Joey Molland, dernier membre survivant de Badfinger, s’est éteint à 77 ans, marquant la fin d’une époque pour ce groupe étroitement lié aux Beatles. Né à Liverpool, il rejoint Badfinger en 1969 et contribue à leurs succès comme “No Matter What” et “Day After Day”. Malgré une carrière marquée par les drames et la disparition tragique de ses compagnons, il a poursuivi son chemin en solo et honoré l’héritage des Fab Four. Son décès laisse un vide dans l’histoire du rock, mais sa musique demeure intemporelle.
Le monde du rock pleure aujourd’hui la disparition de Joey Molland, dernier survivant du groupe Badfinger, qui s’est éteint le 1er mars à l’âge de 77 ans. Figure discrète mais influente de la scène musicale britannique, Molland a laissé une empreinte indélébile sur le rock des années 70, notamment grâce à sa collaboration avec les Beatles et ses membres.
Sommaire
- De Liverpool à la légende du rock
- L’aventure Badfinger et l’ombre des Beatles
- Un destin tragique et des drames à répétition
- Un artiste résilient et une carrière solo remarquée
- Une disparition qui laisse un vide dans le monde du rock
De Liverpool à la légende du rock
Né à Edge Hill en 1947, Joey Molland a grandi dans un environnement où la musique était omniprésente. Inspiré par la vague rock and roll qui déferlait sur l’Angleterre, il s’est rapidement tourné vers la guitare. Sa première incursion dans l’industrie musicale remonte à 1967, lorsqu’il a rejoint Gary Walker & The Rain, un groupe où il a peaufiné son jeu de guitare et développé son style distinctif. Cette expérience lui a permis d’être repéré par Apple Records, le label des Beatles, qui l’a signé en 1968.
L’aventure Badfinger et l’ombre des Beatles
C’est en 1969 que Joey Molland rejoint Badfinger, groupe qui allait devenir un véritable phénomène sous la tutelle des Beatles. Initialement appelé les Iveys, le groupe change de nom en référence à “Bad Finger Boogie”, titre de travail de “With a Little Help from My Friends” de Lennon et McCartney. George Harrison et Paul McCartney voient en eux les héritiers de la pop britannique et leur offrent plusieurs opportunités en or : McCartney leur compose “Come and Get It”, qui devient un hit en 1970, tandis que George Harrison les implique dans “All Things Must Pass” et “The Concert for Bangladesh”.
Le son de Badfinger, porté par des mélodies accrocheuses et des harmonies vocales raffinées, s’impose rapidement. Des titres comme “No Matter What”, “Day After Day” ou “Baby Blue” les hissent au sommet des charts. Mais derrière ce succès, les tensions internes et les désaccords avec leur management vont fragiliser le groupe.
Un destin tragique et des drames à répétition
Malgré son talent et son rôle essentiel dans le succès du groupe, Joey Molland quitte Badfinger en 1974 en raison de conflits internes et d’une gestion désastreuse. Le groupe sombre alors dans une spirale dramatique, marquée par les suicides de Pete Ham en 1975 et de Tom Evans en 1983, deux événements tragiques qui ternissent l’héritage de Badfinger. Joey Molland, quant à lui, tente de garder vivante la musique du groupe, reformant Badfinger à plusieurs reprises et poursuivant une carrière solo.
Un artiste résilient et une carrière solo remarquée
Après son départ de Badfinger, Joey Molland fonde Natural Gas avec Jerry Shirley, mais l’aventure s’interrompt en 1977. Il poursuit alors une carrière solo, débutant avec l’album “After The Pearl” en 1983, suivi par plusieurs autres opus. Son jeu de guitare reste apprécié, et il est régulièrement sollicité pour des collaborations et des tournées hommage aux Beatles.
En 2019, il participe à une tournée célébrant les Beatles aux côtés de Todd Rundgren, Micky Dolenz, Christopher Cross et Jason Scheff, illustrant une dernière fois son profond attachement à l’héritage du Fab Four.
Une disparition qui laisse un vide dans le monde du rock
Joey Molland s’est éteint entouré de sa compagne Mary et de ses deux fils. Sa mort marque la fin d’une époque pour Badfinger, ce groupe maudit qui aurait pu connaître un destin tout autre sans les tumultes financiers et les drames personnels. Mais au-delà des tragédies, c’est son talent musical et sa passion indéfectible pour la musique qui restent gravés dans les mémoires.
Sa contribution à l’histoire du rock est inestimable. En tant que dernier témoin de l’époque où les Beatles prenaient sous leur aile un groupe prometteur, il a su perpétuer l’énergie et la magie d’une ère révolue, tout en construisant son propre chemin dans l’industrie musicale. Aujourd’hui, alors que la musique de Badfinger continue de résonner à travers les générations, Joey Molland rejoint ses anciens compagnons dans l’éternité du rock.
