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“Coming Up” – Le retour en force de Paul McCartney en 1980

Publié le 11 mars 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Sommaire

Un single expérimental devenu un succès mondial

En avril 1980, Paul McCartney frappe un grand coup avec “Coming Up”, premier extrait de son album McCartney II. Ce morceau, à la fois expérimental et accrocheur, illustre parfaitement l’esprit de liberté qui anime l’ex-Beatle à cette époque. Enregistré en solo, dans son home studio en Écosse, “Coming Up” marque un tournant dans la carrière de McCartney, tant sur le plan sonore que créatif.

Ce que personne n’avait prévu ? Ce titre allait non seulement devenir un énorme succès, mais aussi inspirer John Lennon à retourner en studio, après cinq années de silence discographique.

Un laboratoire musical dans une ferme écossaise

Comme tout l’album McCartney II, “Coming Up” est enregistré en totalement autoproduction, loin des contraintes d’un grand studio. Paul McCartney y joue tous les instruments, enregistrant piste après piste dans son home studio en Écosse et en Angleterre, durant l’été 1979.

“Je me rendais au studio chaque jour et je commençais avec une piste de batterie. Puis j’ajoutais les guitares, la basse… C’était un vrai processus d’expérimentation, je testais plein de choses et je gardais uniquement ce qui sonnait bien.”
— Paul McCartney

Ce qui frappe dans “Coming Up”, c’est son son étrange et futuriste pour l’époque. McCartney s’amuse avec les effets électroniques et modifie sa voix à l’aide d’un vari-speed, ce qui donne cet effet haute-pitché et robotique.

“J’avais une machine avec laquelle je pouvais accélérer ma voix ou la ralentir. J’ai commencé à jouer avec cet effet d’écho et ça a donné ce son particulier.”

Le titre, initialement long de plus de cinq minutes, sera finalement édité et remixé pour en faire un single plus accessible.

Une chanson qui a relancé John Lennon

Si McCartney II a divisé la critique par son aspect expérimental, “Coming Up” se démarque immédiatement comme une pépite pop. Et parmi les admirateurs du morceau, on retrouve… John Lennon lui-même.

“Quelqu’un m’a demandé ce que je pensais du dernier album de Paul. J’avais entendu Coming Up et j’ai trouvé que c’était un excellent morceau.”
— John Lennon, 1980

Quelques mois avant sa mort, Lennon confie que cette chanson a joué un rôle décisif dans son retour à l’enregistrement.

“J’ai entendu une histoire d’un gars qui travaillait avec John à New York. Il disait que John pouvait parfois être paresseux, mais qu’en entendant Coming Up, il s’était dit : ‘Oh merde, Paul bosse, je devrais m’y remettre aussi !’”
— Paul McCartney

Ainsi, ce single a peut-être contribué au retour de Lennon en studio pour l’enregistrement de Double Fantasy.

Un succès phénoménal des deux côtés de l’Atlantique

Sorti en avril 1980, “Coming Up” se classe numéro 2 au Royaume-Uni, et grimpe jusqu’à la première place du Billboard Hot 100 aux États-Unis.

“Un numéro un, c’est toujours bon à prendre. Ça signifie que les gens ont aimé la chanson, et ça, c’est ce qui compte.”
— Paul McCartney

Mais un fait étonnant accompagne ce succès : aux États-Unis et au Canada, c’est la version live enregistrée avec Wings à Glasgow en 1979 qui est préférée à la version studio.

Pourquoi la version live a-t-elle pris le dessus aux États-Unis ?

Lorsque McCartney intègre “Coming Up” au répertoire de Wings lors de leur tournée britannique de 1979, une captation du concert de Glasgow est réalisée. Cette version, plus énergique et rock, est choisie comme face B du single.

Les DJs américains, préférant son son plus classique, diffusent en masse la version live, qui finit par supplanter la version studio sur les ondes. Aux États-Unis, c’est donc cette version de Wings qui se hisse en tête des charts.

Un clip avant-gardiste et délirant

L’autre grand coup de génie de “Coming Up”, c’est son clip, réalisé par Keith McMillan.

Paul McCartney y joue tous les membres d’un faux groupe, baptisé The Plastic Macs (clin d’œil aux Plastic Ono Band de Lennon).

Qui incarne-t-il dans ce clip ?

  • Un McCartney 1964 avec sa Höfner
  • Un clone de Hank Marvin (The Shadows)
  • Un sosie de Ron Mael (Sparks)
  • Un batteur excentrique façon Keith Moon
  • Un bassiste inspiré de Bill Wyman (Rolling Stones)
  • Un guitariste façon David Gilmour (Pink Floyd)
  • Un claviériste à la Rick Wakeman (Yes)

À ses côtés, Linda McCartney joue deux rôles, ajoutant à l’effet loufoque et futuriste du clip.

Ce visuel totalement original colle parfaitement à l’ambiance du titre, entre rétro et modernité, et permet à “Coming Up” de se démarquer dans l’univers des vidéos musicales naissantes des années 80.

Une chanson qui traverse les époques

Depuis sa sortie, “Coming Up” est restée un classique du répertoire de McCartney. Elle apparaît sur plusieurs compilations, notamment la version live sur Wingspan aux États-Unis.

Le titre a été repris et samplé plusieurs fois, notamment par DJ Premier et d’autres artistes hip-hop, témoignant de son influence durable.

Pourquoi “Coming Up” est-elle si spéciale ?

✅ Une mélodie efficace, avec un refrain irrésistible
✅ Une production audacieuse, expérimentale mais accessible
✅ Un clip marquant, à la fois loufoque et avant-gardiste
✅ Un impact historique, ayant contribué au retour de Lennon
✅ Un succès commercial indéniable, notamment aux États-Unis

Un McCartney visionnaire et libre

Avec “Coming Up”, Paul McCartney prouve une fois encore qu’il est un artiste en perpétuelle réinvention. À la fin des années 70, alors que le punk et la new wave prennent le pouvoir, il se libère du son classique de Wings et explore de nouvelles sonorités, tout en conservant son génie mélodique inégalé.

Le résultat ? Un single innovant, énergique et intemporel, qui non seulement marque les charts, mais stimule même son ancien partenaire, John Lennon.

Un morceau qui symbolise à merveille l’esprit d’expérimentation et de spontanéité qui a toujours animé McCartney.


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