Magazine Culture

Bring On The Lucie : John Lennon et son dernier cri politique

Publié le 20 janvier 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Née en plein bouleversement, Bring On The Lucie (Freda Peeple) est l’une des dernières grandes chansons politiques de John Lennon. Véritable pont entre son engagement public et son retour à une vie plus privée, cette chanson incarne sa vision d’un monde plus juste tout en dénonçant les injustices sociales et politiques de son époque.

Sommaire

Un engagement politique marqué

Durant les années 1960, les Beatles se sont alignés avec le mouvement contre-culturel, en soutenant les droits civiques et en s’opposant à la guerre du Vietnam. Parmi eux, Lennon s’est immergé le plus profondément dans cette cause, devenant un fervent militant pour la paix à l’aube des années 1970. Son mariage avec Yoko Ono a renforcé cet engagement, comme en témoigne leur célèbre “Bed-In for Peace” à Amsterdam en mars 1969, qui donna naissance à l’hymne pacifiste Give Peace A Chance.

En 1971, après leur déménagement à New York, Lennon et Ono se sont rapprochés d’activistes comme Jerry Rubin et Abbie Hoffman. Cet engagement atteignit son paroxysme en 1972 avec l’album Some Time In New York City, un manifeste musical abordant des causes politiques variées telles que les droits des prisonniers, le féminisme, l’indépendance de l’Irlande du Nord et la corruption policière.

Concevoir Mind Games

Après les critiques mitigées de Some Time In New York City et sous pression politique, Lennon amorça une transition vers des sujets plus introspectifs avec l’album Mind Games. Enregistré au printemps 1973, cet album reflète ses sentiments personnels, notamment son dévouement envers Yoko et ses regrets, dans des morceaux tels que Out The Blue, Aisumasen (I’m Sorry) et I Know (I Know).

La naissance de Bring On The Lucie (Freda Peeple)

Conçue à l’origine en 1971 sur une guitare resonator National, Bring On The Lucie était une simple progression d’accords accompagnée du refrain “Free the people.” Trop incomplète pour figurer sur Some Time In New York City, elle fut retravaillée pour Mind Games, devenant un titre incisif dénonçant la guerre et les oppressions sociales.

Le morceau repose sur un groove funky, avec la basse bondissante de Gordon Edwards, la batterie énergique de Rick Marotta et Jim Keltner, et le pedal steel envoûtant de “Sneaky” Pete Kleinow. Les claviers subtils de Ken Ascher et les guitares frissonnantes de David Spinozza complètent cette ambiance, mettant en valeur la voix mordante de Lennon.

Un message universel

Les paroles de Lennon visent directement ses adversaires politiques, notamment Richard Nixon, alors président des États-Unis. “We don’t care what flag you’re waving / We don’t even want to know your name,” chante-t-il, appelant à la libération des opprimés avec le refrain “Free the people.” Ce message, bien que général, faisait aussi référence à des plans pour libérer des prisonniers incapables de payer leur caution, un projet porté par Lennon, Ono et Rubin avec le “Rock Liberation Front.”

Un impact durable

Bien que Lennon ait rarement exploré des thèmes politiques après Bring On The Lucie, son influence se fait encore sentir. Le morceau a été repris par Julie Felix en 1980 et Richard Ashcroft en 2021, et a inspiré des chansons comme Just Lookin’ et Just When You’re Thinkin’ Things Over des Charlatans. Utilisée dans le générique de fin du film Children of Men, cette chanson reste un puissant témoignage de l’engagement de Lennon pour la justice sociale et la paix.


Retour à La Une de Logo Paperblog