En 1973, Paul McCartney joue son va-tout avec « Band On The Run ». Après des débuts mitigés avec Wings, il enregistre cet album au Nigeria, dans des conditions chaotiques : départs de musiciens, climat hostile et braquage. Malgré ces épreuves, l’album devient un triomphe critique et commercial, propulsant Wings au sommet. Porté par des titres phares comme « Jet » et « Band On The Run », il assoit McCartney comme l’ex-Beatle ayant le mieux réussi en solo, marquant un tournant majeur de sa carrière.
Au crépuscule de 1973, Paul McCartney vit une période charnière de sa carrière. Trois ans après la dissolution des Beatles, le musicien peine encore à convaincre une partie de la critique, malgré des succès commerciaux notables. Ses deux premiers disques sous le nom de Wings, Wild Life et Red Rose Speedway, n’ont pas recueilli l’enthousiasme espéré. Alors que John Lennon publie Mind Games, McCartney s’apprête à lancer Band On The Run, cinquième album depuis la fin des Beatles, et troisième officiellement crédité à Wings. Le pari est crucial : affirmer l’identité du groupe, se défaire de l’ombre des Beatles et consolider sa place sur la scène rock du début des années 70.
Sommaire
- Contexte : un Paul McCartney en quête de stabilité artistique
- Réduire le groupe à l’essentiel : les défections de dernière minute
- Lagos : un environnement hostile mais porteur
- Le climat et les incidents : une tension croissante
- Retour à Londres et fin de production
- Un concept de fuite et de liberté
- La pochette iconique : une séance mémorable
- Le contenu de l’album : neuf pépites (dix aux états-Unis)
- Une promotion atypique et une ascension progressive
- Un triomphe mondial
- Une reconnaissance critique méritée
- Les multiples rééditions : de l’anniversaire aux archives
- Les chansons phares de l’album
- Band On The Run
- Jet
- Bluebird
- Mrs Vandebilt
- Let Me Roll It
- Mamunia
- No Words
- Picasso’s Last Words (Drink To Me)
- Nineteen Hundred And Eighty Five
- L’héritage d’un classique
- Un symbole de la résilience artistique
- Un jalon majeur de la pop music
Contexte : un Paul McCartney en quête de stabilité artistique
Depuis la séparation officielle des Beatles en 1970, Paul McCartney expérimente diverses formules musicales. S’il écoule encore de nombreux disques, la critique est mitigée à l’égard de ses albums. Le désir de McCartney : forger un groupe solide nommé Wings, où sa femme Linda joue un rôle actif, notamment aux claviers et aux chœurs, aux côtés de Denny Laine, ancien des Moody Blues, et d’autres musiciens. Les disques Wild Life (1971) et Red Rose Speedway (1973) sont des succès modestes, mais ne lui valent pas une reconnaissance critique équivalente à ses années Beatles.
Toutefois, 1973 marque un tournant : « Live And Let Die », single composé pour le James Bond du même nom, confère une aura inédite à Wings. Les adeptes y perçoivent enfin le surcroît d’ambition que l’on attendait de l’ex-Beatle. Dans la foulée, McCartney veut frapper un grand coup : Band On The Run sera l’album de la confirmation.
Réduire le groupe à l’essentiel : les défections de dernière minute
Dans cette quête, McCartney choisit un plan audacieux : enregistrer hors d’Angleterre, pour s’extirper de la routine londonienne. EMI lui propose une liste de studios internationaux, et le couple McCartney (Paul et Linda) opte pour celui de Lagos, au Nigeria. Mais à la veille du départ, deux membres de Wings quittent le navire. Henry McCullough (guitare) et Denny Seiwell (batterie), en désaccords avec la méthode McCartney ou peu enclins à l’aventure africaine, claquent la porte.
Ainsi, juste avant d’embarquer pour l’Afrique en août 1973, Wings se retrouve réduit à trois personnes : Paul McCartney, Linda McCartney et Denny Laine. L’album sera enregistré avec ce trio, épaulé par l’ingénieur du son Geoff Emerick, figure de confiance qui avait déjà œuvré avec les Beatles. Paul va donc cumuler les rôles : bassiste, guitariste principal, batteur et chanteur. L’absence de sessionistes confirmés, si ce n’est la participation ponctuelle de quelques musiciens invités, renforce la pression sur les épaules de McCartney.
Lagos : un environnement hostile mais porteur
Le 30 août 1973, le trio atterrit à Lagos, au Nigeria. Or, le rêve de plages paradisiaques et de soleil constant se heurte vite à la réalité : le pays sort d’une guerre civile récente, la ville est sous la coupe d’un régime militaire, et l’enceinte EMI d’Apapa, où Wings doit enregistrer, est loin d’être au niveau technique des studios occidentaux. L’infrastructure est sommaire, le matériel limité, et des tempêtes tropicales provoquent des coupures de courant répétées.
Malgré l’idée initiale d’intégrer des musiciens locaux, McCartney se heurte à l’hostilité de Fela Kuti, figure de l’afrobeat, qui l’accuse de vouloir « voler la musique africaine ». Paul renonce donc à toute collaboration, hormis avec le percussionniste Remi Kabaka, déjà connu de la scène londonienne, et un bref recours au batteur Ginger Baker, propriétaire d’un autre studio à Ikeja. Dans ce décor, la session tourne vite au défi.
Le climat et les incidents : une tension croissante
Le séjour se prolonge durant près de six semaines. Les conditions de vie sont rudes, l’humidité écrasante, et la sécurité incertaine. Un soir, Paul et Linda, partis faire une promenade, sont agressés au couteau, dépouillés de leurs biens, dont des cassettes de démos et des manuscrits de paroles. Cette perte oblige McCartney à puiser dans sa mémoire pour réécrire certains titres. L’ambiance se dégrade davantage lorsque Paul, éprouvé par la chaleur et le stress, est pris d’un malaise devant le studio, éveillant la crainte d’une crise cardiaque. Heureusement, il se remet, mais l’épisode témoigne de la pression psychologique qui pèse sur le groupe.
Dans ce contexte, Wings parvient à enregistrer la majorité des titres : sept des neuf chansons finales de l’album prennent forme à Lagos. Entre les coupures de courant, l’accablante moiteur et un parc de micros rudimentaire, le travail avance tant bien que mal. Puis, à la fin septembre, tout le monde rentre à Londres, soulagé de quitter l’Afrique. « Ce fut un enfer, mais aussi, dans un sens, stimulant », admet McCartney a posteriori.
Retour à Londres et fin de production
De retour au Royaume-Uni, Wings reprend les bandes enregistrées en Afrique et les transfère sur un matériel 16 pistes dans l’objectif d’ajouter des overdubs, notamment à l’AIR Studios, propriété de George Martin. Les titres se façonnent progressivement, grâce à l’apport d’orchestrations arrangées par Tony Visconti, célèbre pour son travail avec T. Rex ou David Bowie. Les cordes et cuivres viennent rehausser l’ensemble, tandis que des instrumentistes, comme le saxophoniste Howie Casey, s’ajoutent pour certaines parties.
En outre, deux morceaux non enregistrés à Lagos, « Jet » et quelques segments de « Helen Wheels », voient le jour à Londres. « Helen Wheels », qui deviendra un single indépendant, sera controversé dans son intégration à l’album : si EMI US l’inclut sur les éditions nord-américaines, McCartney n’y tenait pas pour la version internationale. Quant à l’hymne « Picasso’s Last Words (Drink To Me) », il est complété au studio ARC de Ginger Baker, à Ikeja, et finalisé ensuite à Londres.
Un concept de fuite et de liberté
Le fil conducteur de Band On The Run tourne autour de l’idée d’évasion, de quête de liberté, voire de renaissance. Bien que l’album ne soit pas strictement un concept album, la chanson-titre aborde le thème de prisonniers cherchant à se libérer. L’illustration musicale se veut proche de l’esprit qui avait imprégné le medley d’Abbey Road : un entrelacs de segments musicaux formant un tout cohérent, invitant l’auditeur à suivre une histoire.
Pour McCartney, c’est aussi l’opportunité d’exorciser l’ambiance pesante de Lagos et de mettre en scène l’échappée : « Dans ‘Band On The Run’, on retrouve l’idée d’une rupture de chaînes », explique-t-il. Le contexte se superpose aux déboires juridico-financiers de l’époque, avec l’éloignement progressif d’Allen Klein, gestionnaire controversé d’Apple. Paradoxalement, toutes ces épreuves ravivent la créativité de McCartney.
La pochette iconique : une séance mémorable
Parmi les choses marquantes de Band On The Run figure sa jaquette, devenue légendaire. Imaginée par Linda et Paul, la photographie, réalisée le 28 octobre 1973 à Osterley Park (dans l’ouest de Londres) par Clive Arrowsmith, met en scène Paul, Linda et Denny Laine, entourés de six célébrités. Tous jouent des évadés figés sous la lumière d’un projecteur, dans un décor vaguement carcéral. Parmi les personnalités sollicitées, on trouve le boxeur John Conteh, l’acteur Christopher Lee, l’acteur James Coburn, l’animateur Michael Parkinson, l’humoriste et chanteur Kenny Lynch, ainsi que le député Clement Freud.
Selon Arrowsmith, la nuit fut arrosée, et il devait demeurer le seul lucide pour gérer le temps de pose, car la lampe ne disposait pas d’une puissance optimale. Plusieurs clichés sont ratés, certains trop jaunes, d’autres trop flous. Par chance, l’une des photos répond parfaitement à l’attente des McCartney, qui valorisent cette teinte dorée. Le résultat contribue à imprimer dans la mémoire collective l’image de complices pris sur le fait, en cavale.
Le contenu de l’album : neuf pépites (dix aux états-Unis)
En version internationale (hors états-Unis), Band On The Run s’ouvre sur la chanson éponyme, un mini-mélo de plus de cinq minutes, qui vogue d’une ballade acoustique à un rock euphorique. Vient ensuite « Jet », rock effréné inspiré d’un poney appartenant aux McCartney. Suit « Bluebird », ballade douce où s’illustre Howie Casey au saxophone. « Mrs Vandebilt » et « Let Me Roll It » perpétuent le savant mélange de pop mélodique et de guitares ciselées. En face B, « Mamunia », « No Words » (coécrite par Denny Laine), « Picasso’s Last Words (Drink to Me) », et le final grandiose « Nineteen Hundred And Eighty Five », qui s’achève sur un rappel du thème principal.
Sur les éditions américaines et canadiennes, Capitol Records insère « Helen Wheels » après « No Words », jugeant que le titre, déjà connu en single, boostera les ventes. McCartney cédera à cette demande, malgré son intention initiale de l’exclure de l’album. Résultat : aux états-Unis, le public découvre l’œuvre avec dix chansons, alors que l’Europe se contente de neuf.
Une promotion atypique et une ascension progressive
Contrairement à certaines sorties Beatles, McCartney ne programme pas de tournée spéciale pour promouvoir l’album. Il accorde toutefois plusieurs interviews, dont une remarquable à Paul Gambaccini pour Rolling Stone, publiée en janvier 1974. Durant les premières semaines, l’album ne flambe pas dans les classements. Band On The Run atteint aux états-Unis la septième place du Billboard, avant de se tasser. De même, au Royaume-Uni, il plafonne d’abord autour du neuvième rang.
Pour renverser la tendance, des singles s’enchaînent. D’abord « Helen Wheels » – rapide succès au top 10 américain. Ensuite « Jet », titre plus rock qui devient un hit majeur au printemps 1974. L’effet est immédiat : les ventes d’Band On The Run grimpent, l’album s’empare de la première place du Billboard en avril 1974, puis retombe avant d’y revenir quelques semaines plus tard, soutenu cette fois par la parution du single « Band On The Run ». Le même scénario se produit au Royaume-Uni, où il finit par atteindre la première marche fin juillet 1974, huit mois après sa sortie.
Un triomphe mondial
Au final, Band On The Run connaît une réussite planétaire. Il devient l’album le plus vendu de 1974 en Australie, l’un des plus grands succès de l’année dans d’autres contrées, et culmine à plus de 6 millions d’exemplaires vendus à la fin de 1974, puis 9 millions par la suite. Cet engouement consolide définitivement la réputation de Paul McCartney en tant que « Beatle ayant le mieux réussi en solo ». Les critiques, d’abord sceptiques, reconnaissent dans Band On The Run une alchimie de qualité d’écriture, d’arrangements aboutis et d’audace conceptuelle. En 1975, Wings se voit même décerner un Grammy Award (catégorie « Best Pop Vocal Performance by a Duo or Group »), tandis que l’album reçoit ultérieurement la certification de triple disque de platine aux états-Unis.
Une reconnaissance critique méritée
L’enthousiasme général s’exprime dans les colonnes de la presse rock : Jon Landau, dans Rolling Stone, juge Band On The Run comme « le meilleur album jamais sorti par un ex-Beatle depuis la séparation, hormis peut-être Plastic Ono Band de John Lennon ». Charles Shaar Murray (NME) se réjouit de la qualité d’écriture, tandis que d’autres, sans nier les imperfections, saluent la capacité de McCartney à retrouver une aisance mélodique, à innover dans les arrangements et à sublimer ses péripéties à Lagos en un récit musical cohérent.
Seul un Robert Christgau (critique au Village Voice) demeure plus distant, attribuant un C+ à l’album, estimant que certains morceaux sont surestimés. Toutefois, l’histoire a largement retenu Band On The Run comme l’un des albums phares de la carrière de McCartney, et le consensus critique ne fait que se renforcer au fil du temps.
Les multiples rééditions : de l’anniversaire aux archives
Au fil des décennies, Band On The Run fait l’objet de multiples rééditions. Dès 1985, il sort en CD, puis en 1993 dans la collection « The Paul McCartney Collection » avec des bonus, notamment « Helen Wheels » et « Country Dreamer ». Une version « 25th Anniversary » paraît en 1999, enrichie d’un CD bonus, The Story Of Band On The Run, compilation d’inédits, d’extraits live et d’interviews. En 2010, il inaugure la Paul McCartney Archive Collection, offrant un son remasterisé, un DVD de séquences rares (dont le documentaire One Hand Clapping) et un livre de 120 pages dans la version Deluxe. Enfin, en 2024, une édition spéciale « 50e anniversaire » ressort, incluant de nouveaux mixages et un second disque de « Underdubbed Mixes », versions sans orchestrations ou compléments, révélant le travail brut de McCartney.
Les chansons phares de l’album
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Band On The Run
: Pièce maîtresse, elle se déploie en trois segments, figurant l’emprisonnement, la fuite, puis l’euphorie de la liberté. L’ouverture acoustique s’enchaîne sur une section rock aérienne. Les orchestrations, ajoutées par Tony Visconti, parachèvent l’effet cinématographique.
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Jet
: Hymne rock énergique, porté par un riff de guitare et une brass section assurée par des saxophonistes menés par Howie Casey. Le refrain, simple et entêtant, devient un classique instantané de Wings.
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Bluebird
: Ballade plus paisible, agrémentée d’un saxo doux, évoquant une ambiance nocturne et sensuelle.
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Mrs Vandebilt
: Mélodie vitaminée, ponctuée de « ho hey ho », elle distille une atmosphère légère, répondant à l’esprit vagabond de l’album.
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Let Me Roll It
: Titre rock bluesy, souvent perçu comme un clin d’œil à John Lennon (certains y entendent une référence au son de la guitare dans « Cold Turkey »).
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Mamunia
: Apaisante, rappelant l’escapade du couple McCartney à Marrakesh, au terme arabisant.
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No Words
: Unique contribution du duo McCartney/Laine, soulignant que Denny Laine souhaitait participer davantage à l’écriture.
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Picasso’s Last Words (Drink To Me)
: Expérimentale, cette chanson multi-sections inclut un passage enregistré chez Ginger Baker, et tient son origine d’un défi lancé par l’acteur Dustin Hoffman à McCartney (Hoffman ayant demandé à Paul d’écrire une chanson sur Picasso).
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Nineteen Hundred And Eighty Five
: Clôt l’album sur un final grandiose, mêlant piano, orchestrations et chœurs, rappelant brièvement le thème principal en coda.
L’héritage d’un classique
En plus de rassembler critiques et public, Band On The Run assoit la notoriété de Wings comme groupe majeur des années 70. à travers les difficultés (départs de musiciens, exil au Nigeria, braquage, conditions d’enregistrement spartiates), McCartney puise l’inspiration pour un album considéré aujourd’hui comme son œuvre post-Beatles la plus aboutie. Il bénéficie d’une longévité exceptionnelle dans les charts, d’abord modérée, puis inarrêtable. L’absence de tournée dédiée n’empêche pas le disque de triompher, McCartney préférant accorder des entretiens et laisser les singles (d’abord « Helen Wheels », puis « Jet », enfin « Band On The Run ») faire leur effet.
En 1974, alors que l’album remonte au sommet des classements américains à plusieurs reprises, McCartney se voit conforté dans l’idée de recruter un nouveau batteur et un nouveau guitariste, avant d’entamer des concerts plus ambitieux. L’essai se prolongera dans la foulée avec Venus and Mars (1975) et la tournée Wings Over the World (1975-76), phase considérée comme l’apogée scénique de Wings.
Un symbole de la résilience artistique
Si Band On The Run incarne une épopée, c’est bien celle d’un Paul McCartney résolu à surpasser les obstacles. La modernité du son, la qualité des chansons et la cohérence globale soulignent à quel point, malgré la pression, l’ancien Beatle sait déployer son talent. Sur le plan instrumental, il s’impose comme un multi-instrumentiste hors pair, assumant solos de guitare, parties de batterie, lignes de basse, claviers et chant. Linda et Denny Laine apportent leur pierre, mais la patte dominante reste celle du compositeur de « Hey Jude » et « Let It Be ».
Aujourd’hui, l’album figure régulièrement dans les classements des meilleurs opus de la décennie 70 ou des plus grands disques rock. Il est classé 418ᵉ dans la liste Rolling Stone des « 500 Greatest Albums Of All Time » (réédition 2012) et intègre le Grammy Hall of Fame en 2013. Dans l’imaginaire collectif, la fameuse pochette où l’on voit Paul, Linda, Denny Laine et leurs acolytes figés sous un spot nocturne évoque cette volonté de s’évader, de vivre l’aventure.
Un jalon majeur de la pop music
En somme, Band On The Run est plus qu’un simple succès commercial. Il symbolise la capacité de Paul McCartney à se réinventer et à surmonter les aléas de la vie, qu’ils soient artistiques ou humains. L’enregistrement rocambolesque à Lagos, la défection de musiciens clés, l’adversité du climat et de l’environnement, tout cela aurait pu faire sombrer le projet. Au contraire, Band On The Run en sort grandi, nourri par l’énergie de la débrouille et la foi en la musique.
Dès lors, l’album devient un tournant dans la carrière post-Beatles de McCartney, légitimant à la fois Wings et le musicien lui-même aux yeux du monde. En revisitant ces morceaux, de « Band On The Run » à « Nineteen Hundred And Eighty Five », on redécouvre la fraîcheur, la complexité discrète des arrangements, la présence d’influences éclectiques, et surtout, l’étincelle créatrice d’un compositeur insubmersible. Dans le flot de sa riche discographie, Band On The Run reste, pour beaucoup, l’effort le plus accompli de Paul McCartney dans les années 70, le manifeste d’un artiste redevenu incontournable sur la scène internationale.
