En 1986, Paul McCartney lance Pretty Little Head, un titre novateur de son album Press To Play. La chanson mélange influences tribales et sonorités électroniques des années 80, explorant une esthétique avant-gardiste. Coécrite avec Eric Stewart de 10cc, elle s’inspire de mythologies anciennes. Malgré son originalité, le morceau n’a pas rencontré de succès commercial, mais son retour dans les coffrets de 2022 témoigne de son caractère unique et de son ambition artistique.
En 1986, Paul McCartney, artiste en perpétuelle réinvention, sortPress To Play, un album qui marque une volonté d’explorer de nouvelles sonorités. Parmi les morceaux qui composent cet opus,Pretty Little Headse distingue par son approche expérimentale et sa production avant-gardiste. Ce titre, coécrit avec Eric Stewart de 10cc, représente une incursion singulière dans un univers à la fois tribal et moderne, où la technologie musicale des années 80 rencontre une imagerie presque mythologique. Pourtant, malgré son ambition artistique, la chanson n’a pas connu le succès escompté à sa sortie.
Sommaire
- Une genèse dans l’improvisation
- Une expérimentation sonore et lyrique
- Une sortie discrète mais un projet ambitieux
- Un clip aux accents cinématographiques
- Une œuvre en avance sur son temps
Une genèse dans l’improvisation
Comme souvent chez McCartney,Pretty Little Headnaît d’une session d’improvisation. Dans son studio de Hog Hill Mill, l’ancien Beatle s’installe derrière la batterie, tandis qu’Eric Stewart expérimente des sonorités aux claviers et que Jerry Marotta ajoute une touche percussive au vibraphone. Initialement intituléBack To Pepperland, ce morceau voit le jour sans véritable direction prédéfinie, dans un processus créatif cher à McCartney, hérité de son expérience avec les Beatles.
L’un des aspects les plus fascinants de la chanson réside dans ses paroles, dont l’origine est aussi instinctive que leur signification reste ouverte à l’interprétation. McCartney lui-même avoue avoir longuement réfléchi au mothillmen, une appellation qui surgit sans qu’il en saisisse immédiatement le sens. Il évoque alors l’influence de ses lectures sur l’égypte ancienne et les civilisations perdues, l’idée d’une tribu fictive descendant des montagnes, apportant soie et pierres précieuses pour leur princesse.
Une expérimentation sonore et lyrique
Pretty Little Headse distingue par une ambiance quasi tribale mêlée à des sonorités synthétiques très en vogue dans les années 80. La structure de la chanson repose sur des textures électroniques, des rythmes hypnotiques et un traitement vocal particulier qui donne une dimension éthérée à l’ensemble. L’influence de la new wave et de la techno naissante est palpable, et l’utilisation de l’électronique comme élément narratif reflète une audace qui rappelle certains travaux de Peter Gabriel ou Kate Bush.
L’évolution du morceau est également intéressante. à l’origine instrumental, il se transforme progressivement en chanson, McCartney ajoutant voix, percussions et lignes de basse. La version remixée par John ‘Tokes’ Potoker accentue encore cet aspect futuriste, en jouant sur les effets et la réverbération des voix.
Une sortie discrète mais un projet ambitieux
Sorti en single au Royaume-Uni le 27 octobre 1986,Pretty Little Headne connaît pas un grand succès commercial. Il ne reste que deux semaines dans les classements britanniques, atteignant péniblement la 76e place. La version 7” du single contient un remix signé Larry Alexander, tandis que l’édition 12” propose une version plus longue (6:56) retravaillée par Potoker, accompagnée d’un remix du titreAngry. Une édition cassette, limitée à 2 000 exemplaires, marque une première pour McCartney sur ce format.
Malgré son échec commercial, le titre fait son retour en 2022 dans le coffretThe 7″ Singles Box, qui compile l’ensemble des singles de McCartney.
Un clip aux accents cinématographiques
L’aspect narratif de la chanson est renforcé par un clip réalisé par Steve Barron, célèbre pour avoir signé des vidéos emblématiques des années 80 (Take On Med’A-ha,Billie Jeande Michael Jackson). Tourné à Londres le 18 octobre 1986, il met en scène une jeune fille, interprétée par Gabrielle Anwar, fuyant son domicile après une dispute entre ses parents. L’introduction du clip, qui reprend un extrait deShe’s Leaving Homedes Beatles, accentue le parallèle entre la quête d’émancipation de l’héroïne et le thème de la chanson.
Une œuvre en avance sur son temps
SiPretty Little Headn’a pas marqué l’histoire comme l’un des plus grands succès de McCartney, il n’en reste pas moins un titre fascinant par son audace et son atmosphère unique. à travers une fusion entre tribalité et modernité, l’ancien Beatle démontre une fois de plus sa capacité à repousser les frontières de son art.
Avec le recul, on peut voir dans cette chanson une tentative d’adaptation à l’air du temps, un désir d’exploration qui, bien que mal accueilli à l’époque, témoigne de la richesse créative d’un artiste toujours en quête de renouveau.
