La relation tumultueuse entre John Lennon et Yoko Ono est une des histoires les plus fascinantes de l’univers des Beatles. Leur séparation temporaire en 1973, surnommée le « Lost Weekend » par Lennon lui-même, est une période à la fois libératrice et destructrice pour le célèbre musicien. Retour sur cette phase unique de sa vie, entre euphorie passagère, excès et un amour qui n’a jamais vraiment disparu.
Sommaire
- Une rupture initiée par Yoko Ono : un besoin d’air
- Les illusions de liberté : entre fête et désillusion
- Une période noire : un « poulet sans tête »
- La réconciliation et un nouveau départ
- Une période marquante dans la vie de Lennon
Une rupture initiée par Yoko Ono : un besoin d’air
En 1973, après plusieurs années d’une relation fusionnelle et intense, Yoko Ono ressent le besoin de faire une pause. Leur vie commune au Dakota, à New York, devient pesante pour elle. Elle propose à John de déménager temporairement à Los Angeles, dans l’espoir que cet éloignement leur permette de retrouver un équilibre. Elliot Mintz, un ami proche du couple, est chargé de veiller sur Lennon durant cette période.
Selon Mintz, les premiers mois à Los Angeles ressemblent pour John à une « vacance de célibataire ». Libéré pour la première fois des contraintes de la vie de couple, il se plonge avec enthousiasme dans cette nouvelle expérience. Mintz écrit dans son livre We All Shine On : John, Yoko, and Me :
« Pendant les premiers mois, John semblait tout à fait satisfait à Los Angeles – on pourrait même dire joyeux. »
Cette liberté est une nouveauté pour Lennon, qui s’est toujours trouvé engagé dans une relation ou entouré d’une « famille élargie ». Marié à Cynthia Powell à 21 ans, puis à Yoko Ono à 28 ans, il découvre à 33 ans ce que signifie être un homme sans attaches immédiates.
Les illusions de liberté : entre fête et désillusion
Malgré cet engouement initial, le charme de la vie de célibataire ne tarde pas à s’estomper. Après quelques mois, l’euphorie laisse place à une profonde mélancolie. Lennon commence à ressentir le manque de Yoko et demande régulièrement à Mintz quand il pourrait rentrer à New York. La réponse, malheureusement pour lui, reste toujours incertaine.
« Après trois ou quatre mois, une grande partie de son enthousiasme initial s’était évanoui et son humeur commençait à se dégrader », note Mintz.
Dans cette période de solitude, Lennon plonge dans un tourbillon d’excès. Il devient un habitué des soirées arrosées et rejoint le groupe des Hollywood Vampires, un club de « fêtards professionnels » composé de personnalités comme Alice Cooper, Keith Moon ou encore Harry Nilsson. Ces soirées au Troubadour, célèbre club de Los Angeles, deviennent des moments d’ivresse et de chaos. Lennon est souvent décrit comme destructeur, multipliant les incidents embarrassants, comme son fameux renvoi du Troubadour après un comportement déplacé.
Une période noire : un « poulet sans tête »
Lennon décrit cette période comme une descente aux enfers. Dans une interview accordée à Rolling Stone en 1975, il revient sur cette séparation et ses conséquences :
« La rupture n’a pas fonctionné. Et la réaction à cette rupture a été toute cette folie. J’étais comme un poulet sans tête. »
Ce « Lost Weekend », qui dure en réalité 18 mois, est marqué par une perte de contrôle. Loin d’être une parenthèse de sérénité, il révèle les fragilités de Lennon. Sa créativité, bien que présente, est perturbée par ses démons personnels. Cependant, malgré ces excès, il n’a jamais cessé de penser à Yoko. Leur amour, bien qu’éprouvé, reste intact.
La réconciliation et un nouveau départ
Après 18 mois de séparation, Yoko Ono décide de donner une nouvelle chance à leur couple. Leur réconciliation marque un tournant décisif dans la vie de Lennon. Dans la même interview, il explique avec sincérité pourquoi ils se sont retrouvés :
« Nous nous sommes remis ensemble parce que nous nous aimons. »
Peu après, en 1975, leur fils Sean Lennon vient au monde, scellant cette nouvelle phase de leur relation. Cette naissance marque un adoucissement pour Lennon, qui choisit de se retirer de la scène musicale pour se consacrer à sa famille. Il devient un père dévoué, trouvant dans cette vie domestique un équilibre qu’il avait cherché toute sa vie.
Une période marquante dans la vie de Lennon
Le « Lost Weekend » illustre les paradoxes de John Lennon : un homme tiraillé entre ses désirs de liberté et son besoin d’amour et de stabilité. Cette période, bien que tumultueuse, l’aura profondément transformé. Elle révèle un Lennon vulnérable, en quête de lui-même, mais aussi prêt à accepter ses erreurs et à se réinventer. Son retour auprès de Yoko Ono et la naissance de Sean témoignent de cette volonté de trouver un sens à sa vie, au-delà des excès et de la célébrité.
Cette histoire est un rappel poignant que même les légendes de la musique, malgré leur succès apparent, ne sont pas à l’abri des épreuves humaines. John Lennon, avec toutes ses imperfections, demeure une figure universelle de résilience et de quête d’authenticité.
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