalgique des années 80 donnait envie et j’ai passé un sacré bout de temps à achever ce périple. L’Amérique des années 80 sous Regan aurait pu être un point intéressant mais Physical ne l’exploite jamais. C’est donc fade et les années 80 deviennent une sorte d’astuce pour surfer sur la vague de séries se déroulant à la même époque et qui poussent ces derniers temps. Physical n’arrive pas à créer une ambiance unique avec les années 80 comme Stranger Things a pu le faire par exemple. Mais si le décor fait parfois défaut, Physical aurait au moins pu se reposer sur ses personnages mais les monologues de Sheila deviennent de plus en plus pesants, anecdotiques et inintéressants. Si c’est amusant dans le premier épisode, une fois passé celui-ci ce n’est plus du tout le cas.

Physical cherche à discuter du féminisme de l’époque. Mais encore une fois la série se heurte à un vrai problème. Elle ne sait pas de quoi elle parle et en devient superficielle. Malgré la prestation sans faute de Rose Byrne, je me demande comment cette excellente actrice a pu tomber dans un tel piège. On sent cependant que Apple a mis son nez dans la série, ce qui permet d’éviter d’autres problèmes que l’on aurait rencontré si Physical avait été sur Netflix. Le politiquement incorrect est souvent affaiblit par des personnages secondaires inintéressants que le scénario ne sait jamais mettre en valeur. Tout est fait pour Sheila et seule Sheila est intéressante. Tous les personnages caricaturaux qui gravitent autour d’elle ne sont pas intéressants.

Pour vendre son produit, on sent que Apple a sorti le chéquier pour récupérer les droits des titres de cette époque. La bande originale est donc soignée mais tout a été mis dans des petites choses futiles et rien réellement dans le propos défendu. Plus on avance dans la saison et plus Physical devient prévisible et répétitive. La petite voix de Sheila aurait pu être une astuce narrative intéressante mais cela devient rapidement un comique de répétition plus bancal que réellement efficace. Ce que l’héroïne vit peut parfois donner l’impression que l’on partage ses peines mais cela ne fait souvent que renforcer le vide de Physical. La série ne raconte pas grand chose sur son héroïne et finit ainsi par devenir anecdotique. Sans compter qu’une fois terminé les dix épisodes peu de choses sont à retenir. Il y a encore plein de questions sans réponses à la fin (la saison 2 qui arrivera l’année prochaine devrait répondre aux questions, je suppose) mais dans un genre assez similaire allez voir On Becoming a God in Central Florida, bien plus passionnante.

Note : 3/10. En bref, Physical n’a pas grand chose à raconter sur les névroses de son héroïne. Rose Byrne a beau tout faire pour rendre son personnage intéressant, la série est anecdotique.

Disponible sur Apple TV+


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