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Du temps où les américaines dominaient outrageusement Roland-Garros

Publié le 08 juin 2023 par Francky

Du temps où les américaines dominaient outrageusement Roland-Garros

De gauche à droite : Doris Hart, Shirley Fry et Maureen Connolly.


Huit ans. Huit longues années qu'une américaine n'a pas gagné Roland-Garros, depuis Serena Williams en 2015. Dernier espoir de tout un peuple, Coco Gauff, ultime représentante de la bannière étoilée, a chuté en quarts de finales contre la tenante du titre Iga Swiatek. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé. Gauff avait atteint la finale l'année précédente tandis qu'avant elle, Sloane Stephens et Sofia Kenin avaient essayé respectivement en 2018 et 2020 de s'emparer en vain de la Coupe Suzanne Lenglen. Même si les États-Unis restent largement en tête au classement du nombre de titres par pays à Roland-Garros avec quinze distinctions depuis le début de l'ère Open (auxquelles s'ajoutent les quatorze titres acquis avant l'ère Open), les années de vaches maigres continuent, laissant planer une inquiétude qui pourrait aller croissante quand on voit les nouvelles forces arriver des autres pays, en particulier d'Europe. Quoi qu'il en soit, le temps est loin où le pays de l'Oncle Sam dominait avec une autorité sans égal le prestigieux tournoi sur ocre parisien. Bien sûr, on pense à la main mise de Chris Evert et de Martina Navratilova entre 1982 et 1986 mais, rien ne vaut sans doute la domination sans précédent qu'ont exercé d'autres joueuses américaines au rayonnement international après les années de seconde guerre. Ainsi, à partir de 1946 débute une période luxuriante pour les États-Unis qui vont gagner neuf fois Roland-Garros en simple dames jusqu'en 1956. Mieux encore, on eut droit à des finales cent pour cent américaines en 1946 et 1947, puis quatre autres finales du même acabit de 1950 à 1953. Il n'y eut guère que la française Nelly Adamson et la britannique Angela Mortimer pour contester cette impressionnante suprématie (on n'oublie pas Ginette Bucaille, finaliste en 1954). Mais, qui étaient ces américaines qui écrasaient la concurrence ? Faisons plus ample connaissance avec elles :
Margaret Osborne (1918-2012) :
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Margaret Evelyn Osborne crée la sensation en 1946 en gagnant son tout premier titre du Grand Chelem à Roland-Garros lors d'une finale âprement disputée contre sa compatriote Pauline Betz, tête de série n°1, conclue sur le score renversant de 1-6 8-6 7-5. La native de l'Oregon, qui venait de battre en demi-finales sa partenaire de double Louise Brough, en profitait pour prendre sa revanche sur Betz qui l'avait battue deux ans plus tôt en finale de l'US Open. Trois ans plus tard, en 1949, Osborne, qui s'est entre-temps imposée à Wimbledon et à l'US Open, prive la française Nelly Adamson d'un deuxième titre consécutif à Paris en l'emportant deux manches à rien. 
Doris Hart (1925-2015) :
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La joueuse née à Saint-Louis, dans le Missouri, atteint sa première finale à Roland-Garros en 1947 alors qu'elle échouait l'année précédente en finale de l'US Open face à sa compatriote Pauline Betz. Elle fut un temps maudite puisqu'elle perdit ses quatre premières finales en Grand Chelem avant d'ouvrir enfin le compteur en 1949 à l'Open d'Australie. C'est l'année suivante que l'américaine brille enfin sur ocre en remportant son premier Roland-Garros contre une autre américaine, Pat Canning. Commence alors pour Doris une histoire faite de hauts et de bas à Paris puisqu'elle revient à chaque fois en finale les trois années suivantes, gagnant celle de 1952 contre Shirley Fry (qui l'avait battue à ce stade l'année précédente). Roland-Garros était alors le jardin préféré des américaines.
Shirley Fry (1927-2021) :
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Renversée par la française Nelly Adamson en 1948 (qui lui infligea un cuisant 6-0 dans le troisième set, Adamson qui sera au passage la dernière française à gagner Roland-Garros avant Françoise Dürr en 1967), Shirley Fry attend 1951 pour remporter son premier titre du Grand Chelem sur l'ocre parisien dans une finale à suspense contre Doris Hart. Cette dernière prend une revanche éclatante l'année suivante en dominant en deux manches la native d'Akron, dans l'Ohio. Fry dispute ensuite les demi-finales en 1953 et connaîtra sa période de gloire entre 1956 et 1957 en gagnant consécutivement Wimbledon, L'US Open et l'Open d'Australie.
Maureen Connolly (1934-1969) :
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Prodige du tennis au destin brisé, "Little Mo" déboule en 1951 en gagnant à seize ans son premier tournoi du Grand Chelem, à l'US Open (qu'elle gagnera deux autres fois consécutivement en 52 et 53). L'année 1953 est d'ailleurs un excellent cru pour la californienne qui remporte les quatre tournois du Grand Chelem, dont son premier Roland-Garros contre Doris Hart. L'année suivante, on la retrouve de nouveau en finale du tournoi parisien où elle ne laisse aucune chance à la française Ginette Bucaille (6-4 6-1). Hélas, un accident d'équitation interrompt brutalement sa carrière avant qu'un cancer ne l'emporte en 1969 à seulement trente-quatre ans. 
Althea Gibson (1927-2003) :
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Althea Gibson a accompli un prodige en remportant deux années de suite Wimbledon et l'US Open en 1957 et 1958. Cependant, son plus beau chef-d'œuvre reste sans aucun doute sa victoire en finale de Roland-Garros en 1956 contre la britannique Angela Mortimer (qui était alors tenante du titre), non seulement parce qu'il s'agit de son premier titre en Grand Chelem, mais aussi parce qu'elle devient la première femme noire à accomplir cette performance, bien avant Arthur Ashe, et donc bien avant les sœurs Williams. C'est elle qui clôture l'intense domination des américaines à Paris. 

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