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Pourquoi « Ding Dong, Ding Dong » de George Harrison Est l’Hymne Oublié du Nouvel An

Publié le 02 janvier 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Lorsqu’il est question de musique de fin d’année, l’imaginaire collectif se tourne spontanément vers Noël. Les Beatles ne font pas exception à cette tendance : John Lennon a composé « Happy Xmas (War Is Over) », Paul McCartney a sorti « Wonderful Christmastime », et Ringo Starr a dédié un album entier à la période festive avec I Wanna Be Santa Claus. Dans ce panorama, l’ancien Beatle George Harrison est souvent considéré comme le seul à ne pas avoir tenté l’aventure de la chanson de Noël. Or, si George n’a jamais enregistré de morceau explicitement « natal », il a néanmoins signé un hymne saisonnier… pour le Nouvel An. Ce titre, « Ding Dong, Ding Dong », est une petite anomalie dans la discographie Beatles en solo. Malgré sa fraîcheur et sa sincérité, il demeure moins populaire que ses homologues de décembre, pour une raison bien précise : la culture pop valorise bien davantage la fête de Noël que celle du Nouvel An.

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George Harrison et le mythe de la chanson de Noël manquante

Le goût de George pour la spiritualité et ses prises de position parfois intenses l’ont incité à explorer différentes thématiques dans ses chansons. Pourtant, contrairement à Lennon, McCartney ou Starr, il ne s’est jamais lancé dans une chanson de Noël. Après tout, Harrison était déjà suffisamment occupé par ses réflexions métaphysiques, son exploration du raga rock et, occasionnellement, ses titres pop plus légers.

Au lieu d’un single sur la magie de Noël, George Harrison offre donc « Ding Dong, Ding Dong », un morceau dédié au changement d’année. Sorti en 1974, ce titre à l’esprit festif et au texte relativement simple célèbre avant tout la fin d’un cycle et le renouveau qu’on espère chaque premier janvier. Dans le paysage musical qui privilégie les chants de Noël, cette chanson du Nouvel An peut sembler à contre-courant.

Des sonorités de Noël, un message de Nouvel An

Si Harrison choisit de célébrer le Nouvel An, « Ding Dong, Ding Dong » n’en emprunte pas moins les codes de la musique de saison. L’utilisation marquée des cloches évoque inévitablement la tradition de Noël, un écho au fameux Wall of Sound de Phil Spector qui a tant marqué le genre : l’album A Christmas Gift for You from Phil Spector a en effet imposé un style sonore festif qu’on associe désormais aux fêtes de fin d’année.

Pour autant, « Ding Dong, Ding Dong » incarne bien l’esprit du Nouvel An, cette fête du renouveau et de la volonté de s’améliorer. Contrairement aux traditionnelles complaintes d’amour, la chanson lance un appel à se délester de ses fardeaux passés pour mieux aborder l’avenir : « Ring out the old, ring in the new ». Sur le plan musical, la production renvoie directement à l’ambiance joyeuse du passage à la nouvelle année, tout en s’inscrivant dans la veine pop-rock caractéristique du George Harrison des années 1970.

Un succès modeste, mais sincère

Côté succès, « Ding Dong, Ding Dong » ne rivalise pas avec « Imagine » ou « My Sweet Lord » — ni même avec les morceaux de Noël de Lennon, McCartney ou Starr. Elle atteint la 36e place au Billboard Hot 100, signant donc un succès relatif. Au Royaume-Uni, elle culmine à la 38e place dans les charts, sans parvenir à marquer les esprits comme ont pu le faire certains classiques de Noël.

Cette moindre popularité s’explique surtout par un fait culturel : les chansons de Noël dominent largement les playlists festives, reléguant les hymnes du Nouvel An à un rôle secondaire. Alors que la période de décembre voit réapparaître année après année les mêmes cantiques, la fenêtre dédiée au Nouvel An reste plus courte et moins pérenne, réduisant d’autant la présence médiatique d’une chanson comme « Ding Dong, Ding Dong ».

« Ding Dong, Ding Dong » dans l’histoire de George Harrison

Le morceau figure sur l’album Dark Horse (1974), conçu à une période où Harrison traversait des enjeux personnels et créatifs complexes. Après Living in the Material World, il se lance dans plusieurs projets : collaborations, albums satellites (Splinter, Ravi Shankar) et l’organisation du festival de musique Shankar Family & Friends. Lors de la sortie de Dark Horse, l’accueil critique est partagé : certains regrettent un niveau de finition inégal, tandis que d’autres saluent la sincérité et la fraîcheur de certains titres, dont « Ding Dong, Ding Dong ».

Harrison lui-même semble conscient de l’aspect brut et légèrement bâclé de certaines pistes, ayant dû gérer mille projets à la fois. Pourtant, le sens festif et la production qui intègre des cloches à la manière de Spector confèrent à « Ding Dong, Ding Dong » un charme particulier, faisant de ce morceau un hymne du Nouvel An sous-estimé.

Un Hymne du Nouvel An passé sous silence

« Ding Dong, Ding Dong » illustre le paradoxe d’une chanson à la fois accessible, joyeuse et attachée à des symboles festifs (cloches, message de renouveau), mais qui n’a jamais atteint la notoriété des grands classiques de Noël. Dans un monde où la culture pop met systématiquement l’accent sur la fête de Noël, la beauté de ce morceau réside dans son alignement sur l’esprit du Nouvel An, période de résolutions et de transformations.

George Harrison, habituellement pris dans des considérations plus spirituelles ou introspectives, livre avec « Ding Dong, Ding Dong » une chanson lumineuse et positive, témoignant de sa capacité à explorer plusieurs facettes de la pop-rock. Même si elle reste moins connue que d’autres titres issus de la sphère Beatles, cette chanson enjouée mérite une place dans les playlists de fin d’année, pour rappeler que le Nouvel An peut lui aussi avoir son hymne, tout aussi réjouissant que ceux de la fête de Noël.


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