![[FNC 2024] pistolets plastique Jean-Christophe Meurisse](https://mespetitesvues.wordpress.com/wp-content/uploads/2024/10/pistolets-en-plastique_fnc-2024.jpg?w=960&h=540&crop=1)
Après Oranges sanguines, son deuxième long métrage présenté au Festival du nouveau cinéma (FNC) en 2021 ( disponible sur tubi.tv en version sous-titrée anglais sous le titre Bloody Oranges), Jean-Christophe Meurisse revient avec Les pistolets en plastique, comédie déjantée pastichant les suspenses policiers et les films de tueurs en série. Ceux et celles qui avaient apprécié retrouveront ici une bonne part des ingrédients loufoques qui caractérisent l'humour propre à celui qui s'est fait connaître au théâtre au début des années 2000.
Passage au FNC : 11, 12 et 13 octobre 2024
Les pistolets en plastique suit le parcours de Paul Bernardin (Laurent Stocker), accusé d'avoir froidement tué sa femme et ses trois enfants. La police française est incapable de savoir où il est. Devant l'impuissance des forces de l'ordre, des groupes de justice citoyenne se sont formés pour aider les autorités à le retrouver. C'est le cas de Christine (Charlotte Laemmel) et Léa (Delphine Baril), deux copines spécialisées dans les enquêtes sur Facebook. Zavatta (Anthony Paliotti), un pisteur dont on dit qu'il aurait du sang de chauve-souris t qu'il aurait été la doublure de Catherine Lara, est aussi sur les traces du criminel. Justement, alors qu'il est à l'aéroport avec sa femme et ses enfants en direction de l'Argentine, il aperçoit dans les couloirs une silhouette qui ressemble à celle du tueur. Il alerte la police. Les flics danois l'arrêtent à l'aéroport de Copenhague avant de se rendre compte qu'ils ont commis une grave erreur sur la personne. Celui qu'ils ont coffré n'étant qu'un quidam sans histoires (Gaétan Peau) venu au Danemark pour participer à un concours de danse country. Pendant ce temps, Léa et Christine se rendent dans la maison de Bernardin, dans la banlieue de Dijon, en Bourgogne. En farfouillant dans le salon, découvrent une carte postale venant d'Argentine.
Inspiré de faits réels (la tuerie qui a décimé la famille Dupont de Ligonnès, à Nantes en 2011), Les pistolets en plastique n'est certainement pas une comédie populaire à voir en famille. C'est même tout le contraire. Du politiquement incorrect en veux-tu en voilà, du trash dégoulinant, une farce se moquant des petites gens, bref, un film avec des hauts et des bas (de gamme) qui se savoure avec une bonne dose de second degré.
J'y ai pris du plaisir toutefois. Certains passages sont à se tordre de rire (l'introduction de l'histoire par deux thanatologues, les flics français en visioconférence avec leurs homologues nordiques, la gardienne d'immeuble xénophobe), les portraits des deux enquêtrices sont attachants, certains personnages sont tordants (la Commissaire Hammer) tandis que les dialogues ne manquent pas d'ironie. Un peu de Dupontel par ici, pas mal de Dupieux par là et du Delépine-Kervern pur couronner le tout.
À l'instar d' Oranges sanguines, il faut bien reconnaître que les saynètes sont d'un niveau inégal et que Meurisse a une propension certaine à verser dans le voyeurisme morbide. Cela dit, dans l'univers formaté de la comédie franchouillarde, Les pistolets en plastique n'a aucun mal à se démarquer. Et si l'on élargit un peu le champ de vision, on découvre un propos pertinent, évoquant frontalement l'étrange magnétisme que ce genre de récits exercent sur les spectateurs, fascinés sans oser se l'avouer par les spectacles les plus glauques et les crimes les plus abjects.
