En décembre 1975, George Harrison, l’ancien guitariste des Beatles, offrait au public britannique une performance surprenante sur le plateau de Rutland Weekend Television, une émission humoristique créée par Eric Idle et Neil Innes. Il y présenta The Pirate Song, un titre humoristique coécrit avec Idle, qui pastichait avec espièglerie les hymnes marins. Cette apparition mêlant musique et comédie illustre à merveille le sens du dérision de Harrison et son attachement profond à l’univers des Monty Python.
Sommaire
- Rutland Weekend Television : Le terreau humoristique de The Pirate Song
- Une composition humoristique sur fond de parodie
- Une exécution musicale déroutante
- Un pont entre humour et musique : L’héritage de The Pirate Song
Rutland Weekend Television : Le terreau humoristique de The Pirate Song
L’année 1975 fut marquée par l’expérimentation de George Harrison dans des sphères artistiques différentes de celles des Beatles. Toujours animé par son amour du comique absurde britannique, il accepta l’invitation d’Eric Idle à participer à un sketch de Rutland Weekend Television. Ce programme, diffusé par la BBC, se voulait une parodie des chaînes régionales britanniques et mettait en avant un humour typiquement anglais, dans la lignée de Monty Python.
Lors du spécial de Noël diffusé le 26 décembre 1975, Harrison apparut en début d’émission pour interpréter My Sweet Lord, un de ses plus grands succès en solo. Cependant, après quelques accords familiers, il abandonna soudainement la chanson pour entamer The Pirate Song, prenant tout le monde au dépourvu. Ce revirement comique, typique de l’humour absurde des Monty Python, installa d’emblée le ton de la performance.
Une composition humoristique sur fond de parodie
Coécrit par Harrison et Eric Idle, The Pirate Song démontre une verve parodique qui s’inscrit dans la tradition du non-sens britannique. Avec des paroles délibérément grotesques – « All my friends are pirates / And they sail the BBC » – la chanson raille joyeusement l’image romancée des flibustiers.
Le texte multiplie les jeux de mots et les clichés des chants marins, tout en y ajoutant des éléments absurdes typiques des Monty Python. On y retrouve des exclamations joyeuses (« With a yo-ho-ho and a ya-ha-ha ») et une référence à l’iconographie pirate (« I’ve got a Jolly Roger / It’s-a black and white and vast »). L’aspect burlesque est renforcé par la mélodie volontairement simple et répétitive, qui accentue le ton bon enfant du morceau.
Une exécution musicale déroutante
Harrison, toujours entouré de musiciens talentueux, s’appuya sur une équipe solide pour l’interprétation de The Pirate Song. Neil Innes, collaborateur régulier des Monty Python et futur membre des Rutles, se chargea de la guitare acoustique, tandis que Billy Bremner (connu pour son travail avec Rockpile) assura la guitare électrique. Roger Rettig ajouta une touche country avec sa pedal steel guitar, et la section rythmique était complétée par Brian Hodgson à la basse et John Halsey à la batterie.
L’accompagnement musical, bien que volontairement simple, était parfaitement exécuté, conférant à la chanson un ton à la fois loufoque et réjouissant.
Un pont entre humour et musique : L’héritage de The Pirate Song
Bien que The Pirate Song ne soit jamais sorti officiellement sur disque, sa performance sur Rutland Weekend Television demeure une curiosité culte pour les fans de George Harrison et des Monty Python. Cet épisode télévisuel illustre à quel point l’ex-Beatle était capable de s’affranchir de son image de musicien sérieux pour explorer d’autres facettes de sa créativité.
La collaboration de Harrison avec Idle et Innes annonçait également un projet futur majeur : The Rutles. Ce faux documentaire, All You Need Is Cash (1978), pastichait la carrière des Beatles avec une précision humoristique remarquable. Harrison y fit une apparition en tant que reporter télé, poursuivant son aventure dans l’univers du comique absurde.
Ainsi, The Pirate Song n’est pas seulement une parenthèse comique dans la carrière de George Harrison. Elle témoigne de son esprit ludique et de son respect pour l’univers des Monty Python, tout en rappelant que, même après la dissolution des Beatles, il n’avait rien perdu de son humour et de sa volonté d’expérimenter au-delà des conventions musicales.
