Quand on parle des Beatles, il est facile de s’attarder sur leurs succès collectifs, leur révolution musicale et leur influence culturelle. Mais s’interroger sur un éventuel échec dans leur carrière ouvre des perspectives intéressantes, notamment lorsqu’on examine le parcours individuel de chaque membre après leur séparation en 1970. Ringo Starr, souvent considéré comme “le batteur des Beatles”, a su prouver qu’il était bien plus que cela. Alors, Ringo Starr a-t-il vraiment connu l’échec ? En revisitant sa carrière, il est clair que sa réussite solo, bien que parfois éclipsée par celle de Lennon, McCartney ou Harrison, est loin d’être négligeable.
Sommaire
- Ringo Starr : un rôle discret mais essentiel chez les Beatles
- Un démarrage en solo marqué par des succès éclatants
- “Photograph” : une ode à la nostalgie
- “You’re Sixteen” : une touche de légèreté rockabilly
- Une carrière solo variée et durable
- L’héritage de Ringo Starr : bien plus qu’un “simple batteur”
Ringo Starr : un rôle discret mais essentiel chez les Beatles
Avant de s’attarder sur ses succès en solo, il est important de revenir sur son rôle au sein des Beatles. Contrairement à ses trois comparses, Ringo Starr n’a jamais revendiqué une place centrale en tant que compositeur ou leader vocal du groupe. Toutefois, ses rares interventions au micro ont marqué les esprits. Des chansons comme “Yellow Submarine”, “With a Little Help From My Friends”, et “Octopus’s Garden” (qu’il a coécrite) montrent son talent pour incarner des morceaux empreints de légèreté et d’accessibilité. Sa voix chaleureuse et son style de jeu percussif unique étaient des éléments clés du son des Beatles.
Après la séparation du groupe, certains sceptiques se demandaient quelle direction Ringo prendrait. John Lennon lui-même confiait à Bob Harris, dans une interview pour The Old Grey Whistle Test : « Je suis heureux que tout le monde aille bien, je suis encore plus heureux que Ringo aille bien et qu’il se soit trouvé un bon créneau, parce que je savais que Paul irait bien. » Ces mots montrent que même Lennon, souvent critique envers ses anciens compagnons, avait une affection particulière pour Ringo et sa résilience.
Un démarrage en solo marqué par des succès éclatants
Après 1970, Ringo Starr surprend le public en s’imposant comme un artiste solo à part entière. Alors que beaucoup de batteurs peinent à sortir de l’ombre, Starr démontre qu’il a non seulement un charisme indéniable mais aussi un véritable sens de la mélodie et de la scène. En collaborant avec des amis de renom, dont George Harrison, il s’entoure des meilleurs pour ses débuts en solo.
“Photograph” : une ode à la nostalgie
Le premier véritable triomphe de sa carrière post-Beatles arrive en 1973 avec “Photograph”, coécrite avec George Harrison. Ce titre, à la fois émouvant et universel, explore le thème de la perte et du souvenir. Les paroles, « Every time I see your face, it reminds me of the places we used to go, but all I’ve got is a photograph, and I realize you’re not coming back », résonnent d’autant plus fort aujourd’hui, notamment après la disparition de Harrison en 2001. Ce morceau atteint rapidement la première place des charts aux États-Unis, devenant l’un des hymnes incontournables de Ringo.
“You’re Sixteen” : une touche de légèreté rockabilly
En 1974, Starr atteint à nouveau le sommet avec “You’re Sixteen (And You’re Mine)”, une reprise d’un morceau rockabilly des années 1960 écrit par les frères Sherman (célèbres pour leur travail chez Disney). Cette version, modernisée pour s’inscrire dans l’esthétique des années 70, met en lumière le sens de l’humour et le charme naturel de Ringo. Le clip, où il apparaît aux côtés de Carrie Fisher (encore inconnue à l’époque), ajoute une dimension cinématographique à son succès. Bien que certains aspects du morceau aient vieilli (notamment en raison des sensibilités modernes), il reste un moment emblématique de sa carrière.
Une carrière solo variée et durable
Le succès de Ringo Starr ne s’arrête pas à ces deux hits. Des morceaux comme “It Don’t Come Easy” et “Back Off Boogaloo” confirment son statut d’artiste incontournable au début des années 1970. Ces chansons, énergisantes et mélodiques, montrent qu’il est capable de captiver un public bien au-delà des fans des Beatles. Ce succès s’appuie également sur la présence de nombreux collaborateurs prestigieux, tels que Harrison, Lennon et même Elton John.
Malgré une période de creux dans les années 1980, Starr revient sur le devant de la scène avec son All-Starr Band, une formation live regroupant des musiciens légendaires comme Joe Walsh, Billy Preston ou encore Levon Helm. Ces tournées, toujours très populaires, lui permettent de revisiter son propre répertoire tout en célébrant celui de ses contemporains.
L’héritage de Ringo Starr : bien plus qu’un “simple batteur”
Si l’on considère les carrières solo des Beatles, il est évident que Paul McCartney et John Lennon ont souvent dominé les conversations. Cependant, Ringo Starr a su, à sa manière, construire un héritage unique, fondé sur l’humour, l’authenticité et une véritable connexion avec son public. Ses succès comme “Photograph” et “You’re Sixteen” témoignent de sa capacité à transcender son rôle initial pour devenir une star à part entière.
Le charisme de Ringo, associé à son style musical accessible et à ses collaborations prestigieuses, lui a permis de s’inscrire durablement dans l’histoire de la musique. Loin d’être un échec, sa carrière solo est un modèle de résilience et de réinvention, montrant qu’il n’y a pas qu’une seule manière d’être une légende du rock.
En somme, Ringo Starr n’a pas seulement suivi les traces de ses anciens camarades : il a créé sa propre voie, une route pavée de succès et d’une joie contagieuse qui continue d’inspirer des générations.
