Comme vous le savez sans doute, cette année l’album des Wings “Venus and Mars” fêtera son 50eme anniversaire. A cette occasion, il bénéficiera d’une superbe réédition disponible dès le 21 mars 2025 (voir notre article). A cette occasion, nous allons vous proposer, tous les jours, un article spécial pour découvrir ou redécouvrir ce disque que nous adorons. N’hésitez pas à nous rejoindre sur les réseaux sociaux pour partager votre avis avec notre communauté de fans.
En 1975, Paul McCartney & Wings livrent Venus And Mars, un album conçu comme une invitation à un spectacle musical planétaire. Dès son ouverture, l’album plonge l’auditeur dans l’univers du rock live avec Venus And Mars, immédiatement enchaîné à Rock Show, un morceau énergique et festif célébrant l’excitation des grandes tournées.
Avec Rock Show, McCartney crée une ode vibrante au monde du rock’n’roll, entre témoignage et exagération, capturant l’euphorie des concerts et la mythologie des salles mythiques comme le Madison Square Garden, le Concertgebouw d’Amsterdam ou encore le Hollywood Bowl.
Ce morceau, à la fois puissant et légèrement ironique, est un des plus emblématiques de Wings, bien qu’il n’ait pas connu un succès commercial retentissant en single. Cependant, son énergie a transcendé les décennies, en faisant un incontournable des tournées live de McCartney.
Sommaire
- Une célébration du rock et de la vie sur la route
- Une genèse en studio tumultueuse
- Les musiciens et leurs contributions
- Sortie et réception du public
- Un morceau conçu pour le live
- Analyse et signification
- Héritage et redécouverte
- Une célébration du rock et de son univers
- Les paroles de la chanson
- Traduction de la chanson
- Pour aller plus loin :
Une célébration du rock et de la vie sur la route
Dès l’origine, Rock Show est pensé comme une hymne à l’expérience des concerts. Dans ses paroles, McCartney peint un tableau coloré et exubérant du monde du spectacle, décrivant la montée en puissance d’un événement musical à grande échelle.
Le morceau fait référence aux stades et salles mythiques où Wings et d’autres légendes du rock se produisent, mais il évoque aussi l’ambiance des coulisses, l’excitation des fans et même les restrictions parfois imposées par les autorités locales sur le volume sonore.
Dans une interview, McCartney se souvient de cette époque où la musique live était parfois réglementée :
« On avait des compteurs de décibels. Aujourd’hui, les gens n’y prêtent plus attention, mais dans les années 70, certaines municipalités envoyaient des gars qui restaient là, devant toi, et si le son dépassait un certain seuil, ils le rapportaient. »
– Paul McCartney, The Lyrics: 1956 To The Present
Malgré ces contraintes, Rock Show célèbre la romance du rock’n’roll, avec ses longues tournées, son public déchaîné et ses lieux emblématiques.
Une genèse en studio tumultueuse
McCartney commence à travailler sur Rock Show dès 1974, alors qu’il cherche un morceau qui capturerait l’énergie brute des concerts. Initialement intitulé Rock And Roll Show, la chanson est enregistrée à plusieurs reprises avant de trouver sa forme définitive.
Le premier enregistrement a lieu le 1er novembre 1974 à Abbey Road, où Wings réalise 16 prises. La meilleure version dure 7 minutes 09, mais McCartney n’est pas satisfait du résultat.
Deux autres sessions ont lieu les 14 et 15 novembre, puis une dernière tentative est lancée le 27 janvier 1975 au Sea Saint Recording Studio de New Orleans, sous la direction du producteur Allen Toussaint.
Cette version est retravaillée lors de plusieurs sessions ultérieures :
- 5 février 1975 : overdubs au Sea Saint Studios
- 26 février 1975 : ajouts d’instruments et voix aux Wally Heider Studios (Los Angeles)
- 6 et 7 mars 1975 : finalisation du mixage
« On a eu pas mal de soucis avec la batterie. Finalement, Jimmy McCulloch a ajouté une piste de batterie en overdub. Il était complètement ailleurs à ce moment-là, mais paradoxalement, ça a donné au morceau un feeling plus sale, plus brut. »
– Paul McCartney, Melody Maker, 1er avril 1978
L’enregistrement, bien que complexe, donne naissance à un morceau électrisant, regorgeant de guitares tranchantes, de claviers atmosphériques et d’une rythmique percutante.
Les musiciens et leurs contributions
Pour Rock Show, Wings s’appuie sur une formation élargie :
- Paul McCartney : Basse, clochettes, Mellotron, producteur, chant
- Linda Eastman / McCartney : Chœurs, clochettes, Moog, orgue
- Denny Laine : Chœurs, guitare électrique, clochettes
- Jimmy McCulloch : Guitare acoustique, chœurs, batterie, guitare électrique, clochettes, Moog
- Joe English : Chœurs, batterie, clochettes, percussions
- Allen Toussaint : Guitare électrique, piano
- Alan O’Duffy : Ingénieur du mixage, ingénieur du son
- Biff Dawes : Assistant ingénieur du mixage
- Kenneth Williams : Congas
- Ken Lexton : Assistant ingénieur du son
Enregistrement de la session : 27 janvier 1975 • Studio Sea-Saint Recording Studio, La Nouvelle-Orléans, États-Unis
Enregistrement de la session : 5 février 1975 • Studio Sea-Saint Recording Studio, La Nouvelle-Orléans, États-Unis
Overdubs de la session : 26 février, 6 et 7 mars 1975 • Studio Wally Heider Studios, Los Angeles, États-Unis
Mixage de la session : 20 mars 1975 • Studio Wally Heider Studios, Los Angeles, États-Unis
Le jeu de guitare incisif de McCulloch et Laine apporte une énergie brute, tandis que les touches de Moog et Mellotron ajoutées par Linda et Paul McCartney renforcent l’aspect cosmique du morceau.
Sortie et réception du public
Rock Show est publié pour la première fois sur l’album Venus And Mars, le 27 mai 1975 aux États-Unis et le 30 mai 1975 au Royaume-Uni.
Quelques mois plus tard, le 27 octobre 1975 aux États-Unis et le 28 novembre au Royaume-Uni, Venus And Mars/Rock Show sort en single, accompagné de Magneto And Titanium Man en face B.
Malgré son énergie et son potentiel radio-friendly, le single n’atteint que la 12ᵉ place du Billboard Hot 100, et ne parvient pas à entrer dans les charts britanniques, une première pour McCartney.
Toutefois, Rock Show gagne en popularité avec le temps, notamment grâce aux performances live de Wings.
Un morceau conçu pour le live
Dès le départ, McCartney envisage Rock Show comme un morceau destiné à la scène. Il devient rapidement un point central des concerts de Wings, notamment lors du Wings Over The World Tour (1975-76).
L’un des enregistrements les plus célèbres de Rock Show date du 27 mai 1976, au Riverfront Coliseum de Cincinnati. Ce live figure sur l’album Wings Over America et capture l’énergie du morceau dans un contexte scénique survolté.
En 2010-2011, puis en 2012, McCartney ressort Rock Show lors de ses tournées Up And Coming Tour et On The Run Tour, ravivant la flamme auprès d’un nouveau public.
Analyse et signification
Malgré son ton léger et son aspect presque caricatural, Rock Show reflète une réflexion de McCartney sur le statut du rock à l’époque. Le terme même de “Rock Show” l’embarrasse légèrement, comme il l’explique :
« Je ne me serais jamais décrit comme étant dans un “Rock Show”. Pour moi, c’était un “Rock and Roll Show”. ‘Tu es dans un groupe de rock ?’ Non, je suis dans un groupe de rock and roll. »
– Paul McCartney, The Lyrics: 1956 To The Present
Il y a donc dans Rock Show une tension entre l’amour du live et une forme de recul sur la culture du rock des années 70, qui devenait un phénomène de plus en plus institutionnalisé.
Héritage et redécouverte
Bien qu’il n’ait pas connu un succès phénoménal en single, Rock Show est devenu un classique incontournable du répertoire de McCartney.
En 2001, une version éditée du morceau a été intégrée dans la compilation Wingspan: Hits And History, permettant aux nouvelles générations de redécouvrir ce morceau explosif.
Une célébration du rock et de son univers
Avec Rock Show, McCartney célèbre tout ce qui fait la magie du rock live : l’excitation des concerts, la communion avec le public et l’adrénaline de la scène.
C’est une chanson qui incarne l’esprit d’une époque, celle des grandes tournées, des stades remplis et du rêve rock’n’roll.
Et même si McCartney reste parfois embarrassé par certaines paroles, les fans, eux, continuent de l’adorer – preuve que l’énergie pure du rock transcende les décennies.
Les paroles de la chanson
Whats that man holding in his hand?
He looks a lot like a guy I knew way back when
It’s silly willy with the Philly band
Could be….. Oo-ee…..
Tell me, what’s that man movin’ cross the stage?
It looks a lot like the one used by Jimmy Page
It’s like a relic from a different age
Could be….. Oo-ee…..
If there’s a ROCK SHOW
at the Concertgebouw
They’ve got long hair
at the Madison Square
You’ve got Rock and Roll
at the Hollywood Bowl
we’ll be there….
Oh yeah…
The lights go down
They’re back in town O.K.
Behind the stacks
you glimpse an axe
The tension mounts
you score an ounce, ole!
Temperatures rise as
you see the whites of their eyes…
If there’s a ROCK SHOW
at the Concertgebouw
You’ve got long hair
at the Madison Square
They’ve got Rock and Roll
at the Hollywood Bowl
we’ll be there….
Oh yeah…
In my green metal suit
I’m preparing to shoot up the city
And the ring at the end of my nose
makes me look rather pretty
It’s a pity there’s nobody here
to witness the end. . . . .
Save for my dear old friend and confidante
Mademoiselle Kitty
Whats that man movin’ to and fro?
That decibel meter doesn’t seem to be reading low.
But they was louder at the Rainbow
Could be – Oo-ee. . . . .
If there’s a ROCK SHOW
at the Concertgebouw
They’ve got long hair
at the Madison Square
You’ve got rock and roll
at the Hollywood Bowl
We’ll be there. . .
Oh yeah. . . . .
If there’s a ROCK SHOW…….. [Repeat]
Who’s that there? Oh, it’s you babe.
Come on now, we’re going down to the rock show.
Remember last week when I promised I was gonna buy a good seat at the rock show
Well I bought it
Come on now get your dress on, place your wig on straight.
We can’t be late, come on, we’ve got a date,
We’re goin’ down to the rock show.
Traduction de la chanson
Qu’est-ce que cet homme tient dans sa main ?
Il ressemble beaucoup à un type que j’ai connu autrefois
C’est Silly Willy avec le groupe de Philly
Ça pourrait être… Oo-ee…
Dis-moi, qui est cet homme qui traverse la scène ?
Ça ressemble beaucoup à celle qu’utilisait Jimmy Page
On dirait une relique d’une autre époque
Ça pourrait être… Oo-ee…
S’il y a un ROCK SHOW
au Concertgebouw
Ils ont les cheveux longs
au Madison Square
Tu as du Rock and Roll
au Hollywood Bowl
On y sera…
Oh ouais…
Les lumières s’éteignent
Ils sont de retour en ville, O.K.
Derrière les amplis
tu aperçois une guitare
La tension monte
tu t’offres un petit extra, olé !
La température grimpe
alors que tu vois le blanc de leurs yeux…
S’il y a un ROCK SHOW
au Concertgebouw
Ils ont les cheveux longs
au Madison Square
Ils ont du Rock and Roll
au Hollywood Bowl
On y sera…
Oh ouais…
Dans mon costume métallique vert
Je me prépare à faire trembler la ville
Et l’anneau au bout de mon nez
me donne un air plutôt joli
C’est dommage qu’il n’y ait personne ici
pour assister à la fin…
Sauf ma chère amie et confidente
Mademoiselle Kitty
Qui est cet homme qui va et vient ?
Ce sonomètre n’a pas l’air de montrer un volume faible
Mais ils étaient plus forts au Rainbow
Ça pourrait être… Oo-ee…
S’il y a un ROCK SHOW
au Concertgebouw
Ils ont les cheveux longs
au Madison Square
Tu as du Rock and Roll
au Hollywood Bowl
On y sera…
Oh ouais…
S’il y a un ROCK SHOW…….. [Répéter]
C’est qui là-bas ? Oh, c’est toi, bébé.
Allez viens, on descend au rock show.
Tu te souviens la semaine dernière, quand j’ai promis
que j’allais acheter une bonne place pour le rock show ?
Eh bien, je l’ai achetée !
Allez viens, mets ta robe, ajuste bien ta perruque.
On ne peut pas être en retard, allez, on a rendez-vous,
On descend au rock show.
Pour aller plus loin :
- Le livre “Paul McCartney, les années Wings (1970 – 1981) de Dominique Grandfils
- Notre dossier spécial sur les Wings
- Notre boutique spéciale Paul McCartney et Wings
