Un an plus tard, il chante pour la première fois à la télévision où il travaillait dans l'émission Music-Hall.
Inspiré de la grande chanson française, Reggiani, Gainsbourg, Ferré, Brassens, mais aussi très inspiré de Felix Leclerc qui lui donne le premier envie de faire tout ça, il fait une série de spectacle dans le quartier d'Anjou, dans l'Est de Montréal, avec Clémence Desrochers pour soutenir son premier album studio. Sur cet album, la première chanson que j'ai apprise à la guitare, adolescent, dans les années 80. Ce sera suivi 2 ans plus tard d'un autre 33 tours. En 1962, sur une musique de Pierre Brabant, il chante Feuilles de Gui, qui lui fera gagner un prix local, mais aussi le grand prix de la chanson internationale de Bruxelles. Cette année-là ce sont deux autres disques qu'il lance. La même année il se donnera en spectacle en France et co-animera une émission de variétés estivale pour Radio-Canada. En 1963, il représente le Canada au Festival de la chanson de Pologne où il arrive 3ème, et reçoit le prix du meilleur interprète sur scène, à Cracovie.
Au retour, il lance un 5ème album. Il sera animateur télé pour Jeunesse Oblige, programme qui fait découvrir les nouveaux talents des chansonniers Québécois, mais aussi plateforme pour mousser ses propres créations. Comme sa musique est promue plus ou moins facilement au Québec où le monde musical en est à ses premiers pas dans des systèmes organisés, deux sortes de compilations sont lancées pour rassembler le meilleur de Jean-Pierre depuis 6-7 ans. En 1966, un album éponyme suggèrera une première renaissance. Il participe à des spectacles à la Place-Des-Arts avec la troupe de danse des Feux-Follets, puis fait le tour du Québec, de l'Ontario, des Maritimes. Il part aussi jouer un mois à Paris où il y est merveilleusement accueilli, mais a quand même le mal du pays.
Il revient avec un album dont un morceau traduit très bien son état d'esprit. Un gros succès. Son nouvel album portera encore simplement son nom. L'année suivante, la chanson titre de son nouveau disque sera un autre hit. Mais le psychédelisme gagne du terrain. Ferland se sent de plus en plus en voie de s'écarter des tendances musicales de l'époque. Gainsbourg est devenu pop, Ferré parle des Moody Blues, même Aznavour devient plus R & B plus jazz, big band. Ferland ne veut pas paraître ringard comme Charles Trenet. Il doit se réinventer. Il réussira majestueusement avec son album Jaune qui comprendra un guitariste de Paul MCCartney et Paul Simon, et un bassiste futur collaborateur de King Crimson, Peter Gabriel, Pink Floyd, Asia, Yes, Stevie Nicks, Sarah McClachlan, David Bowie et le batteur de Frank Sinatra et Ben E.King. Jaune sera mythique au Québec et fait naître un petit roi bien de chez nous.


Il refera de la télé, animant toujours des émissions de variétés autour de la musique, de 1981 à 1987. Il fera beaucoup de télé et de radio. Il participe aux Yeux de la Faim pour la Fondation Québec-Afrique. Lance un album plus synthés tentant d'épouser les sons des années 80. Il participe à une tournée soulignant les meilleures chansons Québécoises des 50 dernières années avec Louise Portal, Nanette Workman, Marie-Claire Séguin, Nicole Martin. Il signe un drame musical inspiré de la muse de Salvador Dali et Paul Éluard, Gala, mais ça devient un échec financier.

Ne voulant pas vieillir trop publiquement, il se fait rare entre 2006, année où un blocage sanguin le force à repousser un spectacle qu'il s'apprêtait à livrer sur scène.

Il fera de la radio à nouveau, mais choisit ses sorties, comme avec Céline Dion ou Ginette Reno, ou pour des soirées bénéfices.
C'est un immortel qui nous as quitté hier à 89 ans.
Une chance qu'on t'a eu. Salut! mon grand.
