Donovan, figure clé de la scène musicale des années 1960, est souvent associé à ses succès comme Sunshine Superman, Mellow Yellow et Hurdy Gurdy Man. Mais derrière son répertoire éclectique se cache une influence majeure sur d’autres géants de l’époque, notamment les Beatles. Dans une interview en 2021, Donovan a affirmé que sa chanson Season of the Witch avait inspiré l’album révolutionnaire des Fab Four, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Bien que cette affirmation puisse surprendre au premier abord, un regard approfondi sur le contexte musical de l’époque révèle des points de convergence fascinants.
Sommaire
- Une révolution musicale : l’avant-garde de Donovan et des Beatles
- Une amitié créative : Donovan et les Beatles
- Un impact durable au-delà des Beatles
- Season of the Witch et Sgt. Pepper : un héritage partagé
Une révolution musicale : l’avant-garde de Donovan et des Beatles
Selon Donovan, Season of the Witch, tirée de l’album Sunshine Superman (1966), a marqué un tournant musical en fusionnant des genres jusque-là cloisonnés. Donovan a décrit sa démarche comme « avant-gardiste », expliquant qu’il souhaitait repousser les limites artistiques. « Personne n’avait pensé à fusionner toutes les formes de musique classique, indienne, folklorique, de poésie, de jazz et de rock », a-t-il déclaré. Cette approche expérimentale se reflète également dans Sgt. Pepper, qui mêle avec audace musique classique occidentale (A Day in the Life), influences indiennes (Within You Without You) et rock psychédélique (Lucy in the Sky with Diamonds).
Un point clé de cette connexion réside dans l’utilisation du sitar. Donovan a introduit cet instrument emblématique dans Sunshine Superman, tandis que George Harrison, fasciné par la musique classique indienne grâce à Ravi Shankar, en a fait un élément central de Sgt. Pepper et d’autres albums des Beatles. Cette exploration commune a contribué à la création du sous-genre « raga rock », une fusion novatrice entre musique indienne et rock occidental.
Une amitié créative : Donovan et les Beatles
L’influence de Donovan sur les Beatles ne se limite pas à Season of the Witch. Le chanteur écossais partageait une profonde amitié avec le groupe, en particulier avec Paul McCartney et George Harrison. Pendant leur séjour à Rishikesh en 1968, Donovan a appris à John Lennon une technique de guitare fingerpicking qu’on retrouve dans des chansons telles que Dear Prudence et Julia. Cet échange créatif témoigne d’une admiration réciproque.
Pourtant, Season of the Witch incarne un moment précis où Donovan a joué un rôle de précurseur. Avec sa rythmique hypnotique, ses paroles mystérieuses et son atmosphère quasi mystique, la chanson a sans doute contribué à ouvrir les Beatles à des territoires musicaux plus audacieux. Sgt. Pepper partage cette quête d’exploration, et bien qu’il n’y ait pas de similitude directe entre les morceaux, le lien réside dans l’esprit d’expérimentation.
Un impact durable au-delà des Beatles
Season of the Witch n’a peut-être pas dominé les classements à sa sortie, mais son influence s’est étendue bien au-delà des Beatles. Reprise par des artistes aussi variés que Lana Del Rey ou Brian Auger, la chanson est devenue un standard. L’album Sunshine Superman, quant à lui, a été acclamé pour son innovation et son impact. Pitchfork l’a même classé parmi les meilleurs albums des années 1960, soulignant son influence sur des artistes comme David Bowie et Led Zeppelin.
Donovan n’a pas seulement influencé ses contemporains ; il a façonné un pan entier de la musique psychédélique et mystique. En combinant des genres disparates, il a ouvert la voie à une nouvelle manière de concevoir la musique, une vision qui a clairement résonné chez les Beatles.
Season of the Witch et Sgt. Pepper : un héritage partagé
Les affirmations de Donovan selon lesquelles Season of the Witch a inspiré Sgt. Pepper illustrent une époque où les frontières artistiques étaient constamment repoussées. Que ce soit dans l’usage du sitar, l’intégration de la poésie ou l’expérimentation musicale, Donovan et les Beatles ont partagé une quête commune : transcender les limites du rock pour en faire une forme d’art totale.
L’héritage de cette période reste inégalé, et des morceaux comme Season of the Witch continuent d’évoquer l’audace créative d’une époque où tout semblait possible. Donovan a peut-être été dans l’ombre des Fab Four, mais son rôle d’innovateur mérite d’être reconnu comme une pièce essentielle du puzzle psychédélique des années 1960.
