Se replonger dans l’univers de Lou Reed et de sa langue acérée, c’est redécouvrir l’essence même du rock’n’roll en action. Leader du légendaire Velvet Underground, Reed était à la fois un critique féroce et un ennemi déclaré de la critique en soi. Observateur et commentateur, il méprisait pourtant ceux qui l’observaient ou le commentaient, allant jusqu’à qualifier les journalistes de « vermine ». Cette dualité flagrante faisait de lui une icône insaisissable et fascinante.
Dans de nombreuses interviews, Reed s’est affirmé comme un créateur déconcertant, prêt à dire tout ce qu’il pensait, mais rarement lorsque les micros étaient ouverts. Les rares moments où il se livrait étaient souvent mémorables, et ses contemporains n’étaient pas épargnés. Dans une interview, le chanteur s’attaque directement aux Beatles, qualifiant le plus grand groupe de la planète de « déchets ».
Dans le cadre du projet Blank on Blank, qui transforme des interviews iconiques de personnalités du rock en animations, une interview spéciale de Lou Reed a été mise en lumière. En tant que membre du Velvet Underground, l’un des groupes les plus emblématiques de l’histoire de New York, Reed a acquis un statut légendaire grâce à son rock intelligent et émotionnellement puissant. La musique du groupe, à la fois provocante et imprégnée de sens pop, n’a trouvé son public massif qu’après sa dissolution.
Dans cette interview de 1987 avec Joe Smith, Reed se livre avec son ton grinçant caractéristique. À la question : « Regrettez-vous que le Velvet Underground soit perçu comme trop radical ? », Reed répond rapidement : « Non. J’ai commencé avec cette idée en tête. »
Lou Reed sur le Velvet Underground et son objectif musical
En évoquant les débuts du Velvet Underground, Reed décrit son parcours, de l’aspiration à écrire le « Grand Roman Américain » à son immersion dans l’univers des groupes de bars. Lorsqu’on lui demande quels étaient les objectifs du Velvet Underground, il répond : « Élever la chanson rock’n’roll, l’emmener là où elle n’était jamais allée auparavant. » Et selon lui, comme selon beaucoup d’autres, ils y sont parvenus, créant un style musical à la fois avant-gardiste et universel.
Dans l’extrait, Reed défend également le contenu de chansons controversées comme « Venus in Furs », en soulignant qu’il s’était inspiré d’un livre du même nom. Pour lui, il était absurde que la littérature bénéficie d’un traitement spécial par rapport à la musique. Il évoque également « Heroin », déclarant : « J’écris une chanson qui s’appelle ‘Heroin’ et c’est comme si j’avais assassiné le pape. »
Reed explique qu’il voulait condenser dans un disque tout ce que la société avait ignoré. Et il y est parvenu, créant des œuvres provocantes mais profondément artistiques tout au long de sa carrière.
Les attaques de Reed contre les Beatles
Tout en affirmant l’importance du Velvet Underground, Reed ne ménage pas les artistes qu’il considère comme moins influents. Dans cet extrait, il qualifie les Doors de « stupides » avant de s’en prendre aux Beatles, les qualifiant de « déchets ». Cependant, dans les années 1970, il avait tenu des propos bien plus élogieux à leur sujet, les qualifiant de « compositeurs incroyables » et exprimant sa tristesse face à leur séparation.
Cette contradiction pourrait s’expliquer par l’humeur changeante de Reed et son rejet des conventions. À l’époque de l’interview de 1987, il semblait agacé par la domination culturelle persistante des Beatles, ce qui suffit peut-être à expliquer sa déclaration provocatrice.
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- Comment Lou Reed percevait-il le Velvet Underground et sa mission musicale ?
- Pourquoi Lou Reed qualifiait-il les Beatles de « déchets » dans cette interview ?
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- Comment Lou Reed a-t-il critiqué les conventions artistiques de son époque ?
- Lou Reed a-t-il toujours eu la même opinion des Beatles ?
