Chaque mois, dans ses 10 premiers jours, tout comme je le fais pour le cinéma (dans ses 10 premiers) et tout comme je le fais pour la musique (vers le milieu) je vous parles de l'une de mes trois immenses passions: La Littérature. Lire c'est se réincarner, c'est accepter de découvrir de nouveaux univers, de nouveaux mondes, de nouveaux milieux, c'est apprendre, c'est ouvrir ses sens, c'est danser sur les neurones de quelqu'un d'autres, c'est accepter de respirer sur le rythme de quelqu'un d'autre.
Et respirer c'est vivre.
LE DEUXIÈME SEXE de SIMONE DE BEAUVOIR.
Cet essai féministe de 1949 est aussi pertinent de nos jours, partout dans le monde, qu'il l'était dans la Francophonie de l'époque. Le propos est si universel qu'il a été traduit en dizaines et dizaines de langues à travers le monde, se vendant toujours par millions de nos jours. C'est dire à quel point la situation de la Femme fait du tristement du surplace.
Simone écrit ici une sorte de manifeste avant l'heure des manifestes. Elle stipule que les deux grandes portes pour l'émancipation de la Femme sont le contrôle des naissances de leur part, une partie pas encore gagnée aux États-Unis et au Canada CONservateur, en France, je ne sais pas trop. Simone, qualifiée trop souvent d'ombre de Jean-Paul Sartre, dont elle était l'épouse, était une excellence écrivaine. Fiction et essai. Dans cet écrit magistral, elle explore les inégalités et doubles standards entre hommes et Femmes. Des inégalités et doubles standards encore très lourds de nos jours.


Je ne dis pas que ce livre est absolument à lire, mais pas loin. Ne serais-ce que pour réaliser qu'assez peu a bougé dans la calibration des égalités entre sexes en 75 ans. Ne serais-ce qu'en terme d'agressions sexuelles, 97% des victimes, qui sont majoritairement Femmes, ne sont toujours pas crues, ou leur prédateurs ne sont jamais puni. C'est titanesque comme statistique pour des pays modernes comme les nôtres.

La non culpabilité d'Eric Salvail, chez nous, la peine bonbon de Guy Cloutier, aujourd'hui en liberté, Gilbert Rozon, jamais inquiété malgré le vrai de toute l'horreur qui l'entoure sont des exemples très locaux des inégalités toujours présentes.
En France, ça reste immonde, en 2023, de savoir que le Président défende un comportement prédateur comme celui de Gérard Depardieu alors que sa toxicité est cancéreuse.

Simone édulcolore ce poison avec subtilité, intelligence et pertinence.
Qui même 75 ans, voit les traces d'un certain patriarcat salir effrontément ce qu'il y a de plus beau sur terre.
L'harmonie.
