Aucun groupe ne peut prétendre créer quelque chose de totalement original. Bien qu’un artiste puisse habiller une chanson d’une manière unique, il est souvent possible de deviner les influences qui ont nourri sa création. MêmePaul McCartney, qui a redéfini les codes de la pop avec lesBeatles, n’a pas hésité à puiser dans l’héritage d’un rockeur emblématique lorsqu’il a lancé sa carrière solo.
Dès les débuts desFab Four, il était évident qu’ils s’inspiraient de ce qu’ils entendaient à la radio. Tandis que la plupart des groupes de Liverpool suivaient les traces deChuck BerryetLittle Richard, McCartney, lui, puisait partout, explorant le passé pour ses chansons dites de « musique de grand-mère » ou les sonorités R&B pour façonner ses ballades.
Buddy Holly : une influence clé
Parmi les inspirations les plus marquantes de McCartney,Buddy Hollytient une place particulière. Bien que moins flamboyant que des artistes commeElvis Presley, Holly s’est distingué par son talent brut et ses compositions innovantes. Avec des titres commeThat’ll Be The DayetWords of Love, il a prouvé que le rock pouvait aussi être subtil et ingénieux.
Holly savait subvertir les attentes. Par exemple, dansPeggy Sue, une chanson apparemment simple, il introduit un accord inattendu (un F) dans le pont, apportant une touche exotique à une structure classique en blues à 12 mesures. Ce genre de détails a eu un impact durable sur McCartney.
« Eat At Home » : un hommage à Holly
Lors de l’enregistrement deEat At Homepour l’albumRAM, McCartney a reconnu l’influence directe de Holly : « Sur le plan musical,Eat At Homedoit beaucoup à l’exemple de Buddy Holly, une immense inspiration pour lesBeatleslorsque nous étions jeunes. » Il a même mentionné un clin d’œil spécifique : « J’ai modifié la tendance de Buddy Holly à imiter une hésitation de la parole en introduisant un bêlement de mouton dans la phrase ‘eat in be-e-e-e-d’. »
Dans le contexte deRAM, un album qui revient à une manière artisanale et intime de composer, il semble naturel que McCartney se soit tourné vers les artistes qui l’avaient encouragé à écrire en premier lieu. La simplicité de la chanson offrait également à Linda McCartney, peu expérimentée au chant, l’opportunité de s’impliquer davantage.
Un retour aux racines
Bien queEat At Homene soit pas l’œuvre la plus originale de McCartney, elle représente un retour sincère à ses racines. Avec son esprit simple et domestique, la chanson reflète une approche musicale qui rappelle ce queLet It Beaurait pu être si lesBeatlesavaient eu l’occasion de l’approfondir davantage. Pour l’instant, nous devons nous contenter de cette petite pépite de bonheur familial.
https://www.youtube.com/watch?v=0tSzw11FvY8
