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Quand Paul McCartney a failli ne jamais devenir bassiste des Beatles

Publié le 05 avril 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Lorsque l’on pense aux Beatles, on imagine immédiatement Paul McCartney à la basse Höfner Violin, sculptant des lignes mélodiques inoubliables sur des morceaux comme « Come Together », « Something » ou « Paperback Writer ». Pourtant, à leurs débuts, McCartney n’a jamais voulu être bassiste.

Il voyait cet instrument comme un rôle de second plan, souvent attribué au « mec en surpoids dans les groupes », selon ses propres mots. Mais le destin en a décidé autrement, et ce changement forcé allait faire de lui l’un des bassistes les plus influents de l’histoire du rock.

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Une basse libre, mais personne pour la prendre

Les Beatles, à leurs débuts, n’étaient pas encore le quatuor légendaire que l’on connaît aujourd’hui. En 1960-61, leur formation comptait Stuart Sutcliffe, ami de John Lennon, au poste de bassiste. Mais ce dernier, plus passionné par l’art que par la musique, décide de quitter le groupe pour poursuivre ses études à Hambourg et vivre avec sa compagne Astrid Kirchherr.

Cela laisse les Beatles sans bassiste, et il devient urgent pour eux de combler ce vide. George Harrison et John Lennon refusent catégoriquement de prendre la basse, préférant rester guitaristes. Il ne reste plus qu’une option : Paul McCartney.

Problème ? McCartney n’a jamais joué de basse et n’en a aucune envie. À l’époque, le bassiste est souvent perçu comme moins prestigieux que le guitariste solo, un rôle central dans la dynamique du rock.

Dans The Lyrics (2021), McCartney se souvient de cette période avec amusement :

« Personne ne voulait être bassiste à l’époque, car c’était toujours le gros qui jouait de la basse. Il semblait y avoir une sorte de stigmatisation liée à cela. »

Pourtant, faute de mieux, McCartney accepte à contrecœur de prendre l’instrument, d’abord sur la basse Höfner President laissée par Sutcliffe, puis sur son propre modèle : la légendaire Höfner Violin, qui deviendra son instrument fétiche.

De la contrainte à l’innovation : l’ascension d’un bassiste de génie

D’abord peu enthousiaste, McCartney va pourtant révolutionner la basse dans le rock.

? Au début : un jeu rudimentaire
Lorsqu’il commence à jouer de la basse, McCartney applique des lignes simples, jouant souvent en accords de base pour renforcer le rythme des chansons. Son approche est encore très influencée par le skiffle et le rock’n’roll primaire de l’époque.

? L’évolution : un bassiste innovant
Très vite, McCartney se prend au jeu et commence à explorer toutes les possibilités de son instrument. Inspiré par des musiciens comme James Jamerson (le bassiste légendaire de la Motown), il développe un jeu fluide et mélodique, en parfaite interaction avec les autres instruments.

Quelques exemples de son jeu novateur :

  • « Paperback Writer » (1966) : Une basse très en avant dans le mix, jouant une ligne mélodique aussi importante que la guitare.
  • « Something » (1969) : Une basse qui « danse » tout au long du morceau, ajoutant profondeur et émotion.
  • « Come Together » (1969) : Un riff de basse immédiatement reconnaissable, jouant presque le rôle principal du morceau.

John Lennon lui-même, bien que souvent critique envers McCartney, lui a rendu hommage en 1980 :

« Paul est l’un des bassistes les plus novateurs. La moitié de ce qui se fait aujourd’hui est directement inspiré de sa période Beatles. »

L’héritage de McCartney en tant que bassiste

Aujourd’hui, Paul McCartney est considéré comme l’un des plus grands bassistes de l’histoire du rock. Ironiquement, ce poste qu’il n’a jamais voulu occuper est devenu l’une de ses plus grandes forces.

Son style a influencé d’innombrables musiciens, notamment :

  • John Entwistle (The Who)
  • Geddy Lee (Rush)
  • Chris Squire (Yes)
  • Sting (The Police)

Et même des artistes issus du punk et de la Britpop, comme Noel Gallagher (Oasis), reconnaissent l’importance du jeu de basse de McCartney.

Un rôle imposé, mais une révolution musicale

Si Paul McCartney avait refusé de devenir bassiste, l’histoire des Beatles aurait peut-être été très différente. Ce qui semblait être un simple remplacement d’urgence s’est transformé en une révolution musicale, qui a redéfini le rôle de la basse dans la musique pop et rock.

Ironie du sort : l’homme qui ne voulait pas être bassiste est aujourd’hui l’un des plus grands bassistes de tous les temps.


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