![[Cinemania] Conservatoire Valérie Donzelli](https://mespetitesvues.wordpress.com/wp-content/uploads/2024/11/rue-du-conservatoire_valerie_donzelli_cinemania.jpg?w=1440&h=768&crop=1)
L'histoire: Clémence Coullon, finissante du Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris (CNSAD) met en scène une pièce de théâtre intitulée Hamlet(te), version contemporaine d'Hamlet de Shakespeare que les étudiants qu'elle dirige joueront lors du spectacle de fin d'études. Répondant favorablement à la demande de Clémence, la réalisatrice suit la quinzaine de jeunes acteurs pendant leurs répétitions.
Passage à Cinemania: le 13 novembre 2024 - Sortie en salle au Québec: inconnue
Mon avis
Après plusieurs fictions remarquées, dont La guerre est déclarée et , l'actrice et réalisatrice Valérie Donzelli signe avec Rue du Conservatoire son premier long métrage documentaire.
Composé en grande partie de la captation des longues et harassantes répétitions, Rue du Conservatoire illustre à la perfection les coulisses d'un art que l'on présente en général assez peu souvent de la sorte. Rue du Conservatoire est un film qui parle de l'éphémère, de ces instants magiques qui font du théâtre un art où rien n'est jamais pareil, rien n'est jamais acquis.
Engagée sur une pente glissante et attendue au tournant (ce n'est pas rien de s'attaquer à un monument de Shakespeare en lui donnant une tournure contemporaine et féministe), la protagoniste (Clémence Coullon, retenons son nom et son visage), brille de mille feux du haut de sa jeune vingtaine. Sa dévotion est inspirante, sa ténacité et son bagou le sont tout autant.
On ressent toute la fragilité du geste, et en même temps, on s'étonne de tant d'assurance, de persévérance et de solidarité malgré les écueils. C'est une belle illustration d'un acte généreux qui nous apparaît de plus en plus comme une forme de résistance, et qui, en ces temps moroses remplis de déceptions et de mauvaises nouvelles, constitue une vraie oasis de culture et de beauté.
Interrogés face à la caméra, certains acteurs se dévoilent, livrant du même coup un portrait touchant de jeunes engagés, quoique fébriles et incertains, épris de liberté, bien décidés à oublier les carcans et les sillons déjà tracés. Évoluant autant dans la sphère intime que dans l'espace collectif, le film doit beaucoup à la fougue de ces jeunes qu'au filmage attentionné de leurs espoirs, de leurs moments de doute ou de leurs questionnements professionnels.
Le côté attachant de ce projet empathique est renforcé par l'évocation en sourdine d'un événement douloureux survenu dans la vie de la cinéaste au moment du tournage. Un passage abordé avec pudeur et retenue qui ajoute au charme discret de ce Rue du Conservatoire, très belle et agréable surprise proposée par les programmateurs du festival Cinemania.
