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Paul McCartney : le vrai leader caché des Beatles révélé par Get Back

Publié le 28 mars 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Une séquence clé du documentaire Get Back met en lumière le rôle central de Paul McCartney dans les derniers jours des Beatles. En composant Let It Be sous les yeux de ses camarades fascinés, McCartney s’impose comme le moteur créatif du groupe, relançant le débat sur sa place dans l’histoire du quatuor légendaire.


À mesure que le temps passe, les débats autour de la hiérarchie au sein des Beatles ne cessent de s’intensifier, alimentés par des archives, des documentaires inédits et les témoignages passionnés de fans du monde entier. Loin de l’époque où l’on considérait Lennon-McCartney comme une entité indivisible, une séquence virale issue du documentaire fleuve Get Back, réalisé par Peter Jackson, a récemment ravivé une conviction de plus en plus partagée : Paul McCartney était le véritable cœur battant du groupe. « It was Paul’s group », peut-on lire désormais sur les réseaux sociaux, comme une sentence irrévocable. Analyse d’un moment de grâce, et d’une reconnaissance tardive mais triomphante.

Sommaire

Une séquence précieuse, un génie à l’œuvre

Tout commence par une scène intimiste capturée dans les studios de Twickenham, durant les tumultueuses sessions de janvier 1969. Dans une ambiance marquée par les tensions et la lassitude, la caméra de Jackson surprend Paul McCartney, assis sur son ampli, une basse Hofner entre les mains, en train de faire naître ce qui deviendra l’un des plus grands hymnes du XXe siècle : Let It Be. Autour de lui, John Lennon, George Harrison et Ringo Starr observent, écoutent, presque pétrifiés. Ce n’est pas seulement un moment de création musicale. C’est une épiphanie.

La séquence, qui a récemment fait le tour des plateformes sociales, a provoqué une onde de choc dans la communauté des beatlemaniaques. Les expressions de George et Ringo, empreintes de respect et d’émerveillement, laissent peu de place au doute : McCartney, dans cet instant suspendu, porte le groupe à lui seul. Il n’est pas simplement un membre du quatuor. Il en est le moteur, l’instigateur, le ciment.

La fin du mythe Lennon-McCartney ?

Le binôme Lennon/McCartney, souvent perçu comme l’incarnation d’une complémentarité géniale, semble ici se déséquilibrer. Bien sûr, les compositions signées conjointement ont façonné la légende du groupe. Mais la dynamique de création était, dès la fin de 1966, largement individualisée. Et dans cet isolement progressif, Paul a pris le gouvernail.

Dans Get Back, Lennon apparaît tantôt distant, tantôt moqueur, parfois même désintéressé. Il est encore habité par les expérimentations de The White Album, et semble peu concerné par les nécessités de structure que McCartney impose. Ce dernier, au contraire, multiplie les initiatives : il motive, compose, arrange, et cherche désespérément à maintenir une unité artistique qui se délite.

Un tweet devenu viral a résumé le sentiment partagé par de nombreux internautes : « It was Paul’s group. The others were the best support musicians he ever had. » Si le propos a suscité son lot de critiques — comment réduire Lennon, Harrison et Starr à de simples accompagnateurs ? — il n’en reste pas moins symptomatique d’une tendance nouvelle : celle de réévaluer le rôle prépondérant de McCartney dans les dernières années du groupe.

La naissance de Let It Be, un moment de grâce collective

Ce serait pourtant une erreur de ne voir dans cette séquence qu’un solo de génie. Car ce qui fascine, au-delà de la mélodie en train d’émerger sous nos yeux, c’est la manière dont les autres musiciens réagissent. George Harrison, d’abord pensif, finit par harmoniser quelques accords. Ringo, l’éternel modeste, suit le rythme avec une sobriété exemplaire. Lennon, quant à lui, semble presque redevenir un spectateur émerveillé, le temps d’un instant.

Un fan l’a résumé ainsi : « I love how John and George immediately lock in with the harmonies – which add so much to an already great melody. » Cette réaction instinctive, cette capacité à comprendre immédiatement la beauté d’une idée musicale, témoigne de l’alchimie encore intacte entre les quatre musiciens, même au crépuscule de leur aventure commune.

Le poids du chef-d’œuvre

Let It Be n’est pas une chanson comme les autres. Elle incarne la douceur mélancolique d’un adieu, l’élégance d’un chant du cygne, la spiritualité intime de McCartney, inspiré par un rêve de sa mère disparue. Elle cristallise aussi toutes les tensions de l’époque : celle d’un groupe à bout de souffle, d’un public en attente, et d’un Paul tiraillé entre sa volonté de maintenir l’unité et son aspiration à une expression plus personnelle.

Le titre connaîtra un destin exceptionnel. Sorti en single en mars 1970, quelques semaines avant l’annonce officielle de la séparation du groupe, il deviendra instantanément un classique. Produit par Phil Spector, dans une version que McCartney n’approuvera jamais complètement, Let It Be s’impose néanmoins comme le testament musical des Fab Four.

Certains y voient même une preuve supplémentaire du génie multiforme de McCartney. Un internaute écrit : « He was a tremendous innovator on the bass. He stands very tall among giants. » Et il est vrai que le parcours de Paul, avant, pendant, et après les Beatles, force le respect. Compositeur infatigable, multi-instrumentiste, arrangeur, et même producteur, il a démontré une capacité rare à se réinventer sans jamais trahir son essence.

Quand les réseaux sociaux réécrivent l’histoire

Le phénomène n’est pas nouveau : à l’ère du numérique, la réhabilitation ou la redécouverte d’artistes se fait souvent au gré des publications virales. Mais dans le cas des Beatles, groupe le plus documenté de l’histoire de la musique, chaque image, chaque archive, chaque son repris prend une ampleur presque religieuse.

La séquence de Get Back agit ici comme une relique, un artefact sacré. Elle remet en perspective les tensions internes, les jalousies, les luttes d’ego, mais aussi l’immense respect mutuel qui liait les quatre musiciens. Voir Lennon sourire en entendant Let It Be, observer George chercher immédiatement la bonne harmonie, sentir Ringo attentif et présent : tout cela rappelle que, malgré les fractures, la magie collective opérait toujours.

Et pourtant, la légende continue de s’écrire à travers le prisme du talent individuel. Lennon était le rebelle, le poète abrasif. Harrison, le mystique introverti. Ringo, le pilier rythmique. Mais Paul… Paul était tout cela à la fois, et davantage. Il était le bâtisseur, le visionnaire, l’artisan du son Beatles dans sa forme la plus sophistiquée.

Une reconnaissance tardive, mais méritée

Il a fallu du temps pour que McCartney soit pleinement reconnu pour ce qu’il était : un géant de la musique populaire, au même titre qu’un Brian Wilson ou qu’un Bob Dylan. Trop souvent perçu comme « le gentil », le mélodiste sucré, voire le « businessman » pragmatique du groupe, il a souffert de cette image lisse qui ne correspondait qu’en partie à la réalité.

La vérité est ailleurs. Paul McCartney était un perfectionniste acharné, capable d’aligner des chefs-d’œuvre aussi divers que Eleanor Rigby, Hey Jude, Blackbird, ou The Long and Winding Road. Il composait avec son cœur, mais aussi avec sa tête. Il savait où il voulait aller, même quand les autres hésitaient.

Et si certains de ses choix ont pu agacer, notamment ses velléités de direction dans les dernières sessions, ils n’en demeurent pas moins compréhensibles. Car sans lui, peut-être que les Beatles auraient éclaté bien avant.

Le temps, dernier juge

Alors que McCartney approche des 83 ans, sa stature ne cesse de grandir. Toujours en tournée, toujours créatif, il incarne une forme de constance dans un monde musical en perpétuelle mutation. Sa longévité est exceptionnelle, sa générosité intacte, et son influence palpable chez des générations entières d’artistes.

Les fans, aujourd’hui, ne s’y trompent plus. Ils voient dans cette séquence de Get Back non pas une simple démonstration de talent, mais le symbole d’un leadership discret, d’un engagement sans faille, et d’une foi inébranlable dans le pouvoir de la musique. McCartney n’a jamais cessé d’y croire. Et peut-être est-ce cela, au fond, qui fait de lui le plus grand des Beatles.

Un fan a résumé cette évidence avec une formule aussi lapidaire qu’ineffaçable : « Another nail in the coffin of who is the best Beatle. » Le débat reste ouvert, bien sûr. Mais pour beaucoup, le verdict est déjà rendu.


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