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Informer ou orienter ?

Publié le 18 août 2008 par Malesherbes
Je ne suis pas un grand fan de Ségolène Royal mais j’ai été surpris par la totale absence d’objectivité du journal de 20 heures diffusé par France 2 samedi 16 août. A propos de sa rencontre avec le Dalaï-lama, j’ai entendu Olivier Galzi dire : « Ségolène Royal s’est déplacée près de Nantes tout exprès, là où le chef spirituel dispense depuis hier des cours de zénitude ».
Il pensait sans doute faire un trait d’esprit en évoquant la bravitude prononcée par la candidate lors de son voyage en Chine. C’était certes un mot malheureux mais il n’y a pas lieu de le rappeler sans cesse. D’autant que le candidat Sarkozy a multiplié ce type d’erreurs, sans que la sphère médiatique lui consacre un millième de la couverture affectée à Mme Royal. Sans parler de la fatitude prononcée le 18 avril 2007 sur France Inter devant Hélène Jouan, que les suppôts du Président mettent sur le compte d’un trait «d’esprit», nous avons eu droit à : héritation, trentagénaire et conquérance. Beau tableau de chasse et, à quelques rares exceptions près, totalement ignoré par ceux qui font métier d’informer.
Le journaliste cède alors la place au reportage effectué par MM. Philippe Rochot et Franck Brisset : « Ségolène Royal et le Dalaï-lama, main dans la main, pour une rencontre prévue, dit-on, depuis plusieurs mois. Nous sommes à l’abbaye de Villeneuve, un hôtel de luxe où résident le Dalaï-lama et sa suite. » . Pas de remarque particulière, si ce n’est que je ne suis pas certain que, à propos d’autres rencontres, on se serait hasardé à ajouter un « dit-on». Et d’ordinaire, pour d’autres responsables politiques ou Saintetés, les mots luxe et suite ne fleurissent guère et pourtant ...
Après des images montrant le Dalaï-lama, le commentaire se poursuit : « en trois quarts d’heure, le Dalaï-lama va lui dresser un tableau dramatique de la situation au Tibet ». J’ai peut-être mauvais esprit mais, pour moi, «un tableau dramatique de la situation » n'équivaut pas à « un tableau de la situation dramatique ». Le journaliste rapporte les paroles du Dalaï-lama, lequel a vraisemblablement dit que la situation au Tibet était dramatique. Un journaliste digne de ce nom n’a pas à insinuer que son interlocuteur a déformé la réalité en présentant comme dramatique une situation qui, selon lui journaliste, ne l’est pas. Il n’a pas à donner son opinion mais à retranscrire fidèlement ce qui est dit.
Il enchaîne : « Ségolène Royal se contentera d’une simple déclaration où elle affirme que le Dalaï-lama propose des solutions raisonnables. » A nouveau une restriction : « elle se contentera ». Qu’attendait-il d’autre ? Pensait-il qu’elle allait exhorter le Président à l’imiter ? Pourquoi ne pas se contenter de rapporter le fait : elle a déclaré que le Dalaï-lama proposait des solutions raisonnables ? Le reportage se poursuit, montrant Ségolène Royal faisant part de son intention d’aller au Tibet.
Enfin le journaliste conclut : « Le Dalaï-lama va continuer à alterner enseignement religieux et rendez-vous politiques jusqu’à la fin de la semaine, avec, en fin de parcours, la rencontre avec Carla Bruni Sarkozy dans un monastère de Lodève. ». Puisque le Président envoie « la meilleure part de [moi-même] », n’est-il pas préférable de se limiter à son nom d’épouse, plutôt que d’y inclure son nom d’artiste, malvenu à l’occasion d’une délégation si hautement politique ? Sans compter que les initiales CBS sont déjà prises.

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