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Mahmoud Darwich

Publié le 26 août 2008 par Philippe Thomas

La disparition récente du poète palestinien Mahmoud Darwich ( Al Birweh, 1942 – Houston 2008) m’a moi aussi très affecté. C’était une découverte glanée sur les rayons d’une bonne librairie, celle d’un poète majeur qui eut mérité le Nobel. En mars 2006, j’en avais fait une chronique du samedi où je citais son lumineux Ciel  bas. Son œuvre a été saluée unanimement comme il convenait, même par les grands médias, peut-être à la faveur d’une actualité estivale fort creuse.

Maintenant que Darwich repose à Ramallah, le poète parle toujours d’une voix de lumière qui sait trouer le damier de l’obscurité pour nous parvenir et toucher juste. Une bonne partie de son œuvre est déjà disponible ou en cours de traduction aux éditions Actes Sud. On lira aussi sur www.mediapart.fr un bel hommage d’Edwy Plenel et un bel ensemble d’articles sur l’excellent site Babel Med. On y découvrira aussi quelques inédits dont le dernier poème de Darwich, Le joueur de dés, traduit par Rania Samara et dont je livre un extrait :
Qui suis-je pour vous dire
ce que je vous dis ?
Je ne suis pas la pierre façonnée par l’eau
pour que je devienne visage
ni le roseau percé par le vent
pour que je devienne flûte…

Je suis le joueur de dés
je gagne ou je perds
Je suis votre pareil
ou un peu moins…
Je suis né près du puits
et des trois arbres solitaires comme des nonnes
Je suis né sans youyous ni sage-femme
j’ai reçu mon prénom par hasard
(…)
L’inspiration aurait pu me manquer
et l’inspiration est la chance des solitaires.
Le poème est un coup de dés
sur le damier de l’obscurité
Il rayonne ou ne rayonne pas
et les paroles tombent
telles des plumes sur le sable(…)

Ce blog se réveille ainsi doucement, au son de ces dés qui roulent sur le pavé mosaïque d’une réalité complexe. Les nombres obtenus fourniront  autant d’étincelles semées au gré de la fantaisie du chroniqueur fraisier, s’il trouve motif à sortir de sa torpide jachère. Entre poésie et politique, ce blog devrait donc naviguer comme entre avenir et souvenir. Son rayonnement sera naturellement laissé au hasard et ses paroles témoigneront encore, murmurant parmi d’autres murmures virtuels !


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