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De The Quarrymen à la légende : l’histoire des débuts des Beatles

Publié le 10 janvier 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

L’histoire des Beatles, considérés comme l’un des plus grands groupes de tous les temps, ne se résume pas qu’à l’épopée de John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr. L’image intemporelle des « Fab Four » surgissant avec Please Please Me en 1963, puis conquérant l’Amérique en 1964 et déclenchant la « Beatlemania », occulte souvent les nombreuses péripéties qui ont précédé l’arrivée de Ringo. En effet, bien avant que le groupe ne s’installe dans sa formation définitive, d’autres musiciens ont appartenu à l’aventure. On peut penser à Stuart Sutcliffe, l’ami artiste de Lennon, ou encore au premier batteur officiel des Beatles, Pete Best, qui fut écarté à la dernière minute pour laisser place à Ringo Starr. Pour les fans qui fréquentaient la scène musicale de Liverpool à la fin des années 1950, l’histoire du groupe remonte donc plus loin qu’on ne l’imagine, commençant avec des adolescents curieux de rock and roll, un certain John Lennon et son groupe de lycée, The Quarrymen.

Dans ce texte, nous retraçons l’évolution des Beatles depuis leur genèse chez The Quarrymen jusqu’au recrutement de Ringo Starr, montrant comment, au fil de départs, de recrutement et d’opportunités, s’est formé le groupe légendaire que le monde entier connaît aujourd’hui.

Sommaire

  • The Quarrymen : les vraies racines des Beatles
  • Du changement d’identité à l’arrivée de Stuart Sutcliffe
    • Le passage de The Quarrymen à « The Beatles » (1960)
    • Stuart Sutcliffe, l’ami d’école de John (janvier 1960 – été 1961)
  • Hambourg : le tremplin fondateur et l’arrivée de Pete Best
    • Le manque d’un batteur permanent
    • L’audition de Pete Best (août 1960)
    • L’impact de Hambourg (1960-1962)
  • Vers la première percée : auditions et contrat avec EMI
    • Brian Epstein, le nouveau manager (fin 1961)
    • George Martin : un producteur clé
  • Le départ de Pete Best et l’arrivée de Ringo Starr
    • Une décision brusque et controversée (août 1962)
    • Le choix de Ringo Starr
  • Le début de la Beatlemania : la formation définitive (1963-1964)
    • L’année 1963 : Please Please Me et la conquête du Royaume-Uni
    • L’invasion américaine (début 1964)
  • Quelques précisions sur Pete Best et Stuart Sutcliffe
    • Pete Best, un ex-membre culte
    • Stuart Sutcliffe, l’âme artistique disparue trop tôt
  • De The Quarrymen aux Fab Four
  • Cet article répond aux questions suivantes :

The Quarrymen : les vraies racines des Beatles

John Lennon et la création des Quarrymen (1956-1957)

C’est au milieu des années 1950 que John Lennon, collégien à la Quarry Bank High School (d’où le nom du futur groupe), s’embarque dans l’aventure musicale en formant, avec des camarades de classe, un petit ensemble skiffle appelé « The Quarrymen ». À l’époque, la Grande-Bretagne est marquée par l’explosion du skiffle, une musique populaire mélangeant folk, jazz et country, introduite par Lonnie Donegan. Dans ce climat, Lennon s’entoure d’amis comme Pete Shotton, Eric Griffiths, Rod Davis ou encore Len Garry. Les Quarrymen se produisent alors lors de fêtes scolaires ou dans de petits lieux de Liverpool, imitant leurs idoles (Elvis Presley, Chuck Berry, etc.).

La rencontre avec Paul McCartney (juillet 1957)

Le 6 juillet 1957 est souvent cité comme un moment fondateur : lors d’une kermesse paroissiale à Woolton, Paul McCartney assiste à une représentation des Quarrymen et est présenté à John Lennon. Lennon, impressionné par la maîtrise de McCartney à la guitare et son oreille musicale, lui propose rapidement de rejoindre le groupe. L’alchimie est presque immédiate : John et Paul commencent à composer ensemble, posant les bases du formidable tandem Lennon/McCartney qui marquera bientôt l’histoire de la pop music.

L’intégration de George Harrison (début 1958)

La véritable étincelle se produit quand George Harrison, alors à peine âgé de 14-15 ans, est introduit au groupe à la demande de McCartney. Bien que plus jeune, Harrison s’avère un guitariste talentueux, passionné par le rock and roll américain. Après quelques hésitations de Lennon (qui trouvait George un peu « gamin »), Harrison est finalement admis dans l’orbite des Quarrymen, ce qui amorce le noyau futur des Beatles.

Au fur et à mesure de leurs jam-sessions et de leurs petits concerts, l’ensemble se fait un peu plus rock, beaucoup moins skiffle. Cela déplaît à certains des membres originels, qui finissent par partir, ne laissant plus que Lennon, McCartney et Harrison comme pilier central.

Du changement d’identité à l’arrivée de Stuart Sutcliffe

Le passage de The Quarrymen à « The Beatles » (1960)

Vers 1959-1960, la ligne musicale des Quarrymen a évolué : elle s’inspire de Buddy Holly, de Little Richard, de Gene Vincent. Les trois jeunes musiciens cherchent un nom plus moderne. Plusieurs appellations sont testées (Johnny and the Moondogs, The Beatals, The Silver Beetles), jusqu’au baptême définitif du groupe sous le nom de « The Beatles », un jeu de mots mêlant le terme « beat » (rythme) et « beetle » (scarabée), tout en rendant hommage aux Crickets de Buddy Holly.

Stuart Sutcliffe, l’ami d’école de John (janvier 1960 – été 1961)

Parallèlement, l’admission de Stuart Sutcliffe, ami proche de Lennon, apporte une touche intéressante au groupe. Sutcliffe n’est pas seulement musicien (il joue la basse), c’est également un artiste peintre prometteur à l’École d’Art de Liverpool. Son style bohème et avant-gardiste influence l’esthétique du groupe, notamment dans la phase Hambourg. Sutcliffe vit cependant une expérience contrastée : s’il tient la basse, ses compétences instrumentales sont limitées et il peine à s’imposer. Quand il tombe amoureux d’Astrid Kirchherr en Allemagne, il décide de se consacrer à l’art, quittant le groupe en 1961. Tragiquement, il décédera un an plus tard d’une hémorragie cérébrale, avant même de voir ses anciens camarades atteindre la gloire.

Hambourg : le tremplin fondateur et l’arrivée de Pete Best

Le manque d’un batteur permanent

Au début de l’année 1960, il devient clair que le trio Lennon-McCartney-Harrison a besoin d’un batteur fixe, surtout quand un contrat arrive pour jouer dans les clubs de Hambourg. Ces clubs réputés pour accueillir des groupes rock, généralement ouverts toute la nuit, offrent un terrain d’entraînement intense pour de jeunes musiciens cherchant à affûter leur jeu en multipliant les sets quotidiens.

L’audition de Pete Best (août 1960)

Avant de s’embarquer pour Hambourg, le groupe auditionne plusieurs batteurs. Pete Best, fils de la propriétaire du Casbah Coffee Club où les Beatles ont déjà joué, décroche le poste. Avec sa coupe de cheveux « à la Elvis » et son style direct, il accompagne les Beatles pour leurs engagements, tant à Hambourg qu’à Liverpool, durant les deux années suivantes. Best incarnera donc le premier « vrai » batteur officiel du groupe, devenu rapidement un membre stable.

L’impact de Hambourg (1960-1962)

La période allemande (plusieurs séjours de quelques mois) est cruciale : confrontés à un public exigeant et à des journées musicales éreintantes, les Beatles consolident leur cohésion et leur répertoire. Les nuits sont longues, l’ambiance intense, parfois sulfureuse (boîtes de strip-tease, bar à marins). Lennon, McCartney, Harrison et Best jouent jusqu’à huit heures par nuit, trouvant dans cette effervescence de quoi forger une présence scénique incomparable. Sutcliffe, qui les avait accompagnés lors du premier séjour, quitte le navire à Hambourg, laissant McCartney reprendre la basse. Les quatre restants continuent l’aventure jusqu’au début de 1962.

Vers la première percée : auditions et contrat avec EMI

Brian Epstein, le nouveau manager (fin 1961)

À Liverpool, la réputation grandissante des Beatles attire l’attention de Brian Epstein, jeune disquaire ambitieux. Intrigué par leur popularité au Cavern Club, Epstein leur propose d’être leur manager. Accepté en janvier 1962, il s’attèle à leur décrocher un contrat discographique. C’est à ce moment que l’audition auprès de Decca Records (1er janvier 1962) se solde par un échec : selon la légende, les exécutifs auraient jugé que « les groupes à guitares sont en voie de disparition ».

George Martin : un producteur clé

Malgré ce refus, la bande audio de cette audition parvient aux oreilles de George Martin, producteur chez EMI (division Parlophone). Martin est intrigué. Il accepte de rencontrer les Beatles, lui aussi persuadé qu’il y a un potentiel dans leurs voix et leur énergie rock. La première session avec Martin, en juin 1962, se révèle mitigée pour un point : il n’est pas convaincu par la batterie de Pete Best. L’argument : la section rythmique doit être « la colonne vertébrale » d’un groupe de rock, et Best ne paraît pas offrir la dynamique souhaitée.

Le départ de Pete Best et l’arrivée de Ringo Starr

Une décision brusque et controversée (août 1962)

Alors que le groupe s’apprête à entamer une nouvelle étape de leur carrière (un début de contrat EMI), Brian Epstein, sur la recommandation de George Martin, procède à un choix décisif. Pete Best est congédié, contre l’avis d’une frange de fans qui apprécient son style « ténébreux ». Epstein pense que sans un changement rapide, l’entité Beatles pourrait pâtir d’une rythmique insuffisante. Il déclara plus tard : « Si le groupe devait rester heureux, Pete Best devait partir. »

Best effectuera son dernier concert avec les Beatles le 15 août 1962. Beaucoup de supporters se sentiront trahis ; certains manifesteront même en brandissant des pancartes hostiles. Mais le groupe, déterminé, avance : il s’agit d’une décision stratégique pour progresser.

Le choix de Ringo Starr

Dès lors, l’idée est d’intégrer à la batterie Ringo Starr (de son vrai nom Richard Starkey). Ringo est déjà connu localement : batteur des Hurricanes de Rory Storm, il a occasionnellement remplacé Pete Best lors de concerts, s’entendant bien avec Lennon, McCartney et Harrison. Trois jours après le départ de Best, Ringo Starr prend officiellement place derrière les fûts. Il apparaît en concert pour la première fois avec les Beatles le 18 août 1962.

Là encore, certains fans, surnommés les « Best-ites », crient au scandale. Mais très vite, Ringo se montre un batteur solide, avec un style moins spectaculaire mais efficace, une excellente assise rythmique et une personnalité chaleureuse, contribuant à la bonne dynamique interne du groupe.

Le début de la Beatlemania : la formation définitive (1963-1964)

L’année 1963 : Please Please Me et la conquête du Royaume-Uni

Enregistré rapidement, l’album Please Please Me sort en mars 1963 et grimpe immédiatement au sommet des charts britanniques. Les Beatles deviennent un phénomène national, aidés par un sens inné de la mélodie (le tandem Lennon/McCartney est déjà très actif), des voix complémentaires et le groove assuré de la paire Harrison (guitare) – Starr (batterie). Les concerts se transforment en émeutes de fans ; la Beatlemania est en gestation.

L’invasion américaine (début 1964)

La notoriété franchit l’Atlantique l’année suivante, quand, en février 1964, les Beatles débarquent aux États-Unis. Leur apparition à l’Ed Sullivan Show, suivie par des millions de téléspectateurs, marque une date clé : la Beatlemania devient mondiale. Toute l’Amérique craque pour les quatre garçons dans le vent. Les numéros un s’enchaînent (« I Want to Hold Your Hand », « She Loves You »), et l’album Meet the Beatles! inonde le marché américain.

Quelques précisions sur Pete Best et Stuart Sutcliffe

Pete Best, un ex-membre culte

Malgré son éviction, Pete Best reste une figure culte dans l’univers Beatles. Pendant des décennies, beaucoup s’interrogeront sur ce qu’auraient été les Beatles avec lui. Best poursuit une carrière musicale modeste, avant de s’éloigner du circuit. Avec le temps, il restera un symbole de l’« homme qui aurait pu être », un cas typique de membre écarté juste avant un succès planétaire.

Stuart Sutcliffe, l’âme artistique disparue trop tôt

Stuart Sutcliffe, parfois surnommé le « cinquième Beatle », quitte le groupe en 1961 pour se consacrer à la peinture. Amoureux de la photographe Astrid Kirchherr, il demeure à Hambourg où il meurt d’une hémorragie cérébrale en avril 1962, à 21 ans. Son influence esthétique sur le groupe (coiffures, style vestimentaire) est reconnue, même s’il n’a pas pu assister à l’explosion de popularité des Beatles.

De The Quarrymen aux Fab Four

La route des Beatles ne commence donc pas en 1963. Au contraire, tout un processus a jalonné leur genèse : un groupe de skiffle adolescent (The Quarrymen), des ajouts successifs de musiciens (Paul McCartney, George Harrison, Stuart Sutcliffe), l’intégration de Pete Best, des séjours harassants à Hambourg, puis le licenciement brutal de Best en faveur de Ringo Starr. Lorsqu’ils s’apprêtent à enregistrer Please Please Me, la formation Lennon/McCartney/Harrison/Starr est enfin établie et prête à conquérir le monde.

Le public retient généralement l’image du quatuor uni que l’histoire a sacré, mais les coulisses témoignent de tâtonnements, de remaniements, de hasards heureux (comme la rencontre avec Brian Epstein et George Martin) et de décisions difficiles (éjecter Pete Best). Finalement, c’est ce chemin sinueux qui a forgé la dynamique si spéciale des Beatles et leur incroyable succès. Ainsi, la question « Quand Ringo Starr a-t-il rejoint les Beatles ? » se voit répondre précisément : en août 1962, remplaçant Pete Best et bouclant le puzzle mythique. À partir de là, John, Paul, George et Ringo deviennent les « Fab Four », révolutionnant la musique pop à jamais.

Cet article répond aux questions suivantes :

  • Comment les Beatles ont-ils commencé sous le nom de The Quarrymen ?
  • Qui étaient les premiers membres des Beatles avant leur formation classique ?
  • Pourquoi Pete Best a-t-il quitté les Beatles ?
  • Quel rôle George Martin a-t-il joué dans l’arrivée de Ringo Starr ?
  • Quand et comment Ringo Starr a-t-il rejoint les Beatles ?

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