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Je préfère ça...

Publié le 11 août 2008 par Pascal Boutreau

DSC00450 Bon, je reste finalement à Hongkong comme prévu jusqu'à jeudi. Tout dépendait en fait de la performance de Didier Dhennin et Ismène du Temple dans le cross. Un raté et je remontais à Pékin dès lundi soir sans même attendre l'épreuve de sauts mardi, une réussite et je restais jusqu'au bout. Très franchement, j'étais partagé entre l'idée de rejoindre l'ambiance des "vrais" Jeux olympiques et la gêne de laisser en plan les gens du dada qui m'ont toujours bien accueilli malgré mon inculture en matière de dada... ça ne se fait pas... En plus ça m'aurait fait partir avant même le début du dressage et ça n'aurait pas été cool pour l'équipe de France et en particulier pour son entraîneur Alain Francqueville dont le discours et l'attitude donnent vraiment envie de parler de cette discipline. Mais bon, de toute façon, c'était pas moi qui décidait de mon sort...

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Je suis donc désormais content de rester d'autant plus que la belle perf de Didier Dhennin dans le cross a redonné la pêche à tout le monde (au sujet du cross, on a enfin senti l'esprit olympique avec une belle affluence et surtout des drapeaux, des maquillages de supporters qui m'ont un peu rappelé l'ambiance des Jeux d'Athènes). C'est quand même plus agréable de parler de bons résultats et de belles histoires que d'avoir à parler de galères, de détresses, de polémiques et de tous ces trucs désagréables. Même si je sais que certains collègues adorent ça... je ne juge pas... chacun sa façon de voir les choses. Mais perso, si j'aime le sport, c'est quand même pour vivre de belles émotions et partager des moments de joies. Et Didier pourrait bien nous en offrir mardi soir (en fin d'am pour vous en France). Le voilà septième avant la dernière épreuve et à portée d'une breloque. Après tous les malheurs traversés par les Bleus, ce serait quand même top. D'autant plus que Didier est quelqu'un d'attachant. Et puis j'aime bien aussi l'histoire de sa relation avec ses propriétaires, Barbara, jeune femme de 22 ans et son père Eric, deux passionnés absolus, à des années-lumière de l'idée que l'on se fait habituellement de propriétaires gros richards. Membre du célèbre Cadre Noir de Saumur, Didier a découvert le haut niveau il y a seulement quelques années et commence à y prendre goût. A l'issue du cross, on sentait toute sa détermination. Croisons les doigts pour le saut !

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Voici le papier que vous ne lirez pas dans le journal. Seuls quelques passages ont été repris dans un article transversal sur Anne-Lise Touya, Frédérique Jossinet et Nicolas Touzaint au lendemain de leur désillusion. Mais comme mon papier a été fait autant que vous en profitiez ou que vous le subissiez... A voir... (pour précision, il aurait dû être édité dans le journal de ce lundi)

Si le soleil est revenu sur Hongkong, le typhon continue de souffler dans les écuries françaises. La soirée de crise vécue samedi dans les heures qui ont suivi l’annonce du forfait de Nicolas Touzaint suite à une blessure de son gris Galan de Sauvagère, touché au postérieur droit, a laissé des traces. La conférence de presse s’est jouée à guichets fermés, devant toute la presse internationale accourue illico. Car Nicolas Touzaint qui renonce, c’est en concours complet ce que serait un forfait de Nadal, dix minutes avant un premier tour à Roland-Garros. Cela intrigue. Au point qu’au lendemain, tout le monde ne parle encore que de ça. Le scénario vécu par l’équipe de France depuis son arrivée avec ce double forfait de Jean Teulère, jeudi et de Touzaint samedi, semble tellement invraisemblable que beaucoup émettent des doutes sur les raisons invoquées (le cheval a glissé dans son boxe, la nuit précédente, pendant un orage). Tout le monde a entendu dire des choses, tout le monde croit savoir. Bienvenue dans le monde des rumeurs. Bienvenue aussi dans le monde où l'on brûle ceux que l'on louait lors des succès d'antan. Beaucoup de choses et surtout de gens sont remis en question. Ceux qui auraient été encensés demain soir en cas de succès, ont soudainement les oreilles qui sifflent. Facile.

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Nicolas Touzaint, lui, a préféré s’éloigner de toute cette animation. Après être passé au stade le matin encourager ses deux partenaires encore en course et avoir reçu les témoignages de nombreux cavaliers étrangers (" ce sont des hommes de chevaux, ils savent ce que c’est que l’équitation, qu’un jour on peut gagner et que le week-end suivant, on peut chuter et se fracturer une épaule "), il a vite filé. Le temps de digérer. Le temps aussi d’accepter ce coup du sort qui le prive d’une médaille que tout le monde lui prédisait. " Je n’ai pas cessé de répéter depuis des mois que la médaille, faut en parler après mais pas avant, confie-t-il. Sur ce point au moins j’avais raison… "

Après une balade à Hongkong avec son amie Mélinda (" pour penser à autre chose "), il est revenu le soir présenter son cheval aux plus sceptiques, accompagnée par sa fidèle groom Stéphanie qui avoue avoir eu du mal à trouver le sommeil. " Je prends ça comme de la fatalité, préfère-t-il relativiser. Quand une erreur a été commise, on retourne le problème dans tous les sens. Mais là, ce qui est arrivé est de la faute de personne. Tout le monde a fait son travail. On est complètement impuissant, on subit. C’est un film. Ma motivation était aussi de réussir pour rendre hommage à Madame Girard-Claudon, la propriétaire de Galan décédée le jour de mon départ. C’est une histoire qui se termine (elle était déjà propriétaire du cheval de son père Jean-Yves lors de sa participation aux JO de 1976). "

La nuit dernière, lors du cross, il devait cette fois être sur le terrain. " C’est aussi dur pour eux. Alors je vais y aller pour essayer d’aider comme je peux en leur amenant des infos. Mais c’est sûr que ce n’est pas comme ça que j’avais imaginé le vivre. " Reste ensuite à se projeter vers le futur. Malgré tout. " Il faut continuer à avancer. Je vais tranquillement finir la saison avec le Ride-Normandie, finale de la Coupe du monde à Deauville, avec Tatchou. Puis je ferai le Grand National de Jardy avec Hildago, le Lion d’Angers et sans doute Pau avec les deux. Quant à Galan, on va lui faire passer des examens à son retour pour savoir précisément ce qu’il a. Mais il n’a que 14 ans. Je peux encore l’amener aux Championnats d’Europe de Fontainebleau l’an prochain et pourquoi pas aux Jeux Mondiaux 2010, à Lexington. Je ne suis jamais allé aux Etats-Unis. Ce pourrait être une belle façon d’écrire une dernière belle histoire avec lui. " Avec cette fois une happy end.

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