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Art quand tu nous retiens !

Par Gentlemanw
Art quand tu nous retiens !

Vacances, enfin des vacances.

Enfin cette coupure du reste du monde, loin du téléphone pro, totalement coupé, dans un autre pays, dans un autre univers culturel, dans les montagnes depuis quelques jours.

Enfin une respiration !

Une grande goulée d'air des Alpes autrichiennes.

Une profonde inspiration pour avaler le paysage, l'air pur ambiant, les bouts de nuages accrochés aux pics environnants.

Je décroche pas encore totalement de ce tourbillon des obligations diverses qui ajoutent questions aux questions, qui obligent sans jamais aider à oublier, qui rappellent toujours un peu ce que ma mémoire ne sait pas effacer pour avancer plus serein, qui reprend vie avec de nouveaux écueils de stress. Et puis je ne trouve pas le nouveau chemin, j'erre encore surtout durant mes nuits vagabondes au bord des précipices, au fond des creux, puis soudainement loin de tout, mais toujours avec ces rappels à des réalités oppressantes. Je retrouve parfois le vide en ouvrant les yeux, avec des journées sans envie. Les défis professionnels étant devenus des statues immobiles, encrassées, mal exposées, sans volontés de mouvements, sans validation, sans reconnaissance, je me questionne sur le sens de ce tout informe, quasi mort.

Alors direction les musées, en marchant, en marchant chaque jour encore un peu plus, en discutant sur le monde environnant, en découvrant des lieux nouveaux, en croisant des personnes, en échangeant des mots dans une langue étrangère ou juste des sourires avec ce bébé tout blond dans sa poussette. Communiquer, lire, se distraire l'esprit, s'enrichir de nouveaux espaces. Voilà un début d'envie !

Musée des arts appliqués de Vienne dans un lieu semblant être un palazzio de Venise, un accueil hors pair avec une "médiatrice" impliquée nous expliquant les salles, les contenus, avec gourmandise artistique dans son regard, avec des anecdotes, avec ce ticket papier devenu une clef vers d'autres mondes. Ici le design le plus moderne flirte avec le passé, avec des meubles rococos et baroques, avec des parquets superbes de complexités comme des œuvres de marqueterie. Un voyage sur trois étages, avec des galerie virtuelle ouvrant (ou pas) sur une vision du monde futur, des maisons en blocs modifiables comme des étagères, des couleurs changeantes au gré des humeurs pour ne plus avoir un mur toujours similaire, des plantes ici et là, de l'écologie étalée avec une brosse trop large sur l'ensemble pour avoir été réfléchie. Oui attention chers jeunes générations, quand vous choisissez une matière, il faut penser ressources, pérennité, transports, uniformité, durabilité, vérité d'un monde toujours plus jetable, rénovation, recyclage, résistance au temps et à tant d'autres paramètres d'un univers de milliards d'humains ... si différents dans leurs visions de ce futur. Bref j'ai presque ri de cette vision totalement irréaliste, plus proche de Sims City que de leur avenir. Je suis revenu vers une galerie de meubles anciens, moderne dans leurs propositions car datant d'un siècle déjà. Puis un passage par l'art asiatique, par le Japon avec de la vaisselle d'un bleu mêlé de gris variés, avant une respiration dans la pureté des créations de verre d'une grande maison viennoise, ici les verres, les carafes, les lustres, les objets d'une transparence subtile et de formes incroyablement déclinées sur des tables, il ne manque plus que le champagne, de jolies robes distinguées, des sourires.

Mais l'art c'est aussi être surpris par de l'incompréhension, et pourtant ma palette de références est assez large. Surpris, agacé, en arrêt parfois, sans émotions devant une sculpture ou une peinture, effrayé par le rien des matières ou de la technique, amusé aussi face à une impertinence d'une autre décennie. Je regarde, je m'arrête, je pars plus loin, je reviens, je souris de bonheur ou d'incrédulité. Je glisse devant une longue série où rien ne se produit dans les sensations visuelles avec mes neurones non réceptives, je peux ensuite stationner devant un petit machin insignifiant mais si beau. Je prends des photos, que je regarderai peut-être pas. J'aime attraper les silhouettes des autres visiteurs devant un tableau. Leurs interrogations, leurs regards, leurs petits bonheurs, leurs .... téléphones pour être ailleurs.

"La beauté demeure le meilleur recours contre l'incertitude" a écrit David Foenkinos dans son roman "Vers la beauté". L'art est parfois une clef, des clefs pour avancer, ailleurs, autrement, dans ce monde, ou dans un autre parallèle, avec plus de douceurs.

Nylonement


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