![[Critique] Rien perdre Delphine Deloget](https://mespetitesvues.files.wordpress.com/2024/01/rien-a-perdre_delphine-deloget_affiche.jpg?w=450&h=651&crop=1)
L'histoire officielle: Sylvie (Virginie Efira) vit à Brest avec ses deux enfants, Sofiane (Alexis Tonetti) et Jean-Jacques (Félix Lefebvre). Une nuit, Sofiane se blesse alors qu'il est seul dans l'appartement. Les services sociaux sont alertés et placent l'enfant en foyer, le temps de mener une enquête. Persuadée d'être victime d'une erreur judiciaire, Sylvie se lance dans un combat pour récupérer son fils...
Active dans le cinéma depuis une vingtaine d'années, la documentariste Française Delphine Deloget s'était fait connaître en 2015 en remportant le Prix Albert-Londres (récompenses accordées aux membres de la presse francophone) pour le film Voyage en barbarie qu'elle avait coréalisé avec Cécile Allegra qui abordait les sévices subis par des Érythréens dans des camps de torture au Sinaï.
Il n'y a donc rien d'étonnant à déceler une grande recherche de vérité dans ce bien nommé Rien à perdre, premier long métrage de fiction qui pose un regard souvent dur sur les institutions françaises chargées de placer les enfants en foyer d'accueil. Et ce, quitte à parfois tomber dans les pièges accolés au sempiternel combat opposant le citoyen David contre l'État Goliath. Mais le scénario - coécrit avec Olivier Demangel et Camille Fontaine - repose sur des rouages dramatiques bien huilés, une relative sobriété d'ensemble et un suspense prenant. Tant est si bien qu'on ne devine jamais où et jusqu'où l'intrigue va nous emmener.
Si Rien à perdre ne se démarque pas sa mise en scène, très classique, il met de l'avant la prestation livrée par Virgine Efira, désormais très à l'aise dans l'art de dépeindre des femmes ambigües, souvent coincées dans des univers parallèles. Ici, elle incarne une mère monoparentale un peu fofolle, dont l'amour absolu pour son plus jeune pourrait presque s'apparenter à de la démence, ou à tout le moins à une sorte d'aveuglement, de déni, face aux conséquences de son comportement immature et jusqu'au-boutiste, montré dans une séquence finale délicieusement immorale.
Sortie en salle au Québec : 12 janvier 2024
