Avec My Very Good Friend The Milkman, Paul McCartney revisite un standard jazz des années 30 dans son album Kisses On The Bottom (2012). Enregistrée aux Capitol Studios avec Diana Krall et une équipe de musiciens talentueux, cette version apporte une touche feutrée et nostalgique. Fidèle à l’esprit de Fats Waller, McCartney insuffle douceur et sincérité à cette chanson légère, confirmant son amour pour le Great American Songbook et prouvant une fois encore son éclectisme musical.
Avec l’albumKisses On The Bottom, paru en février 2012, Paul McCartney s’est lancé dans un projet audacieux et intime : revisiter les standards du jazz qui ont bercé son enfance. Parmi ces titres figureMy Very Good Friend The Milkman, une chanson initialement interprétée par le légendaire Fats Waller dans les années 1930.
Sommaire
- Une plongée dans le répertoire des années 30
- L’enregistrement de la version McCartney
- L’interprétation de McCartney : un pari réussi ?
- Kisses On The Bottom: une déclaration d’amour aux standards
- Une réussite artistique
Une plongée dans le répertoire des années 30
My Very Good Friend The Milkmanest une composition de Harold Spina pour la musique et Johnny Burke pour les paroles. Cette chanson, empreinte d’humour et de tendresse, témoigne de l’élégance des standards de l’époque et de l’influence qu’ils ont pu exercer sur de nombreux artistes, y compris McCartney. La version originale de Fats Waller, véritable légende du jazz, mettait en avant un swing enjoué et une interprétation expressive qui ont contribué à la popularité du morceau.
Au-delà de Waller,My Very Good Friend The Milkmana connu plusieurs reprises, notamment par Eric Clapton en 2010, ce qui témoigne de sa persistance dans le répertoire jazz et blues. Cette pérennité musicale a sans doute motivé Paul McCartney à l’inclure dans son projet de réinterprétation des classiques.
L’enregistrement de la version McCartney
L’enregistrement deMy Very Good Friend The Milkmans’est déroulé en mars 2010 aux célèbres Capitol Studios de Los Angeles, sous la houlette du producteur Tommy LiPuma et de l’ingénieur du son Al Schmitt, tous deux réputés pour leur travail sur des albums jazz d’exception. Paul McCartney s’est entouré d’une équipe de musiciens de grand talent, notamment Diana Krall au piano, Anthony Wilson à la guitare, John Clayton à la basse, Jeff Hamilton à la batterie et Ira Nepus au trombone. Cette formation jazz raffinée confère à la chanson une atmosphère feutrée et chaleureuse, parfaitement en accord avec l’esprit de l’album.
Diana Krall, qui a supervisé les arrangements rythmiques, insuffle une douceur et une fluidité caractéristiques du jazz classique. Son piano soutient délicatement la voix de McCartney, qui, loin du registre rock auquel il nous a habitués, adopte ici un phrasé plus souple et intimiste. L’ajout du trombone d’Ira Nepus renforce l’ambiance nostalgique du morceau, lui conférant un charme rétro indéniable.
L’interprétation de McCartney : un pari réussi ?
Si Paul McCartney est avant tout reconnu pour son immense contribution au rock et à la pop avec les Beatles et en solo, il n’a jamais caché son amour pour les standards de jazz et la musique de son enfance. Son interprétation deMy Very Good Friend The Milkmanse distingue par une approche subtile et respectueuse du style original, tout en y apportant une touche personnelle.
Sa voix, légèrement voilée par les années, donne une profondeur émotionnelle au texte, renforçant le caractère tendre et malicieux des paroles. Le ton léger et les arrangements épurés permettent de mettre en valeur l’histoire contée dans la chanson : celle d’un narrateur dont les proches – le laitier, le facteur, les voisins – perçoivent son amour naissant et l’encouragent à se marier.
Avec ce morceau, McCartney réussit à capturer l’essence du jazz des années 30 tout en restant fidèle à lui-même. Il ne cherche pas à imiter Waller, mais plutôt à lui rendre hommage en réinterprétant la chanson avec sincérité et humilité.
Kisses On The Bottom: une déclaration d’amour aux standards
L’albumKisses On The Bottomdans lequel figureMy Very Good Friend The Milkmanest un projet unique dans la carrière de McCartney. Contrairement à ses productions habituelles, où il compose et écrit la majorité des morceaux, cet album se concentre principalement sur des reprises de standards de jazz et de pop des années 20 à 50, avec seulement deux compositions originales (My ValentineetOnly Our Hearts).
En choisissant de revisiter ces classiques, McCartney s’inscrit dans la tradition des grands chanteurs qui ont exploré le répertoire du Great American Songbook, à l’instar de Rod Stewart ou Bob Dylan plus tard. Il s’offre ainsi un détour musical raffiné, empreint de nostalgie, qui permet d’apprécier une autre facette de son talent.
Une réussite artistique
Si certains puristes du jazz ont pu émettre des réserves sur la légitimité de McCartney dans ce registre, la majorité des critiques et du public ont salué l’album pour sa délicatesse et son authenticité. L’interprétation deMy Very Good Friend The Milkmans’inscrit dans cette démarche : simple, élégante et pleine de respect pour l’œuvre originale.
Avec ce titre, Paul McCartney prouve une fois de plus qu’il est un artiste complet, capable de transcender les genres et de faire vivre, à sa manière, des chansons intemporelles. En redonnant vie à ce standard, il perpétue une tradition musicale précieuse et démontre que la bonne musique n’a pas d’âge.
