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Pourquoi Ian Anderson de Jethro Tull préfère Pink Floyd aux Beatles

Publié le 05 janvier 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Les classiques sont souvent considérés comme intemporels pour une raison, mais cela ne signifie pas qu’ils plaisent à tout le monde. Parfois, un artiste ou un album peut être associé à un style ou un mouvement musical qui ne résonne tout simplement pas avec vous. Peut-être que l’esthétique d’un artiste adulé par beaucoup vous laisse indifférent, ou pire, vous agace. Par exemple, on peut ne pas aimer le folk et, bien que cela soit une excuse mince pour ne pas apprécier Nick Drake, c’est suffisant pour comprendre pourquoi certains passent à côté.

Nous avons tous au moins une opinion tranchée sur un grand artiste ou un album qui ne déclenche pas l’étincelle dans nos récepteurs de plaisir musicaux. C’est précisément ce qui rend la critique musicale si fascinante : elle permet d’échanger sans fin sur ce qui est bon ou non. Que vous soyez d’accord ou non avec un classement ou une critique, vous reviendrez toujours pour lire des listes et partager vos sentiments, qu’il s’agisse de se sentir validé ou de s’indigner devant des choix discutables.

Ces différences d’opinions, bien que souvent triviales, peuvent parfois ouvrir une fenêtre sur des perspectives plus vastes et offrir un aperçu des nuances de nos sensibilités artistiques. C’est ce genre de débat qui fait ressortir la complexité de la musique et de ses interprétations.

Ian Anderson et sa vision contrastée des albums de 1967

Pour Ian Anderson, leader deJethro Tull, son amour pour le folk traditionnel et le rock psychédélique a façonné non seulement ses goûts mais aussi sa carrière. On pourrait penser que des albums commeSgt. Pepper’s Lonely Hearts Club BanddesBeatlesauraient eu une influence majeure sur lui, tout commeThe Piper at the Gates of DawndePink Floyd. Cependant, dans une interview avecLouder Sound, Anderson révèle que ce n’est pas le cas.

Selon Anderson, bien que les deux albums soient sortis en 1967 et qu’ils se soient disputé l’attention des fans de pop progressive, c’est le premier opus de Pink Floyd qui a capté son intérêt. « LesBeatlesétaient un groupe pop, » a-t-il déclaré, « donc je trouvais leur musique un peu artificielle, un peu mièvre. » Utiliser le terme « mièvre » pour décrireSgt. Pepper’speut sembler être une insulte sévère, mais Anderson justifie son choix.

« J’aimais davantage l’aspect auteur-compositeur chez Pink Floyd. Les chansons de Syd Barrett étaient étranges et drôles, et elles complétaient parfaitement les parties instrumentales radicales et psychédéliques du groupe. » Pour Anderson, l’excentricité et l’approche expérimentale de Barrett surpassaient l’éclat pop desBeatles.

Sgt. Pepper’s et les accusations de mièvrerie

Bien sûr, lesBeatleseux-mêmes n’étaient pas étrangers à l’expérimentation psychédélique à l’époque deSgt. Pepper’s. Cependant, des morceaux commeWithin You Without You, la quête spirituelle deGeorge Harrison, enchaînés avec des titres commeWhen I’m Sixty-FourdePaul McCartney, souvent qualifiés de « musique de grand-mère », donnent du poids aux critiques d’Anderson sur leur approche parfois trop légère.

Anderson approfondit sa réflexion en expliquant la différence entre les deux albums : « Vous voyiez des images et les présentiez avec des mots et du son, plutôt que comme des peintures. » Selon lui,The Piper at the Gates of Dawnexplorait davantage l’inconnu et l’étrange queSgt. Pepper’s. En ce sens, pour Anderson, Pink Floyd incarnait mieux l’essence de la musique psychédélique.

En fin de compte, ce contraste illustre à quel point des goûts musicaux différents peuvent façonner des parcours créatifs uniques. SiSgt. Pepper’sreste une pierre angulaire de l’histoire musicale, il est clair qu’il ne peut pas plaire à tout le monde, même à une légende comme Ian Anderson.

https://www.youtube.com/watch?v=wUDRIC5RSX4


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