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Besame Mucho : Une romance universelle revisitée par les Beatles

Publié le 12 mars 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Enregistrée le 6 juin 1962 lors de leur première audition pour EMI, Besame Mucho est bien plus qu’un simple standard romantique interprété par les Beatles. Cette chanson constitue une pierre angulaire de leurs débuts, illustrant à la fois leur polyvalence musicale et leur capacité à s’approprier des morceaux issus d’autres cultures. Ce titre, écrit en 1940 par la compositrice mexicaine Consuelo Velázquez, a traversé les frontières pour devenir un classique intemporel repris par des artistes du monde entier, et, avec les Beatles, il a trouvé une nouvelle résonance.

Sommaire

Les origines d’un chef-d’œuvre romantique

L’histoire de Besame Mucho débute dans les années 1940 avec Consuelo Velázquez, alors jeune compositrice mexicaine. Bien qu’à l’époque elle n’ait jamais embrassé personne (selon ses propres mots), elle a su capter et transmettre l’essence même de la passion à travers ses paroles et sa mélodie. L’enregistrement original, réalisé par Emilio Tuero, est rapidement devenu un succès au Mexique avant de conquérir le monde.

En 1944, le compositeur et chanteur américain Sunny Skylar traduit les paroles en anglais, permettant à la chanson de s’exporter vers de nouveaux horizons. Elle est ensuite popularisée par son apparition dans le film Follow The Boys, marquant une étape clé dans son internationalisation. Avec sa mélodie envoûtante et ses paroles universelles, Besame Mucho devient un hymne à l’amour et à la romance, transcendant les barrières linguistiques et culturelles.

Une découverte marquante pour les Beatles

Dans les années 1950 et au début des années 1960, le coût des disques restait élevé pour les jeunes musiciens en herbe. Les Beatles, comme beaucoup d’autres, exploraient les collections de disques de leurs amis et de leurs proches pour découvrir de nouvelles inspirations. C’est ainsi que la version de Besame Mucho enregistrée par The Coasters en 1960 est tombée entre les mains de Paul McCartney.

McCartney, impressionné par les subtilités harmoniques de cette interprétation, intègre rapidement la chanson au répertoire des Beatles. Il raconte dans ses mémoires :

« Avec ‘Besame Mucho’ des Coasters, c’était ce changement de mineur à majeur qui m’a attiré. Ce moment musical était tellement puissant que j’ai dû l’intégrer à notre répertoire. »
– Paul McCartney, Many Years From Now

Les Beatles commencent alors à jouer le morceau lors de leurs concerts à Hambourg en 1961. Avec une touche d’humour, McCartney adopte un accent et un style vocal « latino » pour rendre l’interprétation encore plus vivante. Cette approche légère et versatile devient rapidement un moyen pour le groupe de séduire leur public, tout en explorant de nouvelles facettes de leur identité musicale.

Une étape décisive dans leur parcours

Le 1er janvier 1962, lors de leur audition chez Decca Records, les Beatles choisissent Besame Mucho parmi les morceaux qu’ils interprètent. Cette décision illustre leur ambition de démontrer leur capacité à revisiter des classiques tout en y insufflant leur propre style. Bien que cette audition ne se soit pas traduite par un contrat avec Decca, elle marque une étape importante dans leur parcours.

Quelques mois plus tard, le 6 juin 1962, ils enregistrent à nouveau Besame Mucho lors de leur première session EMI, cette fois sous la direction de George Martin et avec Pete Best à la batterie. Ce jour-là, ils enregistrent également des morceaux comme Love Me Do et PS I Love You, qui définissent le son naissant du groupe. La version de Besame Mucho enregistrée lors de cette session était longtemps considérée comme perdue avant d’être redécouverte dans les années 1980 et publiée en 1995 dans l’album Anthology 1.

« Je pense que George Martin voyait en nous une qualité brute mais intéressante. Parmi les chansons que nous avions enregistrées, il y avait ‘Love Me Do’, ‘PS I Love You’, et bien sûr, ‘Besame Mucho’. »
– George Harrison, Anthology

La redécouverte d’une pépite

Cette version de 1962 offre une fenêtre fascinante sur les débuts des Beatles en tant que groupe aspirant à la gloire. Le jeu de guitare de George Harrison et de John Lennon, combiné à la voix envoûtante de McCartney, révèle une maîtrise technique déjà impressionnante, malgré leur jeune âge. Pete Best, qui était alors encore le batteur du groupe, ajoute une rythmique dynamique, bien que son style soit souvent jugé moins abouti que celui de son successeur, Ringo Starr.

Une dernière apparition en studio

Après son retrait du répertoire live des Beatles en 1962, Besame Mucho réapparaît brièvement lors des sessions Get Back/Let It Be en janvier 1969. Les Beatles, dans une ambiance de nostalgie et d’expérimentation, revisitent alors certains morceaux de leurs débuts. Lors de ces sessions, ils interprètent également deux titres de Buddy Holly, Not Fade Away et Mailman, Bring Me No More Blues. Cette version de Besame Mucho figure dans le film Let It Be, offrant un ultime clin d’œil à leur jeunesse et à leurs influences musicales.

L’héritage de Besame Mucho

La version des Beatles de Besame Mucho n’est pas qu’une simple reprise : elle représente un hommage vibrant à la richesse de la musique latino-américaine et à leur propre capacité d’adaptation. En explorant des morceaux internationaux, les Beatles ont non seulement élargi leur palette musicale, mais aussi démontré leur respect pour les différents genres et cultures.

Pour les fans, Besame Mucho reste une capsule temporelle, un rappel émouvant des débuts du groupe et de l’énergie brute qui allait les propulser au sommet. Sa publication en 1995 dans Anthology 1 a permis de réintroduire cette pépite au grand public, révélant une facette souvent méconnue des Beatles.

Pourquoi Besame Mucho reste un titre essentiel

En résumé, Besame Mucho illustre à merveille les influences diverses qui ont façonné les Beatles. Ce morceau, avec ses harmonies uniques et son histoire riche, témoigne de leur curiosité musicale et de leur désir constant d’innover. Pour les amateurs de musique, il s’agit d’un exemple parfait de leur capacité à transcender les genres et à transformer une chanson en une œuvre d’art intemporelle.


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