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Pourquoi Yoko Ono préfère-t-elle « The White Album » et son impact sur les Beatles ?

Publié le 01 janvier 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Lorsqu’on évoque le rôle de Yoko Ono dans l’histoire des Beatles, il est fréquent de constater qu’elle attire une certaine hostilité de la part de certains fans qui la rendent responsable, à tort, de la dissolution du groupe. En vérité, la séparation des Beatles, survenue en 1970, était le fruit d’une multitude de facteurs. Pour Yoko Ono, déjà reconnue dans le monde de l’art avant sa rencontre avec John Lennon, son histoire au sein de l’univers des Fab Four est bien plus subtile. Son affection particulière pour The White Album en témoigne, tout comme l’influence décisive qu’elle y a exercée.

Sommaire

  • Un contexte de séparation inéluctable
  • Une artiste à la réputation éclipsée
    • La rencontre avec John Lennon
    • Un talent mis au second plan
  • The White Album : un choix de cœur pour Yoko Ono
    • Un album associé à des moments heureux
    • Un contexte d’enregistrement plus personnalisé
  • L’avis partagé de John Lennon et le mythe de Sgt. Pepper’s
    • La préférence de Lennon pour l’Album Blanc
    • Des tensions internes autour de la production
  • L’apport de Yoko Ono à The White Album
    • Une participation directe et un climat créatif changeant
    • Vers de nouvelles expérimentations
  • L’importance d’un choix personnel
  • Cet article répond aux questions suivantes :

Un contexte de séparation inéluctable

Une fin inévitable pour les Beatles

Au cours de la décennie 1960, les Beatles sont devenus l’une des forces culturelles les plus puissantes de la planète. Le rythme effréné de leur carrière – tournées incessantes, enregistrements, innovations musicales – a progressivement atteint une intensité que leurs quatre membres peinaient à soutenir. Les divergences musicales s’accentuant, la séparation du groupe apparaît, rétrospectivement, comme une conclusion logique. Ils avaient déjà révolutionné la musique populaire, battu tous les records et exploré la quasi-totalité des pistes créatives possibles.

Le rôle injustement attribué à Yoko Ono

Dans l’opinion populaire, Yoko Ono a souvent servi de bouc émissaire. Pourtant, avant même de croiser la route de John Lennon, elle était une artiste établie dans le domaine de la performance et de l’art conceptuel. Leur rencontre, en 1966, a certes eu des conséquences majeures sur la vie personnelle de Lennon et sur l’histoire des Beatles, mais elle ne saurait à elle seule expliquer la fin d’un groupe déjà au bord de la rupture. Les quatre musiciens avaient évolué en tant qu’individus, désireux de poursuivre des objectifs différents.

Une artiste à la réputation éclipsée

La rencontre avec John Lennon

À l’époque où Yoko Ono fait la connaissance de Lennon, elle est mariée au musicien de jazz Anthony Cox. Installée à Londres pour son exposition Unfinished Paintings and Objects, elle attire l’attention de John Dunbar, marchand d’art et ami de Lennon, qui invite ce dernier à la galerie. Bien qu’elle ne s’intéresse pas particulièrement aux Beatles, le charisme de Lennon et la profondeur de ses réflexions artistiques la séduisent. Très vite, elle devient une figure influente dans la vie du Beatle et, de fait, dans l’univers du groupe.

Un talent mis au second plan

Malgré l’étendue de ses capacités artistiques, Yoko Ono a souvent vu sa carrière être reléguée au second plan, éclipsée par la célébrité planétaire de John Lennon. Liée à l’un des musiciens les plus célèbres au monde, son nom apparaît régulièrement dans les médias, mais pour des raisons éloignées de sa production artistique. Néanmoins, Ono préfère se définir sous son propre éclairage et reste réticente à l’idée de parler longuement des Beatles. Elle valorise son parcours personnel, où performances, installations et art conceptuel forment le cœur de sa démarche.

The White Album : un choix de cœur pour Yoko Ono

Un album associé à des moments heureux

En 2016, Yoko Ono rompt quelque peu sa réserve en révélant à US Weekly son album favori des Beatles. Contrairement à l’admiration générale pour Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, Ono avoue préférer The White Album. C’est un choix qui peut surprendre, tant Sgt. Pepper’s est communément salué comme un chef-d’œuvre de l’innovation pop-rock. Pourtant, Ono précise qu’elle apprécie Sgt. Pepper’s sans le considérer comme l’apogée du groupe.

« Je ne sais pas si les gens vont me détester pour avoir dit ça, mais j’ai toujours préféré The White Album à Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Ne vous méprenez pas, j’aime aussi Pepper’s. »

Un contexte d’enregistrement plus personnalisé

L’explication tient sans doute à un aspect très personnel : The White Album correspond à la période où Ono est présente en studio au côté des Beatles. Elle contribue notamment aux chœurs de « The Continuing Story of Bungalow Bill » et de « Birthday », marquant la première fois que des voix féminines sont intégrées dans un enregistrement du groupe. Cet investissement concret, couplé à la relation naissante avec Lennon, confère à cet album une saveur particulière pour elle.

« J’ai toujours préféré cet album. Pour moi, il représente aussi un souvenir heureux de nos moments ensemble en studio. Sans mon influence, l’album aurait été très différent. »

L’avis partagé de John Lennon et le mythe de Sgt. Pepper’s

La préférence de Lennon pour l’Album Blanc

Yoko Ono n’est pas la seule à placer The White Album au-dessus de Sgt. Pepper’s. John Lennon lui-même estimait que la musique du disque de 1968 surclassait en qualité celle de Sgt. Pepper’s. Dans une interview, il déclare :

« J’ai toujours préféré cet album à tous les autres, y compris Pepper, parce que je pensais que la musique était meilleure. Le mythe de Pepper est plus grand, mais la musique de l’Album blanc est de loin supérieure, je pense. »

Des tensions internes autour de la production

Parallèlement, Lennon évoque que Paul McCartney n’aimait pas The White Album, considérant qu’il se détachait de la cohésion habituelle du groupe. La liberté totale accordée à chacun pour composer et expérimenter a mené à un projet riche, mais moins unifié, où les influences et les désirs artistiques personnels s’expriment au détriment du « groupe » en tant qu’entité :

« Paul voulait que ce soit plus un truc de groupe, ce qui veut dire plus de Paul. Il n’a donc jamais aimé cet album. »

L’apport de Yoko Ono à The White Album

Une participation directe et un climat créatif changeant

Avant The White Album, Ono n’avait pas d’implication directe dans le processus créatif du groupe. Son arrivée en studio change la dynamique : Lennon souhaite sa présence, l’estime comme muse et collaboratrice, et cela se ressent dans l’atmosphère de travail. Les Beatles doivent gérer un nouvel équilibre, où Ono a une voix supplémentaire dans l’évolution des morceaux.

Vers de nouvelles expérimentations

Sa vision artistique avant-gardiste influence subtilement certaines orientations, que ce soit dans l’esprit plus expérimental ou dans l’ouverture à des structures de chansons moins conventionnelles. Le résultat est un album plus « brut », offrant un patchwork musical allant du rock garage aux ballades acoustiques, en passant par des pièces quasi avant-gardistes comme « Revolution 9 ».

L’importance d’un choix personnel

Pour Yoko Ono, qui a toujours cherché à se définir en tant qu’artiste indépendante plutôt que comme « l’épouse de Lennon » ou « celle qui a brisé les Beatles », The White Album représente un moment charnière. Non seulement elle y collabore directement, mais elle y voit un groupe en transformation, capable de s’aventurer sur de nouvelles terres créatives tout en mettant en lumière la singularité de chacun.

Son choix de placer The White Album au-dessus de Sgt. Pepper’s reflète une perspective intime : un regard de témoin direct d’un changement artistique profond, et un moment fort dans sa relation avec John. Au-delà de la légende consacrée de Sgt. Pepper’s, l’album de 1968 demeure pour Ono, et pour Lennon, le vrai sommet d’une période où la liberté de création l’emportait sur l’homogénéité, et où l’audace personnelle permettait de sortir des sentiers battus.

Ainsi, si Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band est couramment célébré comme un chef-d’œuvre conceptuel, The White Album s’impose pour certains comme l’album de l’expression la plus libre et brute des Beatles. Les mots de Yoko Ono et de John Lennon résonnent pour rappeler que, derrière chaque mythologie musicale, se cachent des sensibilités, des contextes et des vécus particuliers, tous également légitimes pour définir ce qu’est un chef-d’œuvre.

Cet article répond aux questions suivantes :

  • Pourquoi Yoko Ono est-elle souvent critiquée par les fans des Beatles ?
  • Quel était le contexte de la séparation des Beatles ?
  • Quel rôle Yoko Ono a-t-elle joué dans The White Album ?
  • Pourquoi Yoko Ono préfère-t-elle The White Album à Sgt. Pepper’s ?
  • Quelle était l’opinion de John Lennon sur The White Album ?

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