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Un nouveau petit oiseau fraîchement sorti de son nid

Par Soiwatter
Oh! Moi, vous savez, les tuocha et moi, ça fait deux: Compression adiabatique, qualité subatomique... Vous me direz, tout ça à cause d'un nid de Xiaguan exceptionnellement typique de Xiaguan (compression et qualité)....
Alors, lorsque Stéphane me propose un de nid de 2002, pas encore dans sa carte, lors de ma dernière commande, je suis dubitatif au début, mais je me dis: "si Stéphane le propose, c'est qu'il y a de quoi me faire changer d'avis sur les tuo..." Donc voici la bête, un tuocha de 2002 de la Da Li Nan Jian Factory, conservé depuis 6 ans à Taïwan, c'est à dire sous un climat plus humide qu'à Kunming ou bien que chez nous en France.
Voilà donc l'épreuve de vérité! Vais-je devoir aller chercher le marteau? La masse? le morgenstern? Et bien pour une fois non. Mon coupe papier (je n'ose pas dire mon couteau à pu ehr) trouve tout seul une interstice entre deux feuilles compressées. Il s'enfonce sans résistance, on entend le nid craquer sous les petits mouvements fléchissants... Un morceau s'en détache sans difficulté, même si le nid est bien compact. Une bonne surprise.
Dosage du thé, au pif, ou plutôt, autant dans la théière que d'habitude pour un cru d'une dizaine d'années. Les feuilles sèches sentent la muscade et le gingembre. Une fois dans la théière réchauffée, c'est de la noisette, beaucoup de noisette. Deux rinçages, même odeur! Vient alors la première infusion. 45 secondes... La liqueur est odorante, d'une superbe couleur orange dorée... Et là... L'odeur de noisette n'était pas là pour rien, au goût; c'est de la noix nouvelle, voire verte, et de l'amande douce. Aussi fort que de l'huile, même plus... Ça remplit la bouche, mais c'est un peu agressif. Pas de moelleux. Un peu déçu... C'est trop jeune.
Deuxième infusion, un peu plus courte. Et là, on change de monde. La noix et l'amande sont toujours, là, en première note, mais c'est moins fort, et surtout, ça a perdu toute sa verdeur. Vient ensuite une note sucrée, chaude, un peu fruitée, indéterminée. Enfin, ce sont des épices qui apparaissent: d'abord de la muscade et du gingembre, peut-être un peu de paprika; ensuite du piment d'Espelette, très fort et très fruité; enfin du poivre cinq baies. Ce qu'il y a de vraiment étonnant c'est comment avec ce thé, les différentes notes ne se mélangent pas, elles se suivent l'un après l'autre, bien distincte.
Au fil des infusions, la note chaude et fruitée prend un peu de corps. Elle se mue en humus et en mousse puis en champignon. Cette grande palette de saveurs se marie très bien: le rassurant des fruits secs, le chaud de la note fruitée, le piquant qui laisser un arrière-goût très frais. Le côté très jeune décevant de la première infusion disparaît dès la seconde infusion, et nous donne un thé long et très équilibré.
Une fois la première infusion passée, une belle découverte à tout petit prix...

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