L’impact le plus direct du télétravail sur nos modes de vie est la diminution drastique de l’usage des moyens de déplacements. Qu’il se pratique chez soi ou ailleurs, l’ADEME estime depuis 2020 que le simple fait de travailler à domicile un jour par semaine permet de réduire le volume des déplacements de 69%, soit 39% de nos distances journalières. Pour chaque jour télétravaillé par semaine, cela représente une économie potentielle d'émissions de gaz à effet de serre de près de 257 kg CO2 par individu et par an. La réduction des kilomètres effectués entre le domicile et le lieu de travail est le principal facteur d’explication de ces gains environnementaux (Ademe). Mais si ces estimations tiennent compte de la diminution directe du recours à ces déplacements, la démocratisation de cette pratique à terme peut bien en engendrer d’autres…
Le retour à la voiture, les déménagements, l’éloignement des centre-villes et l'étalement urbain peuvent relativiser l’effet du télétravail sur le bilan carbone. Lorsque le télétravail s’invite durablement dans nos vies, nos habitudes changent, ce qui peut dans certains cas nous pousser à davantage se déplacer. Le télétravail peut ainsi déclencher des effets rebond qui peuvent amplifier ou annuler les bénéfices environnementaux. Greenly identifie trois effets rebonds majeurs : la relocalisation, l’espace de travail repensé (co-working et flex office) et l’évolution des comportements. Premièrement, les gains de mobilités sont à nuancer en raison de l’effet de relocalisation dans un nouvel habitat éloigné du lieu de travail. Selon l’ADEME, certains télétravailleurs ont privilégié un cadre de vie périurbain ou rural. Des études ont montré que les individus acceptent plus facilement de vivre loin de leur lieu de travail tant que les déplacements restent moins fréquents. Le géographe français Bruno Moriset explique que la possibilité de télétravailler peut ainsi favoriser l’étalement urbain. De plus, toujours selon l’ADEME, 74% des salariés se rendent en voiture au travail contre 11% en transports en commun. Ce moyen de transport reste le plus utilisé en France et la tendance peine à s’inverser, malgré les fréquentes incitations et investissements en faveur des transports en commun ou modes de déplacements doux.
La consommation énergétique est transférée du côté du télétravailleur dont la facture augmente de près de 8 kWh par jour de télétravail, soit 121 kg équivalent CO2 chaque année. Ainsi, il en ressort que plus un lieu est occupé, plus l’empreinte carbone par travailleur est faible. Par exemple, les espaces de coworking permettent de mutualiser les dépenses énergétiques car le taux d’occupation avoisine plus régulièrement les 100%. Ainsi, le coût énergétique annuel d’un télétravailleur est de 3 à 5 fois moins que dans un bureau traditionnel. La pratique récente du flex office apporte des bénéfices environnementaux très significatifs avec des résultats prometteurs pour le bilan carbone du télétravail grâce à la rationalisation énergétique.
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