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La nuit de feu d'Eric Emmanuel Schmidt

Par Tellou

La nuit de feu Eric Emmanuel Schmidt

Dans la série des lectures spi pas trop barbantes, je viens de terminer de lire « La nuit de feu » d’Eric Emmanuel Schmidt et j’ai été assez séduite par son livre. Moi qui avais eu une indigestion avec ces opus précédents « Elixir d’amour » et « poison d’amour », j’ai eu beaucoup moins de crampes d’estomac. Que l’on ne se méprenne pas : j’aime beaucoup EES et certains de ses opus, notamment la trilogie sur les religions. Mais au bout d’un moment, j’ai l’impression de toujours lire la même chose, enrobée de plus en plus de barbe à papa dégoulinante de bons sentiments. Dans cet ouvrage, l’on retrouve bien sur le style poétique d’EES, mais de manière plus intimiste cette fois-ci.

 Bref, dans « La nuit de Feu », EES dévoile l’expérience mystique qu’il a vécue il y a 25 ans sur le mont Tahat en Algérie. Le livre passe beaucoup de temps finalement sur la mise en condition, le voyage dans le désert. Au départ, il n’était parti pour ce trek que pour trouver des éléments pour rédiger le script d’un film sur Charles de Foucault. Et puis, un jour lors de cette randonnée, il se perd à la descente du Mont Tahat, fini seul éloigné de ses camarades et passe la nuit dehors. Nuit au cours de laquelle il a cette révélation. Le chapitre dédié à cette révélation est délicat. L’on perçoit bien qu’il a envie de décrire toute l’intensité de ce moment, mais tous les mots, même méticuleusement choisis, ne rendent pas compte de cette réalité.

Les réticences d’aujourd’hui à livrer son expérience sont encore les réticences d’il y a 25 ans. Ecrire ce livre c’est partager avec le lecteur ce qui l’a touche il y a 25 ans. C’est aussi se mettre a nu devant le jeune homme qu’il était, et tous ceux qui étaient et sont comme lui : athées, bouffeurs de curés, scientifiques qui pensent que tout s’oppose a la religion, mais aussi les cathos « un peu barrés ». Comment le rationnel peut il accueillir une manifestation qui le l’est pas ?

D’un côté, ce livre m’a frustrée. D’un part, parce qu’admettons-le, je suis jalouse : c’est à un athée que Dieu se révèle dans une super expérience, alors que toi qui a une pauvre foi laborieuse depuis des années, tu aimerais bien, ne serait-ce que le dixième d’un signe de Dieu. (Ouvriers de la 11e heure, bonjour !) Frustrée aussi par le manque de spiritualité du livre. Il parle de Charles de Foucault et de cette prière « je m’abandonne à toi », mais plus rien. Les ¾ du livre sont à propos de son trek, mais une fois l’expérience mystique décrite, l’on a plus grand-chose à se mettre sous la dent. J’aurais bien aimé un ou deux chapitres de plus là-dessus, sur ce qui s’est passé quand il est rentré d’Algérie, sur comment il a vécu sa nouvelle foi, sur les questions qui se sont posées etc…Bref, ça manque presque de profondeur, mais je peux comprendre que même EES ait du mal à trouver les mots pour décrire l’insondable.

Mais ce livre m’a aussi plu parce que je trouve bien (chapeau bas !) qu’un homme connu, reconnu, puisse braver la chape laïcardo-honteuse qui pèse en France sur toute personne qui affirme avoir la foi en Dieu. Je trouve bien qu’il essaye de mettre en mots ce que l’on peut ressentir. Bref, un livre intéressant et sympa

Eric Emmanuel Schmidt


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