Je n'ai jamais vraiment écouté la série télé Friends. Entre 1994 et 2004, j'avais de 22 à 32 ans. La vie de colocation s'éloignait de moi. Après 2 ans d'amour à distance avec l'amoureuse, elle choisissait de passer du 418 au 514 pour venir me rejoindre, en 1994, et, ensemble, nous avons bâti notre amour et tricoté deux chef d'oeuvres d'enfants dont nous sommes très fiers. Je graduais de l'Université, la belle également, nous étions très occupés à se bâtir amoureusement ensemble, mais professionnellement aussi. Là où personne ne nous attendais. En 1995, elle et moi habitions ensemble jusqu'à nos jours.
La série Friends n'avait pas capté mon intérêt (ça jouait à quelle heure ? quand ?). Nos rendez-vous étaient ailleurs dans la vie, sinon pour une fin du monde à 7 heures. On était trop occupés à vivre loin des écrans. En 2004, on avait une maison, 2 chats, 2 enfants. Dont une tout à fait naissante.



Les créateurs de Friends peuvent bien se défendre en disant que justement, c'est le comportement qu'ils/elles voulaient décrier. Plusieurs fois, presque toujours, c'était utilisé à des fins humoristiques comme cet épisode où il se moque de Rachel & Phoebe prenant des cours d'auto-défense alors que lui serait maitre karatéka. Elles lui donnent une raclée. Sa solution ? Prendre des cours à son tour pour "battre" les filles.

Wach ! T'es dégueulasse Ross ! Toxique !

Jerry Maguire est une petite merde. Et celle qui le pourchasse amoureusement, incarnée par Renée Zelwegger, une potentielle assassine. Il est établi qu'elle est veuve. Il est aussi établi qu'elle a Jerry Maguire en tête depuis longtemps. Le manifeste qu'il rédige au début du film n'est que la confirmation que c'est celui qu'elle croyait qu'il soit, un homme qui a le courage de ses idées. Mais ils ne se connaissent pas. Tant de choses ne fonctionnent pas dans ce film. Elle ne sera jamais autre chose qu'utilitaire pour Maguire tout le film. J'ai 3 des films de Cameron Crowe : Say Anything, Almost Famous et celui-là. Il ne sait pas vraiment écrire les Femmes au cinéma. Dans Say Anything, la belle n'a aucune amie de fille ou presque. Hautement impossible. Elle semble fantasme. Dans Almost Famous ET Jerry Maguire c'est une groupie.

Il n'y a rien à comprendre de la passion de madame pour Monsieur dans Jerry Maguire. À moins qu'elle ne veuille le tuer. Alors qu'on pense qu'elle n'est que tristement veuve, on apprend plus loin que quand Jerry lui demande d'en parler, elle ne veut pas le faire et que le disparu était un homme horrible. Tant mieux qu'il soit mort, donc ?

La "rom-com", qui est davantage un "bro-com" dans une relation agent/joueur, a tout de même généré des lignes cultes de rom-com comme "You had me at Hello" ou "You complete me".
You had me at hello c'est justement ce que j'ai dit à Shakira quand je l'ai croisée.
Où étais-ce elle qui m'avait dit ça...?

Fight Club avait marqué les esprits, mais avec le recul on y voit aussi le germe de l'incel.
Ross était masculinité toxique "acceptable" pendant 10 ans.
"It may have been, Jones"
Jerry Maguire n'était pas une comédie romantique, une comédie, oui, mais l'amour y était vraiment bonheur d'occasion.Comme si ça avait été écrit par un gars qui à 16 ans, qui aurait travaillé dans un univers d'adulte dans les année 70...
La plupart des films/séries sont reflets de leurs époques.
Ils sont donc sujets à bien entendu, parfois mal vieillir. La relecture est entendue dès le départ.
Comme ces 2 scènes d'agressions sexuelles presque successives vers la fin de Saturday Night Fever.
Autre film largement aimé, mais qui comporte ce sérieux travers.
Confirmant encore qu'un(e) bon artiste, une vraie bonne oeuvre s'inscrit toujours dans la durée.
