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Ooh Baby (You Know That I Love You) : L’hommage de George Harrison à Smokey Robinson

Publié le 27 mars 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

En 1975, George Harrison dévoile Extra Texture (Read All About It), son sixième album solo. Un opus introspectif marqué par une certaine mélancolie et une touche soul assumée. Parmi les morceaux qui composent cet album, Ooh Baby (You Know That I Love You) se distingue comme un hommage à l’un des artistes que Harrison admire le plus : Smokey Robinson.

Sommaire

  • Une déclaration d’amour musicale à Smokey Robinson
  • Un enregistrement au cœur de Los Angeles
  • Une ballade douce-amère dans un album marqué par la mélancolie
  • Une touche d’humour sur la pochette de l’album
  • Une pépite méconnue de la discographie de Harrison

Une déclaration d’amour musicale à Smokey Robinson

Harrison ne s’en est jamais caché : il vouait une profonde admiration à Smokey Robinson, icône de la Motown et voix légendaire des Miracles. C’est d’ailleurs en s’inspirant du morceau Ooh Baby Baby (1965) de Robinson que Harrison compose cette chanson.

Dans une interview donnée à la BBC Radio 1 en septembre 1975, l’ex-Beatle confiait :

« Au fil des ans, je me suis rendu compte que l’un de mes chanteurs préférés était Smokey Robinson, également en tant qu’auteur-compositeur. Il a été, selon moi, l’un des plus constants, et il a écrit tant de morceaux fantastiques. Même si je ne joue pas dans sa cour en tant que chanteur, cette chanson me rappelle toujours cette ambiance propre à Smokey. Je lui dédie donc cette chanson. »

Le résultat est un morceau à l’atmosphère feutrée et langoureuse, qui s’inscrit dans une veine soul où la voix de Harrison se fait douce, presque murmurée, évoquant l’élégance vocale de Robinson.

Un enregistrement au cœur de Los Angeles

L’enregistrement de Ooh Baby (You Know That I Love You) a lieu aux A&M Studios de Los Angeles entre avril et juin 1975. Harrison s’entoure d’une équipe de musiciens chevronnés pour donner vie à cette ballade teintée de soul et de jazz.

Parmi les instrumentistes ayant contribué au morceau, on retrouve :

  • Jesse Ed Davis à la guitare électrique, ajoutant une texture bluesy à l’ensemble,
  • Klaus Voormann, fidèle compagnon de route de Harrison, à la basse,
  • Gary Wright au piano électrique, conférant une chaleur organique au morceau,
  • Jim Keltner à la batterie, apportant une rythmique discrète et raffinée,
  • Tom Scott au saxophone et Chuck Findley à la trompette et au trombone, donnant une touche cuivrée subtile au morceau.

Le 2 et 3 juin 1975, Scott et Findley viennent enrichir la production avec leurs arrangements de cuivres, une caractéristique notable de l’album Extra Texture, qui se distingue par son esthétique plus soul et R&B que les précédents travaux de Harrison.

Une ballade douce-amère dans un album marqué par la mélancolie

Si Ooh Baby (You Know That I Love You) témoigne d’un profond respect pour Smokey Robinson, elle s’inscrit également dans un contexte plus large, celui d’un album où Harrison exprime une certaine amertume.

Extra Texture (Read All About It) est marqué par une période de doutes pour le musicien. Son précédent album, Dark Horse (1974), a reçu un accueil mitigé, et sa tournée nord-américaine avec le label Dark Horse Records n’a pas été un franc succès. De plus, sa voix, éprouvée par la fatigue et les tensions personnelles, n’a pas retrouvé toute sa vigueur.

C’est dans cet état d’esprit que Harrison compose des morceaux comme Ooh Baby, où transparaît une certaine vulnérabilité. Le ton feutré du chant, les accords mineurs et la production douce et soyeuse traduisent un besoin d’apaisement et d’introspection.

Une touche d’humour sur la pochette de l’album

Harrison, connu pour son sens de l’humour et son autodérision, ajoute une note facétieuse dans les crédits de l’album. Si la liste des musiciens ayant participé à Ooh Baby (You Know That I Love You) est clairement établie, il prend le soin de mentionner plusieurs personnes qui n’apparaissent pas sur l’album. Parmi elles :

  • Danny Kootch,
  • Derek Taylor (attaché de presse historique des Beatles),
  • L’acteur Peter Sellers,
  • Chuck Trammell,
  • Dino Airall,
  • Eric Idle (membre des Monty Python),
  • Dennis Killeen et Emil Richards.

Un clin d’œil qui témoigne de l’esprit toujours espiègle de Harrison, même dans un album où la mélancolie domine.

Une pépite méconnue de la discographie de Harrison

Malgré sa beauté et sa sincérité, Ooh Baby (You Know That I Love You) reste un morceau relativement méconnu de la discographie de George Harrison. Il ne fera pas partie des singles extraits d’Extra Texture, éclipsé par des titres comme You et This Guitar (Can’t Keep from Crying).

Cependant, pour les amateurs de la facette plus soul et intime de l’ex-Beatle, cette chanson demeure une véritable pépite. Elle illustre non seulement l’admiration de Harrison pour Smokey Robinson, mais aussi son talent pour créer des atmosphères musicales où l’émotion est reine.

Avec Ooh Baby (You Know That I Love You), George Harrison prouve une fois de plus qu’il était bien plus qu’un simple « ex-Beatle ». Il était un artiste en quête de sincérité, un musicien capable de transcender les genres, et surtout, un amoureux de la musique sous toutes ses formes.


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