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Les JO et la politique…

Publié le 07 août 2008 par Ncw


En bien ou en mal, les JO modernes ont toujours été l’otage de combats politiques. Dès 1896, la Turquie refuse de participer aux premiers Jeux modernes à cause de ces différends avec la Grèce. Premier cas de boycottage d’une longue série qui conduira les Etats-Unis et certains de leurs alliés à ne pas se rendre à Moscou en 1980 avant que le bloc de l’Est ne rende la pareille à Los Angeles en 1984. En 60 ans, le CIO aura eu également à subir la propagande hitlérienne en 1936 ou la prise d’otage des Jeux de 1972.

Certains athlètes ont eux aussi profité des JO comme d’une tribune politique à l’instar de l’icône Tommie Smith et de son gant noir tendu. Eux ont souvent payé au prix très fort leur prise de position. Beaucoup plus anecdotiquement, Guy Drut , aux JO de Montréal de 1976, dédiait sa médaille d’or du 110 m haies aux Français du RPR. Une façon de préparer la suite de sa carrière.

Au milieu de ce tumulte, le CIO de Jacques Rogge continue à affirmer envers et contre tout que les JO ne sont pas un lieu d’engagement… Preuves du contraire en images.

JO de Berlin: Jessy Owens face à Adolf Hitler

En 1931, deux ans avant l’arrivée au pouvoir des nazis, le CIO choisit Berlin comme ville olympique. Après la nomination d’Hitler à la chancellerie, le CIO refuse de changer son choix pour préserver ses chers Jeux. En 1936, Berlin est nettoyée de toute population indésirable, les jeunesses hitlériennes défilent sous les yeux des spectateurs, la flamme entre dans le stade olympique au son de la marche d’hommage de Wagner avant que Hitler ne prenne la parole installant une ambiance de xénophobie et de glorification de la puissance aryenne illustrée %20">%20">%20"> "> " target="_blank">par le documentaire «Les Dieux du Stade» de Leni Riefenstahl.

Face à la propagande nazie, un homme noir Jesse Owens remporte le 100 m, le 200 m , le saut en longueur et le 4X100 m. Sans conscience politique affichée, il met à mal les théories nazies…

JO de Melbourne de 1956: la rencontre de water-polo Hongrie-URSS

Quelques mois après l’intervention soviétique à Budapest pour écraser la tentative d’émancipation des Hongrois, l’équipe de water-polo de Hongrie retrouve les grands frères russes dans la piscine olympique de Melbourne pour le match le plus violent des JO modernes. Après le coup de tête du soviétique Valentin Prokopov au Hongrois Ervin Zador, les deux équipes en viennent aux mains si durement que le bassin se colore de sang. La police évacue la piscine avant que les spectateurs ne lynchent les Soviétiques.


JO de Mexico de 1968: Tommie Smith et John Carlos sur le podium du 200 m

«Pourquoi courir à Mexico quand on doit ramper à la maison?» En plein combat politique pour les Civil rights qui visent à abolir les discriminations entre noirs et blancs aux Etats-Unis, le 1er et le 3e du 200 m, Tommie Smith et John Carlos improvisent un geste de protestation dans les vestiaires avant de monter sur le podium. ">">">">" target="_blank">Ils se partagent une paire de gant noir et convainquent facilement l’Australien Norman, deuxième de l’épreuve de porter le badge «Olympic project for human rights».


Tommie Smith et John Carlos poings gantés mains levées

Quelques jours plus tard, le 18 octobre, les Américains Lee Evans, Larry James, Ron Freeman, arrivés en tête du 400 mètres porteront également sur le podium le béret noir des Black Panthers en levant le poing. Smith et Carlos sont expulsés du village olympique à la demande d’Avery Brundage, le président du CIO qui avait estimé un jour que les JO de Berlin avaient été les plus beaux de l’ère moderne.

JO de Munich en 1972: le terrorisme s’attaque aux athlètes

Le matin du 5 septembre 1972, un commando de terroristes palestiniens du mouvement «Septembre noir» s’introduit dans le village olympique et prend neuf athlètes israéliens en otage pour exiger la libération de 200 prisonniers palestiniens. Deux athlètes israéliens sont très vite exécutés. Dans la soirée qui suit, la police allemande donne l’assaut à l’aéroport. Les neufs otages israéliens sont tués ainsi que cinq des huit terroristes. La prise d’otages fera au total dix-huit morts.


Reportage de CBS le lendemain de la nuit sanglante:


JO de Munich en 1972: un match de basket très tendu entre l’URSS et les Etats-Unis

En pleine Guerre froide, la finale du tournoi olympique de basket voit s’affronter l’URSS et les USA. A trois secondes de la fin du match, l’URSS mène de 1 point sur le score de 49-48. Grâce à deux lancers francs, les Américains mènent 50-49 pour la première fois de la partie. Au coup de sifflet final, les Soviétiques se plaignent qu’on ne leur a pas accordé un temps mort. Trois secondes sont rajoutées au chronomètre. Les Soviétiques ne parviennent pas à marquer, mais trois secondes leur sont à nouveau accordées à cause d’un chrono défectueux. Les Soviétiques marquent et sont couronnés champions olympiques. Les Américains ne viennent pas chercher leur médaille et la presse met le feu aux poudres en dénonçant un match truqué.

JO de 1980 à Moscou et de 1984 à Los Angeles: le boycott comme une arme de la Guerre Froide

En décembre 1979, l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS provoque un boycott des JO de Moscou par les Etats-Unis. Dans leur sillage, des nations comme le Canada, le Japon, la Corée du Sud et l’Allemagne de l’Ouest s’alignent et ne font pas le déplacement. 29 pays musulmans s’associent également à ce boycott considérant l’attaque contre l’Afghanistan comme une attaque contre l’Islam.

Le CIO a rapidement envisagé une solution de rechange en Grèce mais reculera (comme en 1936) par peur de nuire à l’événement. Seule concession accordée par l’URSS, certaines délégations sont autorisées à défiler derrière le drapeau olympique pour rappeler les valeurs de fraternité véhiculées par les JO.

Autre fait marquant pendant les épreuves, le bras d’honneur du Polonais Władysław Kozakiewicz énérvé par les sifflets du public russe. Ce geste est à l’époque considéré comme un défi lancé par la petite Pologne à l’URSS.

En 1984, l’ensemble du bloc de l’Est rendra la pareille aux Américains en boycottant les JO de Los Angeles.


Les polémiques ne s’arrêtent pas à la chute du Mur
. Les JO d’Atlanta de 1996 sont surnommés les Jeux Coca-Cola, en 2002, le délire sécuritaire entourant les JO d’hiver est analysé par certains comme une démonstration de la politique post 11-Septembre de Bush.

Depuis 2001, Pékin voit dans les JO l’occasion de s’affirmer sur la scène internationale. Un an avant les Jeux, les Chinois faisaient diffuser cette vidéo sur le Net:

Au cas où l’Occident n’aurait pas compris…

Source : 20 Minutes


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