Les risques évoqués dans nos précédents baromètres se sont pour la plupart matérialisés: crise énergétique en Europe, inflation tenace, et resserrement monétaire agressif. Cela conduit Coface à revoir significativement ses prévisions de croissance mondiale pour 2023 : celle-ci devrait être inférieure à 2% comme en 2001, 2008, 2009 et 2020. Par ailleurs, si les prévisions de croissance ont été revues à la baisse pour l’ensemble des régions du monde, l’Europe est celle dont les perspectives se sont le plus assombries avec une récession qui semble inévitable dans toutes les principales économies cet hiver. En effet, la crise énergétique s’intensifie et le vieux continent se prépare à une sobriété « subie ». Qu’elle prenne la forme d’une réduction « volontaire » (suspension d’activités devenues non rentables en raison du coût de l’énergie) ou d’un rationnement décrété par les gouvernements, la baisse de la consommation d’énergie se traduira nécessairement par une production moindre, et un recul du PIB. Son ampleur sera largement tributaire de la rigueur de l’hiver et l’Allemagne, principale puissance industrielle du continent, se trouve en 1ère ligne. Ce trimestre encore, la majorité des déclassements d’évaluation de risque-pays effectués concerne donc les économies européennes. Coface procède à 6 déclassements supplémentaires, notamment pour 3 pays où le risque était encore considéré comme très faible : le Danemark, la Suisse et le Luxembourg. Seule la Norvège, pays producteur de gaz, reste en mesure de bénéficier de la meilleure évaluation du risque.
Face à la perspective de prix de l’énergie durablement très élevés au niveau mondial, près de la moitié des 49 déclassements d’évaluations sectorielles concernent les industries consommatrices d’énergie comme la chimie, le papier et les métaux. Toutefois, contrairement au trimestre précédent, où l’essentiel des déclassements avaient concerné le continent européen, Coface a cette fois dégradé ces secteurs également dans la plupart des économies asiatiques ou, par exemple, en Afrique du Sud.
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Trois banques centrales émergentes poursuivent des politiques monétaires à contre-courant : la Russie, la Turquie et la Chine. Les autorités monétaires chinoises ont ainsi abaissé certains taux d’intérêt de référence afin de soutenir l’activité, face à la confirmation du ralentissement de l’économie. Celle-ci demeure affectée par la stratégie « zéro-COVID », par la sévère sécheresse enregistrée cet été et par la crise du secteur immobilier. En particulier, les maux de ce secteur, dont on estime qu’il représente 30% du PIB, participeront à une croissance chinoise bien en-deçà des standards des dernières décennies en 2022 (3,2%) et 2023 (4,0%), contribuant au net ralentissement global.
Le resserrement monétaire généralisé noircit incontestablement les perspectives pour le secteur de la construction à l’échelle mondiale. Les prix des métaux industriels et du bois d’œuvre n’ont ainsi cessé de reculer ces derniers mois avec des baisses respectives de 20% et 60% depuis le début de l’année ce qui a conduit Coface à déclasser ces secteurs dans plusieurs zones géographiques.
